Cote des œuvres de Jean Royère

Vous possédez une œuvre de Jean Royère et vous cherchez à en connaître la valeur ? Vous trouverez dans cet article l’évolution de sa cote ainsi que les derniers prix de vente de son mobilier et de ses dessins de décors d’intérieur.

Royère, la fantaisie au service de la décoration de luxe

Les créations de Royère se caractérisent par leur recours aux champs lexicaux du végétal et de l’organique au service de créations précieuses dont la cote peut être très élevée.

En 1937, le motif décoratif se démocratise en France comme le chevron, le créneau, le croisillon ou les clous. En 1939, c’est le grand retour de l’ornement dans les arts décoratifs. Ce retour au classicisme ne réjouit pas les modernes. Royère ne repousse pas l’ornement pour autant mais souhaite rester moderne. Ainsi, il ajoute à son mobilier et à ses luminaires une certaine fantaisie et joue avec l’aspect ludique du motif décoratif. 

Estimation et prix des œuvres de Jean Royère

Le regain d’intérêt depuis plusieurs années pour les œuvres de Royère, dont la demande ne cesse de croître, a fait exploser le prix de certaines œuvres. Les objets les plus prisées sont élaborés entre 1945 et 1960. Le prix des œuvres de Royère démarrent autour de 600 euros pour un dessin au crayon à papier et peuvent grimper jusqu’à 1 300 000 euros pour un ensemble de mobilier unique.

Moyenne des estimations
Canapé 15 000 – 600 000 €
Fauteuil & Chaise 2 000 –  150 000 €
Table 1 000 – 290 000 €
Bureau 1 500 – 40 000 €
Bahut et armoire 3 500 – 170 000 €
Lit 4 000 – 70 000 €
Luminaire 5 000 – 600 000 €
Élément d’architecture 9 500 – 35 000 €
Dessin 600 – 2 000 €

Canapé

La valeur d’un canapé signé Jean Royère s’échelonne en majorité entre 15 000 et 600 000 euros. Certains modèles Ours polaire ont atteint un prix plus élevé, d’autres, comme le modèle Corbeau se sont négociés pour une somme inférieure.

Jean Royère dessine un mobilier fonctionnel et moderne en accordant toujours une attention particulière à ses commanditaires.  Les formes de ses canapés sont enveloppantes et invitent à la détente. Le décorateur est admiratif du travail artisanal et à l’écoute des tendances ornementalistes de son époque. Pour autant, son mobilier reste léger et délicat.

Fauteuil, chaise, tabouret

Le prix d’un siège de Jean Royère se négocie entre 2 000 et 500 000 euros.

Royère innove par son travail sur les couleurs et sur les formes. Les couleurs de l’arc en ciel sont déclinées dans des camaïeux, ce qui offre une grande variété de tons. Il s’inspire de la faune et de la flore pour les formes de ses sièges et de ses autres meubles. Il apprécie particulièrement la forme sinusoïdale, que l’on retrouve notamment dans les gammes Ondulation et Éléphanteau.

Table

Les tables, tables basses et gigognes de Royère s’estiment entre 1 000 et 400 000 euros.

L’utilisation de matériaux précieux comme le palissandre, type de bois exotique poussant dans les tropiques, ou le bronze doré est un marqueur fort des créations de l’artiste et donne de la valeur à son mobilier.

Royère utilise aussi le chêne, le frêne ou l’acajou ainsi que de métaux tels le fer souvent forgé et parfois patiné d’or ou le laiton. Le plateau des tables Tour Eiffel, Ondulation ou Yo-Yo est souvent en verre, celui des Sphère en marbre et certaines tables Flaque sont en marqueterie de paille.

Buffet, bahut, commode et armoire

Le prix d’un meuble de rangement du designer Jean Royère commence à 1 000 euros pour un meuble très simple comme un chevet et grimpe à plus de 250 000 euros pour certains buffets très rares.

Bon à savoir : au début des années 1930, Jean Royère choisissait pour ses meubles une esthétique fonctionnelle. C’est face à la réaction des ouvriers de la cité ouvrière de Frileuse au Havre, qui auraient préféré un mobilier de style, que Royère envisage le motif décoratif avec fantaisie et sensibilité.

Lit 

Les lits de Jean Royère s’estiment, en règle générale, entre 3 000 et 20 000 euros. Très peu ont été présentés sur le marché ces dernières années. Récemment des lits jumeaux en bois verni se sont vendus 4 000 euros, un lit en bois et peau de mouton s’est vendu 19 000 euros. Une banquette Croisillon, provenant d’un hôtel de Beyrouth au Liban, s’est négociée 20 000 euros. Le lit divan de la collection Jean Goldenberg, pièce unique, a été acquis au prix de 70 000 euros.

