Jean-Paul RIOPELLE

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1923-2002

Peintre canadien

 

Photo © Bruno Massenet

Jean-Paul Riopelle est l’un des artistes canadiens les plus marquants du XXe siècle. Oscillant entre son Canada natal et Paris, Riopelle signa une œuvre riche et variée entre abstraction et figuration.

Une enfance au Canada

Né en 1923 à Montréal, Jean-Paul Riopelle grandit dans un milieu aisé. En 1930, sa famille fut frappée par un évènement tragique : le décès de son jeune frère Pierre. Depuis lors, la couleur blanche liée aux accessoires liturgiques de la sépulture évoqua l’abandon, la souffrance et la mort à Riopelle. Cette association explique certainement, en partie, la prédominance des couleurs vives dans l’œuvre du peintre.

Encouragé par ses parents, Jean-Paul Riopelle suivit des cours de dessin et de peinture à l’âge de treize ans auprès d’Henri Bisson (1900-1973). Les premières œuvres de Riopelle sont marquées par l’influence du maître à la touche naturaliste (Nature bien morte, 1942, huile sur toile, collection privée).

En 1941, Riopelle intégra l’École polytechnique de Montréal afin de rassurer ses parents désireux de le voir s’orienter vers un métier plus rentable et stable que peintre.

1942-1946 : les années de formation à l’École du meuble

Toutefois, dès 1942, Jean-Paul Riopelle passionné par les arts s’inscrivit à l’École des Beaux-Arts de Montréal. L’année suivante le jeune homme se décida finalement à intégrer l’École du meuble.

Dans ce milieu moins académique que les beaux-arts, Riopelle se lia avec le peintre Marcel Barbeau (1925-2016) et le photographe Maurice Perron (1924-1999) qui feront partie du groupe des Automatistes.

Après quelques réticences, Jean-Paul Riopelle adopta le style abstrait et les techniques surréalistes de son professeur Paul-Emile Borduas (1905-1960). 

1946 : le groupe des Automatistes

En 1946, Riopelle partagea un atelier improvisé avec Marcel Barbeau et Jean-Paul Mousseau (1927-1991). Ensemble ils explorèrent la peinture abstraite et développèrent des peintures automatistes, œuvres de destruction (Ontario, 9 décembre, 1945, émail sur toile, collection privée). La première exposition du groupe eut lieu la même année avec pour ambition d’exposer leurs travaux encore à l’état d’expérimentation. 

1946-1949 : les premiers séjours parisiens

Lors de son premier séjour parisien en 1946, Jean-Paul Riopelle découvrit les peintures des romantiques, Théodore Géricault (1791-1824) et Francisco de Goya (1746-1828), mais surtout des impressionnistes Claude Monet (1840-1926) et Berthe Morisot (1841-1895).

Riopelle rencontra André Breton (1896-1966) l’année suivante. L’écrivain le convia alors à participer à la grande exposition surréaliste. La même année l’artiste automatiste participa à la VIexposition internationale du surréalisme organisée par Breton et Marcel Duchamp (1887-1968) à la Galerie Maeght à Paris (Eaux-mères, 1947, encre sur papier, collection privée).

En 1948, le groupe Automatiste signa son manifeste Refus global anticlérical, contestataire et anarchiste. 

Les années 1950 : les grandes mosaïques

En 1951, Jean-Paul Riopelle participa à l’exposition Véhémences confrontées organisée par le peintre de l’abstraction lyrique Georges Mathieu (1921-2012). À cette occasion Riopelle se détacha des surréalistes et entama une période dite des « mosaïques ». L’artiste exécuta de grands formats peints au couteau dans des couleurs pures donnant à penser aux tessères d’une mosaïque (La roue, 1954-1955, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Montréal). 

Les années 1960 : l’expérimentation

Les années 1960 marquèrent une phase d’expérimentation pour Riopelle qui s’essaya à la gouache, à la sculpture et au collage.

