Francois-Xavier LALANNE

thumb-blog

1927-2008

Sculpteur Français

Sculpteur, graveur, François-Xavier Lalanne a su s’imposer comme un artiste de référence de notre époque. Fort de sa formation à l’Académie Julian il fera sa première exposition de peinture à la galerie Cimaise en 1953 à Paris.

Parcours d’un sculpteur, graveur sur cuivre, designer

François-Xavier Lalanne est né à Agen en 1927. Après une scolarité chez les jésuites, il se rendra à Paris étudier la peinture, le dessin et la sculpture. Cette approche du monde de l’art va ainsi lui permettre de découvrir de nombreux artistes du surréalisme comme par exemple Max Ernst ou Marcel Duchamp. Mais cette expérience parisienne va également lui permettre de côtoyer des artistes tels que Brancusi, Dali ou encore Magritte. Ces rencontres vont influencer de manière significative ses créations et son œuvre.

Les arts décoratifs au cœur de son œuvre

L’œuvre de ce sculpteur suscite rapidement l’intérêt de grandes figures. En 1950, il va notamment décorer la nouvelle boutique parisienne de Dior située avenue Montaigne. Un décor élaboré avec le jeune assistant Yves Saint Laurent, qui deviendra par la suite un fervent admirateur. Puis de grands collectionneurs tels les Rothschild vont se pencher sur ses œuvres et voir en lui un grand artiste. En 1956, la rencontre avec  Claude Dupeux, va donner une nouvelle impulsion à sa carrière. Tous deux se marient et commencent ensuite à travailler sous le nom Les Lalanne. Leur première exposition aura lieu à la galerie J. à Paris et sera un de leur premier succès. Cette exposition présentera notamment un rhinocéros abritant un bureau. Cela marquera le début du courant mené par les deux artistes mêlant sculptures et meubles.

La représentation animale

François-Xavier Lalanne est avant tout connu pour son bestiaire et ses créatures duplices, composites. Tout au long de sa carrière, il va incorporer des animaux dans les meubles qu’il dessine. Des meubles uniques et représentatifs de l’art décoratif tels que la boîte de sardine-canapé ou encore le mouton utilisable comme fauteuil. Une des volontés de l’artiste étant d’allier le beau à l’utile et de s’approprier l’art car comme le mentionnait le designer “Quand on peut s’asseoir sur une œuvre, elle devient plus familière”.

Expertise et estimation des œuvres de François-Xavier Lalanne

Au fil des années Barnie’s Art Invest a su étayer un sens de l’expertise de plus en plus pointu. C’est, entres autres, grâce à notre expérience que nous sommes désormais à même d’évaluer vos œuvre de François Xavier Lalanne. Notre équipe d’acheteurs qualifiés se déplace rapidement et réalise une estimation gratuite et de qualité de toutes vos œuvres du sculpteur français.

Parmi toutes les œuvres représentant des animaux, certaines des sculptures de François-Xavier Lalanne comptent parmi les plus belles et les plus recherchées. Sa sculpture « Deuxième Rhinocéros » est un formidable jeu de matières. Elle est savamment composée de laiton, bois, cuir, et acier qui en font l’une des œuvres les plus appréciées des amateurs d’art. Il en va de même pour la deuxième édition de son « Gorille de Sûreté de 1984« , entièrement constitué de bronze.