Luminaire

Tout comme celle du mobilier, la  cote des luminaires de Royère est importante. En moyenne, ces derniers se vendent entre 9 000 euros et plusieurs centaines de milliers d’euros et peuvent même atteindre des prix de vente records. Ce fut le cas du luminaire Liane estimé 600 000 euros et vendu 1 300 000 euros  lors d’une vente aux enchères exceptionnelle.

Objet et élément architectural

En tant que décorateur, Jean Royère ne s’est pas cantonné principalement à la création de mobiliers et luminaires. Avec son identité forte, il réalisa également divers objets d’intérieurs et éléments architecturaux allant du miroir au meuble de séparation. Selon l’œuvre, les prix varient entre 2 000 euros et 85 000 euros.

Dessin au crayon à papier

Royère a également effectué quelques dessins aux crayons à papier. Concernant ces derniers, les ventes se concluent la plupart du temps aux alentours de 1 000 euros.

Prix records

Evolution de la cote des œuvres de Jean Royère

 

Une œuvre sur deux de Jean Royère se vend plus de 40 000 euros. La cote de Jean Royère a connu une progression constante ces dix dernières années, nous notons néanmoins une stabilisation des prix de vente depuis 2020.

Expertiser et authentifier une œuvre de Jean Royère

De nombreux designers se sont inspirés des créations de Jean Royère, il existe par conséquent de nombreux objets et mobiliers ressemblant au travail de l’artiste, c’est pourquoi il est important de faire appel à des spécialistes du mobilier design pour authentifier ou lui attribuer une œuvre.

Comment estimer ou vendre une œuvre de Jean Royère ?

Les équipes de Barnie’s vous proposent une estimation gratuite de vos œuvres de Jean Royère et s’engagent à vous transmettre une offre d’achat au prix du marché (sans obligation de vente). Pour recevoir votre offre d’achat, il vous suffit de renseigner le formulaire en y joignant des photographies de votre ou vos pièce(s).

Vendre une œuvre de Ruhlmann

Ruhlmann, un ensemblier sensible au raffinement

Jacques-Emile Ruhlmann (1879- 1933) joua un rôle prépondérant dans la montée de la profession d’ensemblier à Paris dans les années 20. Il bénéficiait d’un instinct d’architecte qu’il avait développé auprès de son père qui tenait un commerce de peinture, miroiterie et verrerie.

Il pensa et créa un mobilier de haute qualité et réhabilita la notion de luxe dans une société conservatrice en mal de modernité. Ses meubles combinent l’héritage du XVIIIe siècle ainsi que la technique moderne et ses raffinements esthétiques. 

Il élabora des meubles personnalisés, souvent interprétés comme ne s’adressant qu’à une tranche aisée de la population. Aux controverses que cet élitisme suscitèrent, il confia en 1925  : “Jusqu’à présent je n’ai pas songé au meuble de série. J’estime qu’il faut rallier d’abord à l’esprit moderne une élite qui demeure l’arbitre du goût, sans toutefois prétendre qu’il ne faut penser qu’à elle.”

Du dessin à la décoration

Sa qualité de créateur est visible dans ses dessins qui sont nerveux, en mouvement. Ils révèlent une délicate fragilité, une tension qui sera apaisée à la réalisation de ses meubles. Ses dessins témoignent que, dans ses intérieurs, le meuble tient la place centrale. Il est souvent installé en estrade et l’agencement tout autour le met en scène. Ruhlmann a en effet une vision globale de la décoration, il s’intéresse aussi aux tapisseries, à l’éclairage, au revêtement des sols, à la ferronnerie.

Beaucoup d’ensembles de Ruhlmann ont une disposition symétrique, depuis les armoires jusqu’aux appliques murales, ce qui apporte une atmosphère classique, chic et sobre à ses compositions. En 1923, lors de l’exposition du Salon des Artistes Décorateurs, Guillaume Janneau commente : “M. Ruhlmann aime la sobriété architecturale. Il compose un meuble comme il ferait un monument. De là, peut-être, cette grandeur propre à son talent, et cette élégance qui n’appartient pas seulement à la distinction de son goût”.

Les lignes sinueuses de ses croquis devinrent des motifs très actuels pour des papiers peints, des tissus, des tapis. Elles sont un motif récurrent dans ses ensembles comme les cercles entrecroisés dans la marqueterie de son mobilier.