L’artiste fit la rencontre de la jeune peintre Joan Mitchell (1925-1992) à Paris en 1955. Rapidement les deux artistes vécurent ensemble. Tous deux admirèrent les œuvres de Claude Monet, notamment ses grands panneaux abstraits représentant l’étang et les jardins de Giverny.

Les années 1970 : le retour au Canada

Dans les années 1970, Riopelle multiplia les voyages au Canada. En 1974, il finit par établir un atelier à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson au Québec.

En 1974, l’artiste livra La Joute, un ensemble monumental de trente figures animales en bronze. Le groupe fut installé près du Stade olympique de Montréal en 1976. Cette œuvre marque un retour de la figuration dans la production de Riopelle.

Les années 1980 : la reconnaissance internationale

Les années 1980 sont celles des expositions rétrospectives canadiennes dédiées à l’art des Automatistes. À la même époque, Riopelle fut également honoré en France.

Les années 1990 : le devoir de mémoire

Joan Mitchell décéda en 1992 à Paris. Souhaitant rendre hommage à leur vie commune, Riopelle réalisa un triptyque L’Hommage à Rosa Luxembourg (1992). L’œuvre est composée de trente peintures et mesure plus de quarante mètres de long. L’œuvre lumineuse et colorée a été acquise en 1996 par le Musée National des Beaux-Arts du Québec.

L’apport de Jean-Paul Riopelle à l’histoire de l’art

Jean-Paul Riopelle, artiste canadien le plus réputé du XXe siècle et chef de file des Automatistes, est l’auteur d’une œuvre foisonnante s’étendant sur plus de cinquante ans d’une pratique assidue.

Le style de l’artiste et les techniques ne cessèrent d’évoluer tout au long de sa carrière. Ses premières années sont celles de l’académisme où l’approche fut portée sur la copie d’après la nature. Ensuite vinrent les vastes compositions mosaïques multicolores des années 1950 exécutées à la spatule. Durant la décennie suivante, Riopelle s’exerça à la gravure, au collage mais surtout à la sculpture. Enfin, les dernières œuvres de l’artiste ont été réalisées à la bombe aérosol.

Entre figuration et abstraction, automatisme et expressionnisme, peinture et sculpture, le parcours de Jean-Paul Riopelle est remarquable.

Œuvres de Jean-Paul Riopelle

Les musées qui exposent Jean-Paul Riopelle

Les œuvres de Jean-Paul Riopelle sont exposées pour l’essentiel au Musée National des Beaux-Arts du Québec, au Musée des Beaux-Arts de Montréal ainsi qu’au Centre Pompidou de Paris.

Les principales expositions de l’artiste

  • Riopelle : à la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones , Musée des Beaux-Arts de Montréal, 2020
  • Mitchell/Riopelle. Un couple dans la démesure, Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, 2018
  • Riopelle, Musée des Beaux-Arts de Montréal, 2002
  • Jean-Paul Riopelle. Peinture 1946-1977, Centre Pompidou, Paris, 1981
  • Riopelle, Galerie Maeght, Paris, 1976

Les principaux ouvrages sur Jean-Paul Riopelle

  • RIOPELLE Yseult et RIOPELLE Tanguy, Catalogue raisonné de Jean-Paul Riopelle, Tome 3, 1960-1965, éd. Hibou Editeurs, 2009
  • RIOPELLE Yseult et RIOPELLE Tanguy, Catalogue raisonné de Jean-Paul Riopelle, Tome 2, 1954-1959, éd. Hibou Editeurs, 2004
  • RIOPELLE Yseult et RIOPELLE Tanguy, Catalogue raisonné de Jean-Paul Riopelle, Tome 1, 1939-1953, éd. Hibou Editeurs, 1999
  • BILLY de Hélène, Riopelle, éd. Art Global, 1996

Expertise et Estimation des œuvres de Jean-Paul Riopelle

Certaines œuvres de Jean-Paul Riopelle sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Jean-Paul Riopelle afin d’établir une estimation de votre pièce.