André DERAIN

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1880 – 1954

Peintre français

 

 

 

 

Photo © BNF

Rattaché au fauvisme, André Derain est l’un de ses principaux représentants. Toutefois, son œuvre ne doit pas être limitée à cette seule expression. En effet, l’artiste excella également en tant qu’illustrateur et décorateur de théâtre, devenant ainsi l’une des figures artistiques majeures de l’entre-deux-guerres.

Un apprentissage classique

André Derain est né à Chatou en 1880. Il étudia au lycée Chaptal à Paris puis commença à peindre dès 1895 tout en préparant son baccalauréat.

Le jeune homme fréquenta l’Académie Camillo en 1898 alors dirigée par le peintre symboliste Eugène Carrère (1849-1906). Durant ces mêmes années Derain rencontra Henri Matisse (1869-1954), Jean Puy (1876-1960), Albert Marquet (1875-1947) et Georges Rouault (1871-1958). Mais c’est surtout avec le peintre Maurice de Vlaminck (1876-1958) rencontré lors de l’été 1901 que Derain se lia.

Une fois son service militaire effectué en 1904, André Derain s’inscrivit à l’Académie Julian.

1905 : le fauvisme s’invite au Salon d’Automne

En 1905, André Derain participa, sur les conseils de son ami Henri Matisse, au Salon d’automne. Mais c’est surtout le Salon d’Automne qui marqua les esprits cette année-là. En effet, cette édition fut marquée par l’émergence d’une nouvelle peinture appelée « fauve ».

La salle VII, placée au cœur de l’exposition, suscita de nombreux débats. Cette salle regroupait des œuvres d’Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck, Albert Marquet, Charles Camoin (1879-1965). Les œuvres fortement colorées furent à l’origine d’un nouveau mouvement artistique qualifié de « fauvisme » sous la plume du journaliste Louis Vauxcelles. Si le Salon de 1905 fut bien accueilli par la critique, notamment pour ses rétrospectives sur Ingres et Manet, celle-ci s’insurgea avec virulence contre la montée de la nouvelle génération. Les jeunes artistes eurent pour ambition de se détacher de l’impressionnisme tout en défiant la photographie à travers une libération excessive de la couleur.

Derain devint le chef de file du fauvisme et exécuta des paysages, portraits et autoportraits aux couleurs criantes (Paysages des environs de Chatou, 1904-1905, huile sur toile, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid). Cette même année, le célèbre marchand Ambroise Vollard (1866-1939) acheta le contenu entier de son atelier.

1907-1913 : recherches picturales et simplification des formes

Peu à peu Derain se détourna de l’influence de Paul Gauguin (1848-1903). Il séjourna avec Georges Braque (1882-1963) puis Henri Matisse et découvrit une nouvelle conception de la lumière par le biais de l’application d’une multiplicité de petites touches de couleurs vives sur sa toile.

À partir de 1907, Derain simplifia et géométrisa ses formes, apposa des couleurs plus neutres, cherchant ainsi à effectuer une synthèse entre classicisme et modernité (Maisons au bord de l’eau, 1910, huile sur toile, Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg).

En 1913, l’artiste participa — aux côtés de Robert Delaunay (1885-1941), Marcel Duchamp (1887-1968), Raoul Dufy (1877-1953), Pablo Picasso (1881-1973) notamment — à l’Armory Show de New York.

À la même époque, André Derain réalisa également ses premières illustrations à la demande de Daniel-Henry Kahnweiler son nouveau marchand.

1914 : la mobilisation

Mobilisé dès 1914 pour participer à l’effort de guerre, Derain peignit très peu durant le conflit mondial. Matisse aida la compagne du peintre, Alice Guéry (un des modèles de Picasso), à écouler des toiles de l’artiste.

En 1916, la galerie Paul Guillaume organisa la première exposition personnelle de Derain avec l’aide de Guillaume Apollinaire et d’Alice Guéry.

1919 : vers la conception de décors de théâtre et de ballet

De retour à Paris en 1919, André Derain fut sollicité par le fondateur des Ballets russes Serge de Diaghilev (1872-1929). Derain confectionna à cette occasion des marionnettes mécaniques. Par la suite, l’artiste créa de nombreux décors et costumes de ballets dans les années 1920 et 1930.