Un goût personnel du décor

Ruhlmann est peu porté sur l’ornementation, il est assez critique quant à l’inspiration naturaliste de l’École de Nancy. Au début de sa carrière pourtant il a parfois paré ses meubles d’un décor figuratif, sculpté ou marqueté. L’argentier demi-ventre, dans l’une de ses versions, est orné d’une corbeille de fleurs, style Art-Déco. L’un d’entre eux s’est vendu 36 000 euros en 2020, mais les prix peuvent monter beaucoup plus haut.

Après 1920, il remplace le motif sculpté par des motifs répétitifs comme des nervures, des cannelures ou des barettes juxtaposées, donnant ainsi du rythme à un meuble d’apparat comme le meuble à fards ou le chiffonnier cannelé.

Ruhlmann intègre directement le décor au placage dans le façonnement de son mobilier. Les fibres sont généralement de teintes différentes et les loupes et autres effets de croissance du bois façonnent une décoration naturelle rendant chaque meuble unique.

Nous pouvons ainsi retrouver du mobilier en loupe de noyer aux grands motifs concentriques, plaqués en damiers juxtaposés, mais aussi en bois de violette ciselé en minces baguettes horizontales ou bien en lamelles d’ébène de macassar recomposant le dessin continu du bois tranché.

Ruhlmann utilise aussi parfois des touches d’ivoire qui introduisent de l’éclat dans ses motifs. Son mobilier est pourvu de détails subtils  qui allèguent le qualificatif de” précieux” à ses ouvrages réalisés avec finesse.

Cote des œuvres de Ruhlmann

Le mobilier

Les prix démarrent autour de 1 000 euros pour certains fauteuils. Ainsi une paire de fauteuils Gonse en cuir s’est vendue 1 990 euros en 2020, et un fauteuil en acajou édité par Alfred de Porteneuve a trouvé acquéreur pour 1300 euros. 

Une console en bois a été attribuée 1 747 euros en 2017

Une table liseuse en merisier s’est vendue 2000 euros en 2019.

Une petite bibliothèque en chêne a trouvé acquéreur pour 2 845 euros le mois dernier.

Le record des ventes est une chaise longue “Aux Skis” vendue 1 802 780 euros en 2019.

Notons qu’une table basse en loupe d’amboine et galuchat a été attribuée à 278 937 euros au mois de mai. Une commode Dubly s’est vendue 116 290 euros en 2019.

Les luminaires

Peu de luminaires ont été vendus en salle de vente ces dernières années.

Certains modèles démarrent autour de 500 euros pour des bougeoirs ou un petit plafonnier.

Les lampes de table ont trouvé acquéreurs entre 9 000 euros et 32 000 euros pour un modèle en bronze.

Un lampadaire Boa s’est vendu 50 000 euros en 2017.

Le dernier record de vente est un luminaire en bronze avec un socle en marbre d’époque édité par la Manufacture Nationale de Sèvres attribué à 149 074 euros fin 2020.

Les objets et les tapisseries

Les petits miroirs se vendent entre 900 euros et 35 000 euros.

Les vases s’estiment entre 1 000 et 15 000 euros selon le modèle.

On observe un grand écart de prix selon le modèle de la tapisserie.

Ainsi les prix démarrent à 2 800 euros et peuvent s’envoler jusqu’à 304 900 euros.

 

Sources :
CAMARD Florence, Ruhlmann, Editions du Regard, 1983
Ruhlmann, un génie de l’Art déco : Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, [15 novembre 2001 – 17 mars 2002] : Musée des Beaux-Arts de Montréal, [2003], Somogy, Editions d’Art
www.artprice.com

Vendre une œuvre de Jean-Michel Frank

Jean-Michel Frank, précurseur du minimalisme

Jean-Michel Frank, designer français des années 20 et 30, s’est adapté à son époque en quête de simplicité et d’apaisement.

Artiste rigoureux, créateur intransigeant mais d’une grande sensibilité, ses objets et les matières qu’il utilise inspirent l’harmonie, évoquent la paix revenue. Les intérieurs sont hauts de plafond et les meubles séjournent près du sol.

Les matières choisies évoquent le monde animal. La nature, humble mais luxueuse, est mise en valeur après avoir été décharnée. Les tons neutres sont privilégiés.

Ses intérieurs, où les objets du passé sont écartés, révèlent la lumière. 

La décoration, un remède à la mélancolie

Il grandit dans un quartier chic de Paris auprès de sa mère, atteinte de dépression. Son père s’est donné la mort après la perte de ses deux premiers fils durant la Grande Guerre. Jean-Michel Frank est habité par la mélancolie et souffrira toute sa vie d’un mal-être. 