Œuvres réalisées par François-Xavier Lalanne

Sculpture

Mobilier

François-Xavier Lalanne, les plus belles expositions

Expositions

  • 1952, première exposition personnelle, Paris, France
  • 1966, 1970, 1974, exposition « Les Lalanne », Galerie Alexandre Iolas, Paris, France
  • 1967, exposition à The Art Institute, Chicago, Illinois, États-Unis
  • 1970, exposition « Les Lalanne », Galerie Iolas, Milan Italie et Genève, Suisse
  • 1972, exposition «  X. Lalanne », Maison de la culture, Amiens, France
  • 1973, exposition « Lalanne », Maison de la culture, Amiens, France
  • 1974, « F.X. & C. Lalanne » Royal Scottish Academy, Édimbourg, Grande-Bretagne
  • 1975, exposition « Les Lalanne », Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, Paris, France
  • 1975, exposition « F.X. et Claude Lalanne », Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas
  • 1976, exposition « Les Lalanne, Galerie Sara Gilat, Jérusalem, Israël
  • 1977, exposition “Les Lalanne”, Art Museum of South Texas, Corpus Christi, Texas, États-Unis
  • 1980, exposition “Les Lalanne”, Château de Sédières, France
  • 1980, exposition “Le monumentaux de Lalanne”, Chapelle de la Villedieu, Saint-Quentin-en-Yvelines, France
  • 1983, exposition “Les Lalanne, la Magie blanche dans la vie de tous les jours”, Atelier 74, Annecy, France
  • 1983 “Les Lalanne”, Musée de Nemours, France
  • 1985, exposition, Galerie Holin, Miami, États-Unis
  • 1989, exposition “Les Lalanne”, Galerie Art Project, Nice, France
  • 1990, exposition “Les Lalanne”, l’Hippodrome, Douai, France
  • 1991, exposition “Les Lalanne”, Château de Chenonceau, Chenonceau, France
  • 1997, exposition “Les hippopotames”, Mikomoto, Tokyo, Japon

Rétrospectives

  • 1998, rétrospective “Les Lalanne à Bagatelle”, Parc de Bagatelle, Paris, France
  • 2010, rétrospective consacrée à François-Xavier et Claude Lalanne, Musée des Arts décoratifs de Paris, France
  • 2021, rétrospective « Les Lalanne à Trianon », Domaine du Petit Trianon et du Hameau de la Reine, Versailles

Musées

  • Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, France
  • Jardins du Palais de l’Élysée, Paris, France
  • Fonds National d’Art contemporain, Paris-La Défense, France
  • Parc Georges-Brassens, Paris, France
  • Musée des Arts Décoratifs, Paris, France
  • Musée Yves-Saint-Laurent, Paris, France
  • Musée national et Manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie, Paris, France
  • Place des oies, Sarlat-la-Canéda, France
  • Château de Brécy, Saint-Gabriel-Brécy, France
  • Musée de la Vallée, Barcelonnette, France
  • Fonds Régional d’art contemporain de Picardie, Amiens, France
  • Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne, France
  • Musée d’Art Moderne Dunkerque, France
  • Musée des Beaux-Arts, Agen, France
  • Manufacture et Musée nationaux, Sèvres, France

Musées à l’étranger 

  • Musée Reflex, Anvers, Belgique
  • Musée Cooper-Hewitt, New York, États-Unis
  • Château de Winsdor, Grande-Bretagne
  • Musée de plein air Hakon, Japon
  • Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas

Fondations 

  • Fondation Bemberg, Toulouse, France
  • Fondation Pierre Gianadda, Martigny, Suisse

Les principaux livres sur François-Xavier Lalanne

  • ABADIE Daniel, Lalanne(s), éd. Flammarion, 2009, 352 p.
  • DANNATT Adrian, François-Xavier and Claude Lalanne, In the Domain of Dreams, éd. Rizzoli Usa, 2018, 272 p.
  • GABET Olivier, Les Lalanne, catalogue préfacé par Hélène David-Weill, introduction par Béatrice Salmon et Dominique Forest, éd. Musée des arts décoratifs, 2010, 143 p.
  • MARCHESSEAU Daniel, Les Lalanne, éd. Flammarion, 1998, 157 p.
  • ROSENBLUM, Les Lalanne, éd. Skira, 1991, 142 p.
  • RUSSELL John, BROWNSTONE Gilbet et GAUTHIER Blaise, Les Lalanne, éd. SMI, 1975, 108 p.

