Kees VAN DONGEN

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1877-1968

Peintre franco-néerlandais

 

 

 

 

 

Photo : © J. Bokma, Amsterdam

Kees van Dongen fait partie de ces artistes hollandais avec Ary Scheffer (1795-1858), Johan Barthold Jongkind (1819-1891), Vincent van Gogh (1853-1890) et Piet Mondrian (1872-1944) à avoir choisi Paris comme lieu de résidence. En effet, capitale incontestée des arts durant le XIXe et XXe siècle, Paris sut séduire par la beauté de son architecture, son atmosphère romantique, son histoire culturelle, sa politique libérale et son faible coût de la vie.

Van Dongen est principalement connu pour ses portraits de femmes aux couleurs vives et aux contours appuyés.

Une formation à Rotterdam

Cornelis Théodorus Marie van Dongen, plus connu sous le nom de Kees, est né en 1877 à Delfshaven dans la région de Rotterdam en Hollande. Issu d’une famille appartenant à la classe moyenne, van Dongen quitta l’école à l’âge de douze ans afin de travailler dans la malterie de son père.

C’est à dix-sept ans, en 1894, que Kees van Dongen intégra l’Académie Royale des Beaux-Arts de Rotterdam. Le jeune homme étudia à l’Académie durant deux années. À la même époque, Kees fréquenta le Quartier rouge du port, partie la plus ancienne de la ville, où il put dessiner marins et prostituées.

À l’Académie van Dongen fit également la rencontre d’Augusta Preitinger dite « Guus », peintre et future épouse de l’artiste.

1897-1904 : un hollandais à Paris

Kees van Dongen fit un premier séjour à Paris en 1897 où il s’installa dans le quartier des Halles. Il revint deux ans plus tard afin de rejoindre Guus avec laquelle il se maria en 1901.

Durant ses séjours parisiens, l’artiste hollandais exerça différentes activités afin de survivre. Van Dongen rencontra le critique d’art Félix Fénéon (1861-1944) en 1901. Ce dernier lui confia notamment la réalisation d’un numéro de L’Assiette au beurre, célèbre journal satirique publié de 1901 à 1936.

Si les œuvres de jeunesse de van Dongen furent marquées par l’influence de Rembrandt, son style évolua à Paris. L’artiste adopta en effet le style post-impressionniste et représenta des scènes de la vie parisienne.

À partir de 1904, Kees van Dongen exposa régulièrement au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne. Sa première exposition personnelle eut lieu la même année à Paris.

1905 : la naissance du fauvisme

Le Salon d’Automne de 1905 marqua l’histoire de l’art. Composé de dix-huit salles, le Salon permit à de nombreux artistes d’exposer leurs œuvres, qu’il s’agisse d’artistes établis tels Auguste Rodin (1840-1917), Paul Cézanne (1839-1906), Auguste Renoir (1841-1919), Odilon Redon (1840-1916) ou d’artistes à la réputation croissante comme Eugène Carrière (1849-1906), Georges Desvallières (1861-1950), Édouard Vuillard (1868-1940) et Pierre Bonnard (1867-1947).

La salle VII, placée au cœur de l’exposition, suscita de nombreux débats. Cette salle regroupa des œuvres d’Henri Matisse (1869-1954), André Derain (1880-1954), Maurice de Vlaminck (1876-1958), Albert Marquet (1875-1947), Charles Camoin (1879-1965). Ces œuvres fortement colorées donnèrent le nom à un nouveau mouvement artistique : le fauvisme.

Exposé dans une autre salle, Kees van Dongen fut pourtant assimilé aux artistes fauves. En effet, au contact des avant-gardes, Matisse et Vlamlinck notamment, son style s’orienta vers une touche plus libre et sans complexe.

1906-1914 : la Belle Époque

Kees van Dongen multiplia les expositions personnelles. Lors du Salon d’Automne de 1913 il exposa Châle espagnol illustrant sa femme vêtue d’un châle jaune parsemé de fleurs. La nudité du modèle jugée outrageante eut pour conséquence le retrait du tableau dès le lendemain de l’ouverture du salon.

Si ses nus firent scandales, van Dongen n’en devint pas moins le portraitiste du milieu mondain et le restera durant plusieurs décennies.

En 1908, l’artiste exposa avec le groupe Die Brücke à Dresde puis à la Nouvelle Sécession de Munich en 1910.

1941 : un voyage en Allemagne nazie

Kees van Dongen obtint la nationalité française en 1929. Apprécié du public, il connut toutefois une période de purgatoire après la Seconde Guerre mondiale. En effet, l’artiste participa en 1941 à un voyage en Allemagne d’une dizaine de jours. De nombreux artistes français répondirent favorablement à l’invitation du sculpteur Arno Breker (1900-1991). Mais cette association à la propagande culturelle nazie orchestrée par Geobbels ainsi que l’échec de la libération d’artistes déportés et prisonniers de guerre eut de graves répercussions sur les artistes ayant effectué le voyage. André Derain fut notamment soupçonné en 1944 de fait de collaboration avant d’être innocenté.

L’apport de Kees van Dongen à l’histoire de l’art

Entre fauvisme et expressionnisme allemand, Kees van Dongen réalisa des œuvres aux couleurs intenses et fortement contrastées et aux contours cernés.

En quête d’un nouveau style et de sujets modernes, l’artiste puisa son inspiration dans les prestations d’acrobates, tours de manège et scènes de cabaret.

Ce n’est que par la suite que van Dongen adopta l’art du portrait. L’apogée de sa période fauve peut être daté de 1907 à 1912. À partir de 1910 ses silhouettes s’allongèrent. Le thème de la femme domina alors ses toiles. Érotisme, couleurs somptueuses, contours contrastés, facture énergique qualifient l’art de Kees van Dongen.

L’artiste hollandais effectua également des paysages et autres travaux d’illustration caractéristiques de son œuvre.

Œuvres de Kees van Dongen

Les musées qui exposent Kees van Dongen

En France, les œuvres de Kees van Dongen sont notamment exposées au Musée d’Art Moderne de la Ville Paris et au Musée d’Art Moderne André Malraux au Havre.

À l’étranger, il est possible d’admirer les œuvres du peintre hollandais au Musée du Petit Palais de Genève, au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg ou au Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa.

Les principales expositions de l’artiste

  • Van Dongen et le Bateau-Lavoir, Musée de Montmartre, Paris, 2018
  • Van Dongen, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2011
  • Fauves et Expressionnistes. De Van Dongen à Otto Dix. Chefs-d’œuvre du musée Von der Heydt, Musée Marmottan-Monet, Paris, 2009

Les principaux ouvrages sur Kees van Dongen

  • HOPMANS Anita, Van Dongen et le Bateau-Lavoir, éd. Somogy, 2018
  • COUTURIER Élisabeth, Van Dongen : paparazzi des Années Folles, éd. Historia, 2008
  • JUFFERMANS, Kees van Dongen : the graphic work, éd. V+K Publishing, 2002

Expertise et Estimation des œuvres de Kees van Dongen

Certaines œuvres de Kees van Dongen sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Kees van Dongen afin d’établir une estimation de votre pièce.