Il s’épanouit pourtant dans la création où il se sent à l’abri. Sa personnalité se lit dans ses décors.

Jean-Michel Frank était un grand mondain et avait une clientèle de milliardaires, mais il était sensible à l’idéal communiste. Les considérations sociales sont cependant absentes de son Œuvre.

Des créations inspirantes

Jean-Michel Frank a imaginé un univers décoratif inspirant aujourd’hui l’habitat contemporain.

Son canapé Confortable gainé de cuir chez Hermès est désormais décliné chez les grands éditeurs de design.

La chaîne Ikéa a imposé son vase, un bac à accumulateur en verre que Jean-Michel Frank s’était procuré chez un électricien pour décorer l’appartement de Pierre Drieu La Rochelle en 1921.

La table basse en forme de U inversé imaginée en 1925 a aussi été reprise par de nombreux designers. Seul le matériau change : le chêne, le galuchat ou le mica laissent place au verre, au plastique, aux résines et à d’autres matériaux composites.

Ses créations sont aussi influencées par l’art africain et océanique, il a commandé de nombreuses pièces à Alberto Giacometti, précédant la tendance ethnique.

Cote des œuvres de Jean-Michel Frank

Mobilier

La valeur d’un mobilier créé par Jean-Michel Frank dépend en grande partie de sa rareté et des matériaux utilisés. Les pièces signées « J.M.F. » peuvent être un signe d’authentification important pour les experts.

Les pièces ayant appartenu à une personnalité, comme Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ou Nelson Rockefeller, voient leur cote s’envoler.

Le prix d’achat d’un mobilier signé Jean-Michel Frank commence autour de 600 euros avec des réalisations assez simples comme des chaises de jardins en fer ou certaines tables basses. La plupart de son mobilier excède néanmoins largement ce prix.

Le prix d’une chaise conçue par Jean-Michel Frank débute en général autour de 5 000 euros. Ces chaises se négocient entre 10 000 et 30 000 euros la paire. Le prix d’un fauteuil débute à 15 000 euros. Une paire de fauteuils en sycomore, datant de 1930 a été attribuée au prix de 65 632 euros cette année. Les fauteuils constitués de matériaux peu communs, plus rares, peuvent atteindre des prix records. Ainsi des fauteuils en bois de galuchat ont atteint le prix de vente de 1 300 000 euros en 2019.

Les cabinets sont aussi très prisés. Cette année, un cabinet en bois s’est vendu 666 196 euros. En 2014, un cabinet en bronze patiné a été attribué au prix de 3 200 000 euros.

Le prix d’une table démarre autour de 9 000 euros, en général pour une console, bien qu’il soit arrivé que des modèles de tables très simples soient beaucoup plus abordables. Certaines tables dépassent largement cet ordre de prix. Ainsi, cette année, une table octogonale en hêtre noirci et marbre jaune de Sienne a été attribuée à 60 000 euros, des consoles en fer à 125 000 euros, un guéridon en bois et en marbre s’est vendu plus de 150 000 euros. En 2017, une table basse en érable, sycomore et galuchat a trouvé acheteur à 420 000 euros.

Luminaires 

Les luminaires créés par Jean-Michel Frank sont très prisés par les acheteurs. L’estampille “J.M.F.” ou la rareté de la pièce contribuent à leur valeur.

Les lampes avec un pied en obsidienne et en cristal de roche sont très recherchées et se vendent autour de 150 000 euros. Un record de 300 000 euros a eu lieu en 2016.

Les lampes Art déco des années 20 et du début des années 30 se négocient entre 10 000 et 100 000 euros. Le record a eu lieu en 2019 pour une lampe de table en laiton de 1929 qui a été adjugée 130 000 euros.

Les lampes créées à la fin des années 1930 et en 1940 s’estiment entre 3 000 et 35 000 euros selon le matériau utilisé et la rareté de la pièce.

Les estimations et prix d’achat d’un lampadaire s’échelonnent en moyenne entre 30 000 et 50 000 euros à l’unité. En 2016, une paire de lampadaires en bronze, verre et aluminium de 1928 a été adjugée 113 316 euros aux enchères.

Expertise et vente d’une pièce créée par Jean-Michel Frank

Nous vous proposons d’estimer gratuitement vos œuvres par des experts qualifiés. L’estimation de l’œuvre est réalisée en fonction des cours du marché de l’art actuel et en toute transparence. 

La vente privée qui s’effectue de manière directe, sans intermédiaire, garantit au vendeur de ne pas souffrir d’un éventuel impayé, comme cela pourrait être le cas en maison de vente aux enchères.