Biographie complète : La nature représentée par François-Xavier et Claude Lalanne

La représentation de l’animal en sculpture existe depuis des temps immémoriaux, mais a connu un essor de popularité depuis le XIXe siècle.

Antoine-Louis Barye est alors le plus grand sculpteur animalier, célèbre pour son modelé expressif et son réalisme dynamique. Plus tard, au XXe puis au XXIe siècles, le renouvellement constant de la représentation animale par des artistes tels Rembrandt, Bugatti, ou François Pompom, a permis de maintenir la cote du sujet animalier, dont François-Xavier et Claude Lalanne sont aujourd’hui les fers de lance.

L’univers des époux Lalanne, peuplé d’animaux réalistes et parfois étranges, sert l’art moderne tel qu’il est conçu dès le milieu du XXe siècle. L’intérêt pour ces sculptures utilitaires proches de la nature est loin de tomber dans l’oubli.

Le bestiaire des époux Lalanne

Les époux Lalanne aiment et célèbrent l’univers animalier, et la nature en général. Le réalisme est au cœur de leur démarche artistique, notamment pour Claude, qui a expérimenté l’empreinte, le moulage, et la galvanoplastie. Bien que l’on a souvent rapproché l’œuvre des époux Lalanne de l’Art nouveau, il n’en est rien. La nature dans l’œuvre de ces derniers n’est pas stylisée, elle est réaliste. De plus, si la flore est présente dans l’œuvre des époux Lalanne, c’est le sujet animalier qui domine leur production.

Leur atelier et leurs sources d’inspiration sont leur jardin, les campagnes et les forêts. Ils travaillent avec et pour la nature qu’ils restituent de la façon la plus vraisemblable possible, sans artifice. Dans sa sculpture en bronze « Lapin chou », Claude Lalanne mêle deux représentations très réalistes d’un chou et d’un lapin, qui s’ornent mutuellement.

Leurs recherches s’inspirent sûrement du bestiaire de Bernard Palissy au XVIe siècle, mais également d’autres artistes comme Falize pour son travail d’orfèvre sur les couverts naturalistes, qui rappellent ceux réalisés par Claude pour Dali en 1965 qui se terminent en coquille d’escargot ou encore les couverts pour Alexandre Iolas en 1966 en argent, animé de motifs floraux.

Ils collaborent avec la manufacture de Sèvres et s’inspirent de Léon Kann, dessinateur et modéliste, dont le motif principal d’ornement est l’ombelle. Jean-Joseph Carriès, sculpteur et céramiste proche du mouvement symboliste, est une autre source d’inspiration, notamment lorsque les époux réalisent les « Escargots-doigts » ou encore les « Colliers bouches » de Claude Lalanne. Si les époux n’ont jamais revendiqué s’inspirer de ces artistes, ils restent des descendants de leur lignée artistique.

Le rapport à l’environnement et à la nature est donc primordial pour les époux Lalanne. De « La Mouche » à « La Sauterelle », réalisées dans les années 1960, tout un répertoire se fait jour. Ces artistes créent la nature, pour la rendre à elle-même et celle-ci n’a d’autres intérêts que de s’y fondre. La nature va même jusqu’à habiller des choses de la nature.

Les premiers « Moutons de Laine », œuvres iconiques des époux Lalanne apparaissent au milieu des années 1960. L’œuvre globale est souvent composée de plusieurs pièces, fait l’effet d’un troupeau, en accord avec le désir de ses créateurs. C’est un peu comme dirait François-Xavier Lalanne « la campagne à Paris ».

Les primates ont constitué une autre série d’importance pour les époux. « Le Babouin » et « Le Gorille » sont des sculptures utilitaires, se transformant en antre de cheminée pour l’un et en coffre pour l’autre. Les époux aiment à représenter des forces de la nature, plus ou moins imaginaires comme « Le Minotaure ».

