Paul SIGNAC

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1863-1935

Peintre français

 

 

 

 

 

 

Photo : © Archives Signac

Ami du peintre Georges Seurat (1859-1891) qui théorisa la technique dite « divisionniste » ou « pointilliste », Paul Signac devint à ses côtés l’un des principaux représentants du mouvement néo-impressionnisme.

L’artiste est également reconnu comme le maître incontesté de l’aquarelle, genre auquel il consacra les quinze dernières années de sa vie, avec la mer pour sujet de prédilection.

Un esprit anticonformiste

Paul Signac est né à Paris en 1863 au sein d’une famille aisée de commerçants selliers. Il commença à peindre à l’âge de 16 ans suite à l’exposition impressionniste où il fit la découverte des œuvres de Gustave Caillebotte (1848-1894), Mary Cassatt (1844-1926), Edgar Degas (1834-1917), Claude Monet (1840-1926) ou encore Camille Pissarro (1830-1903). À la même époque, il fit l’acquisition d’une œuvre de Paul Cézanne (1839-1906) malgré les critiques de ses amis.

Le père de Signac mourut en 1880. La même année, le jeune homme interrompit ses études — malgré la volonté de sa mère de faire de son fils un architecte — afin de se consacrer pleinement à la peinture. Deux ans plus tard, Signac fit la rencontre de Berthe Roblès, une cousine éloignée de Pissarro, qu’il épousera dix ans plus tard.

1882-1883 : la rencontre du père Tanguy

À partir de 1882, Paul Signac fréquenta l’atelier du peintre Emile Blin (1825-1897) situé à Montmartre où il fit la rencontre du père Tanguy. Ce dernier, marchand de couleurs, eut un rôle essentiel dans le développement de l’impressionnisme en étant l’un des premiers à collectionner leurs tableaux en échange de matériel.

À cette époque, le jeune artiste commença à peindre en plein air à Port-en-Bessin ainsi qu’à Asnières, son lieu de résidence.

Les œuvres de jeunesse de Paul Signac sont marquées par l’influence des impressionnistes Claude Monet et Armand Guillaumin (1841-1927).

1884 : le Salon des Artistes Indépendants

En 1884 eut lieu le premier Salon des Artistes Indépendants auquel Signac participa en exposant Le Soleil au pont d’Austerlitz et L’Hirondelle au Pont-Royal. Cet évènement avait pour ambition de réunir des œuvres des artistes refusés par le Salon officiel. Sans jury ni récompense, ce salon permettait aux artistes de bénéficier d’une totale liberté d’expression. Paul Signac présida le Salon des Indépendants à partir de 1908, et ce, durant 25 ans. Le peintre en fit un véritable creuset de l’art français moderne, si bien que tous les principaux représentants des mouvements à venir (fauve, futuriste, abstrait) y prirent leur essor.

Les peintres en marge du Salon officiel participèrent à cette exposition de 1884 : Charles Angrand (1854-1926), Henri-Edmond Cross (1856-1910), Odilon Redon (1840-1916) notamment. Mais surtout, cette exposition de 1884 fut l’occasion pour Paul Signac de faire la rencontre déterminante de Georges Seurat. L’amitié des deux peintres fut capitale pour l’évolution de son art.

1885-1887 : l’essor de la technique pointilliste

Aux côtés de Georges Seurat, Paul Signac renonça à sa touche impressionniste et développa sa technique divisionniste sur la base des travaux du chimiste Eugène Chevreul (1786-1889). Cette technique consista en une juxtaposition de petites touches de couleurs pures sur la toile, lesquelles, par effet d’optique, se recomposent sur la rétine. Les deux peintres travaillèrent à Asnières sur l’Ile de la Jatte. Camille Pissarro, le plus ancien des impressionnistes, adopta durant un temps l’esthétique développée par Seurat et Signac.

Sur l’invitation de Pissarro, Signac exposa ses premières toiles divisionnistes Les Modistes et Les gazomètres en 1886 à l’occasion de la huitième exposition impressionniste. À cette occasion, le critique d’art Félix Fénéon (1861-1944) — fervent défenseur du divisionnisme — requalifia la technique picturale de « néo-impressionnisme ».

En 1887, Signac peignit aux côtés de Vincent Van Gogh (1853-1890), lequel s’inspira des mouvements impressionniste et pointilliste afin de développer sa propre touche.

1891-1892 : décès de Georges Seurat, Paul Signac chef de file du néo-impressionnisme

Félix Fénéon publia une monographie sur Paul Signac en 1890 où il passa sous silence l’antériorité de Georges Seurat dans l’invention du pointillisme. Ce passage sous silence eut pour conséquence directe une prise de distance de Seurat vis-à-vis de Signac et Fénéon. L’année suivante, le décès soudain de Seurat affecta profondément Signac. Ce dernier continua ses travaux sur le divisionnisme jusqu’à devenir le chef de file du mouvement pictural.

Signac s’occupa de la succession de Seurat en 1892 et organisa plusieurs expositions posthumes.