L’entre-deux-guerres : entre peinture réaliste et illustrations

En 1920, Derain renouvela son contrat avec Kahnweiler. Durant l’entre-deux-guerres l’artiste exposa ses tableaux en France mais également à l’étranger (Londres, Berlin, Francfort, Düsseldorf, New York). À partir de 1924, Paul Guillaume devint son nouveau marchand jusqu’au décès de ce dernier, survenu en 1934.

À cette époque, l’œuvre de Derain devint plus réaliste, classique en référence aux maîtres anciens. Ses thèmes de prédilections demeurèrent les paysages, les nus, les portraits mais également les bouquets de fleurs (Le retour d’Ulysse, vers 1938, huile sur toile, Centre Pompidou, Paris).

En parallèle son activité d’illustrateur s’intensifia. Derain illustra en ce sens des textes d’Ovide, Oscar Wilde, Rabelais, Pétrone.

1941 : une controverse aux répercussions importantes

André Derain effectua un voyage en Allemagne d’une dizaine de jours en 1941 suite à l’invitation du sculpteur Arno Breker (1900-1991). De nombreux artistes français y participèrent. Mais cette association à la propagande culturelle nazie orchestrée par Geobbels ainsi que l’échec de la libération d’artistes déportés et prisonniers de guerre eut de graves répercussions sur la fin de carrière de Derain. Il fut notamment soupçonné en 1944 de fait de collaboration avant d’être innocenté.

Les dernières années

Après la guerre, André Derain multiplia la conception de décors et costumes pour le théâtre et l’opéra. Il participa également à des expositions sur le fauvisme et continua à illustrer plusieurs livres.

Renversé par une voiture en juillet 1954, l’artiste succomba des suites de ses blessures en septembre de la même année.

L’apport d’André Derain à l’histoire de l’art

L’œuvre d’André Derain est constituée en majorité de peintures. Avant-gardistes, ses œuvres de jeunesse sont marquées par les expériences post-impressionnistes et le fauvisme. Les couleurs sont pures et franches. En ce sens, l’artiste participa au chamboulement de la vie artistique du début du XXe siècle. Son œuvre devint réaliste par la suite et se concentra sur l’élaboration de thèmes classiques.

À l’instar de certains de ses contemporains, André Derain ne se contenta cependant pas uniquement de réaliser des peintures. Il s’expérimenta également à la confection de décors et costumes de théâtre et contribua à l’illustration de nombreux livres.

Les musées qui exposent André Derain

Les œuvres d’André Derain sont exposées dans plusieurs musées français : Centre Pompidou, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Musée de l’Orangerie, Musée d’Art Moderne de Troyes, Musée des Beaux-Arts de Lyon.

À l’étranger, l’artiste fauve est également très présent dans les collections permanentes des musées : Statens Museum for Kunst de Copenhague, Museum of Art de Baltimore, Art Institute de Chicago, Metropolitan Museum of Art de New York, Museum of Modern Art de New York, National Gallery of Art de Washington, Tate Gallery de Londres, Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

 

Les principales expositions de l’artiste

  • 2018 : Impressionnistes à Londres. Artistes en exil, Petit Palais, Paris
  • 2018 : André Derain 1904-1914. La décennie radicale, Centre Pompidou, Paris
  • 1995 : André Derain, le peintre du « trouble moderne », Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
  • 1954 : Rétrospective d’André Derain, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Les principaux ouvrages sur André Derain

  • BACHELARD Patrice, Derain : Un fauve pas ordinaire, éd. Gallimard, 2017
  • DEBRAY Cécile, André Derain : 1904-1914. La décennie radicale, Catalogue d’exposition, éd. Centre Pompidou, 2017
  • CHARZAT Michel, André Derain, le titan foudroyé, éd. Hazan, 2015
  • André Derain, le peintre du trouble moderne, éd. MAM de la Ville de Paris, 1994

Expertise et Estimation des œuvres d’André Derain

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