L’univers fantastique en contradiction avec la représentation réaliste de la nature n’est jamais très loin dans l’œuvre des époux Lalanne, notamment pour la réalisation du « Grand Chat », créature polymorphique entre la tête de félin, la queue d’un poisson, finissant à ergots et sabots, avec des mamelles.

De l’anecdote au génie créatif

François-Xavier et Claude Lalanne sont les dignes héritiers de la représentation moderne de l’animal. Chez les époux Lalanne, l’art animalier est un thème où l’anecdote est transcendée. Inspirés par les artistes et les penseurs modernes, proches du surréalisme, les époux s’attaquent au répertoire animalier mainte fois employé par leurs prédécesseurs, mais dans un élan créatif tout autre. Ils détournent le réel, animal et végétal, sans jamais transiger avec le réalisme. Espiègle et réfléchie, la démarche tend à une maitrise du langage et du sens des mots appliqués en art.

Si en 1973 les époux inventent « l’Âne de Pompadour », matérialisé par une sculpture d’âne à l’échelle 1 qui se transforme en un bureau, c’est pour rendre matériel le fameux « bureau dos d’âne » très en vogue sous Louis XV. De même, lorsque François-Xavier Lalanne imagine le « Fauteuil Crapaud », inspiré du nom donné à un fauteuil iconique du XIXe siècle, en lui donnant la forme d’un amphibien.

L’expression « être serrés comme des sardines » leur donne l’idée de créer des coussins représentant des sardines, qui ont vocation à décorer un canapé, sur lequel, la place peut manquer. C’est à ce stade que l’on peut aisément comprendre que la création est un jeu sans fin pour les époux Lalanne.

Les logiques des expressions françaises et de la littérature en général, guident la création des époux. Il existe toujours un lien, même lointain, entre la représentation animale de la sculpture avec son aspect utilitaire. Un hippopotame, adepte des cours d’eau et des rivières, devient logiquement le réceptacle d’une baignoire.

Leurs références littéraires sont multiples. Alice au pays des merveilles, mais également d’autres œuvres littéraires majeures comme L’écume des jours de Boris Vian, chef-d’œuvre où les mots-valises permettent de développer l’imagination. Serait-ce un hasard si en 1964 François-Xavier Lalanne crée le « Rhinocrétaire », très proche du pianocktail décrit par l’écrivain dans son célèbre ouvrage ?

L’univers merveilleux des époux Lalanne

Regard décalé sur la nature presque imaginaire, à l’image du conte d’Alice au pays des merveilles, « les Lalanne » (comme on les surnomme depuis 1965) ne s’imposent aucune barrière dans la création. Lorsqu’Alice utilise un hérisson comme boule et un flamand rose comme maillet, pour jouer au croquet, les Lalanne utilisent un crocodile comme dossier d’un fauteuil, un mouton comme siège, un poisson comme sac, un chameau comme banquette et les ailes d’un papillon pour bijou.

Leur première exposition commune se déroule à la galerie Jeanine Restany, en 1962, exposition appelée « Zoophytes », évoquant avec humour, leur passion pour la représentation animale en sculpture. Là se dresse un monde au-delà des frontières du réel, où l’animal et le végétal ont une place prépondérante. François-Xavier y présente son fameux « Rhinocéros » en cuivre qui se transforme en baignoire et Claude ses célèbres « Choupattes ». Décliné à l’infini dans les objets du quotidien, la nature souvent représentée à l’échelle 1, est l’élément essentiel de leur création.

Bien que très réaliste, la représentation animale exalte et célèbre l’univers merveilleux et parfois même l’étrange. « La Pomme » représente une sculpture en bronze doré, représentant une pomme et une bouche. Cette représentation, très proche de l’univers de René Magritte, intrigue et peut déranger le regard qui s’attarde sur cette vision étonnante. La tête est à nouveau détournée par les époux Lalanne avec la sculpture « L’Homme à la tête de choux » où le légume remplace la tête de la personne représentée, rendant impossible son individualisation.