1892-1900 : l’installation à Saint-Tropez et les premières aquarelles

Paul Signac quitta la Bretagne pour Saint-Tropez en 1892. L’artiste réalisa alors ses premières aquarelles, lesquelles seront à partir de 1894, et jusqu’en 1905, soulignées de traits discontinus à l’encre de Chine tracées à la plume. Signac resta ainsi fidèle aux principes de la division des couleurs.

Au contact de la lumière méditerranéenne, la touche de Signac devint plus large, davantage lumineuse et colorée. L’artiste s’intéressa avant tout à la luminosité et « la couleur pour la couleur ».

À partir de 1894, Signac abandonna la peinture à l’huile au profit de l’aquarelle sur le motif. L’année suivante, il présenta une série d’aquarelles au Salon des XX à Bruxelles.

En 1897, Signac fit l’acquisition d’une villa à Saint-Tropez et fit la rencontre du comte Kessler — collectionneur passionné du néo-impressionnisme — lequel organisa sa première exposition à Berlin. Cette dernière fut un franc succès.

Paul Signac publia un ouvrage De Eugène Delacroix au néo-impressionnisme en 1899. Cette publication eut une influence considérable sur la génération de peintres à venir.

Les années 1900 : l’aquarelle, support de prédilection

Paul Signac fit évoluer sa technique de l’aquarelle jusque dans les années 1920. L’encre de Chine laissa peu à peu place à la mine de plomb et au fusain.

Henri Matisse (1869-1954) lui rendit visite en 1904. Signac eut une grande influence sur Matisse, lui permettant d’accéder à une libération de la couleur.

Au début du XXe siècle, Signac effectua de nombreux voyages : en Hollande (1906), à Constantinople (1907), en Italie (1908) et en Vendée (1911). L’aquarelliste quitta Saint-Tropez pour Antibes en 1913.

Durant les quinze dernières années de sa vie, Paul Signac se consacra essentiellement à l’aquarelle, la facture devenant de plus en plus libre et légère. Ses dernières aquarelles réalisées en 1935 représentent la Corse, découverte qui éblouit le peintre.

L’apport de Paul Signac à l’histoire de l’art

Influencé par l’impressionnisme à ses débuts, Paul Signac s’orienta vers le pointillisme suite à sa rencontre avec Georges Seurat en 1884. Tous deux devinrent les principaux représentants et théoriciens du mouvement néo-impressionnisme.

Dès 1886, Signac fit évoluer la technique divisionniste. Ses compositions à l’huile laissèrent progressivement place à l’aquarelle, médium qui devint par la suite prépondérant dans l’œuvre de Signac.

La mer fut le thème de prédilection de l’artiste. Signac représenta de nombreux paysages marins de la Bretagne d’abord puis de Saint-Tropez et Antibes.

À l’instar de ses contemporains, Signac fut influencé par les estampes japonaises jusqu’en 1900 où il souligna ses taches colorées d’un trait noir. Puis à partir de 1902, ses aquarelles préfigurèrent le fauvisme par la libération de la couleur. Si Signac resta fidèle au divisionnisme dans ses compositions à l’huile, ses aquarelles se démarquèrent par son libre cours à sa vivacité naturelle, s’éloignant en ce sens de Georges Seurat.

Peintre résolument moderne, Paul Signac ouvrit une voie nouvelle aux recherches des artistes fauves (Henri Matisse, André Derain) et abstraits (Vassily Kandinsky, Paul Klee, Piet Mondrian).

Œuvres de Paul Signac

Les musées qui exposent Paul Signac

Les œuvres de Paul Signac sont exposées en France (Musée d’Orsay à Paris, Fondation Bemberg de Toulouse, Musée de l’Annonciade de Saint-Tropez) mais également au Metropolitan Museum of Art de New York, au Statens Museum for Kunst de Copenhague ou encore au Musée Kröller-Müller d’Otterlo.

Les principales expositions de l’artiste

  • Signac collectionneur, Musée d’Orsay, Paris, 2021
  • Signac, les harmonies colorées, Musée Jacquemart-André, Paris, 2021
  • Paul Signac (1863-1935) : Lumière du Midi, Musée Yves Brayer, Les Baux-de-Provence, 2018
  • Signac, les couleurs de l’eau, Musée des Impressionnistes, Giverny, 2013
  • Les ports de France, La Piscine, Roubaix, 2011
  • Signac. Les ports de France, Musée d’Art Moderne André Malraux, Le Havre, 2010

Les principaux ouvrages sur Paul Signac

  • FERRETTI-BOCQUILLON Marina et ROQUES Georges, Les couleurs de l’eau, éd. Gallimard, 2013
  • FERRETTI-BOCQUILLON Marina, Signac aquarelliste, éd. Biro, 2001
  • CACHIN Françoise, Signac, catalogue raisonné de l’œuvre peint, éd. Gallimard, 2000

Expertise et Estimation des œuvres de Paul Signac

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