Camille PISSARRO

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1900-1969

Peintre français

 

 

 

 

 

Autoportrait à la palette, vers 1896 © Dallas Museum of Art

Précurseur du mouvement impressionniste avant de s’essayer au pointillisme, Camille Pissarro (1830-1903) est l’une des figures majeures de ce XIXe siècle mouvementé.

Les artistes de cette époque n’avaient de cesse d’expérimenter de nouvelles techniques, de trouver de nouvelles solutions à des problèmes artistiques. Décriés en leur temps, ces artistes modernes — Pissarro, Édouard Manet (1832-1883), Claude Monet (1840-1926), Georges Seurat (1859-1891) — figurent aujourd’hui parmi les plus cotés du marché de l’art.

L’œuvre de Pissarro influença de nombreux peintres parmi lesquelles Paul Cézanne (1839-1906), Paul Gauguin (1848-1903) et Armand Guillaumin (1841-1927).

Des Antilles à Paris

Camille Pissarro est né en 1830 aux Antilles sur l’île Saint-Thomas alors possession danoise. Arrivé en 1842 à Paris afin d’étudier, le directeur de son pensionnat l’encouragea à cultiver son don pour le dessin. De retour à Saint-Thomas en 1847, Pissarro apprit les rudiments du négoce et se consacra durant cinq ans au commerce familial.

Mais, désireux de s’éloigner de cette vie bourgeoise, Pissarro partit au Venezuela où il se consacra à la peinture jusqu’en 1854.

En 1855 il rejoignit de manière définitive la France. À Paris Pissarro fit la rencontre de Camille Corot (1796-1875) avec lequel il étudia. À la même époque, le jeune homme rencontra également Eugène Delacroix (1798-1863), Gustave Courbet (1819-1877), Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) et Charles-François Daubigny (1817-1878). 

Pissarro fréquenta plusieurs ateliers de l’École des Beaux-Arts de Paris ainsi que l’Académie Suisse où il croisa Claude Monet, Paul Cézanne et Armand Guillaumin.

Refusées au Salon officiel, ses toiles furent exposées au Salon des refusés de 1863. Pissarro participa de nouveau à la manifestation en 1864 et 1865. 

1866-1882 : la peinture de plein air à Pontoise et Louveciennes

Résidant à Pontoise de 1866 à 1869, Camille Pissarro s’attarda à dépeindre les paysages environnants. 

Il emménagea à Louveciennes en 1869, mais la guerre avec les Prussiens l’année suivante l’obligea à se réfugier avec sa famille en Mayenne puis à s’exiler à Londres où il retrouva Monet et Daubigny. À cette occasion l’artiste fit également la connaissance du marchand impressionniste Paul Durand-Ruel. 

De retour à Louveciennes en 1871 Pissarro perfectionna son style impressionniste avant de retourner à Pontoise en 1872 où il resta dix ans (Printemps. Pruniers en fleurs, 1877, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris).

1883 : à la recherche de nouveaux motifs impressionnistes à Rouen 

Après une nouvelle décennie passée à Pontoise, Camille Pissarro ressentit le besoin de renouveler son répertoire de motifs. C’est sur les conseils de son ami Claude Monet, dont le frère vivait à Rouen, que Pissarro se rendit dans la capitale normande en 1883.

À l’occasion de ce premier séjour, Pissarro découvrit la ville et ses quais de Seine. Il exécuta un ensemble varié de dix-huit œuvres.

De retour dans la ville en 1895, il réalisa cette fois des aquarelles. Puis à Paris il découvrit à la galerie Durand-Ruel la série des Cathédrales exécutée par Claude Monet entre 1892 et 1893. Frappé par le travail de son ami, Pissarro décida de retourner une nouvelle fois à Rouen afin de réaliser un ensemble cohérent.

Mais contraint par une maladie oculaire à peindre en intérieur, Pissarro aménagea son atelier dans une chambre d’hôtel. Il revint à Rouen en 1896 et 1898.

Les compositions de Pissarro illustrent l’activité laborieuse du port, ses docks, les ponts Boieldieu et Corneille ainsi que la nouvelle gare d’Orléans. L’artiste parvint à traduire l’atmosphère des lieux et ses variations infinies de lumière (La Seine à Rouen, Saint-Sever, 1896, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris).

1884 : Éragny et le pointillisme

En 1884, après de nombreux déplacements, Camille Pissarro se fixa définitivement à Éragny-sur-Epte où il put acquérir une maison grâce à un prêt de Claude Monet.

Pissarro exécuta de nombreuses toiles avec pour thèmes de prédilection ceux des pommiers en fleurs, des noyers, potagers, vus depuis son atelier. 

En 1885 il se lia d’amitié avec le peintre Georges Seurat et s’enthousiasma pour sa technique du pointillisme. Cette technique consiste à peindre une surface colorée avec de multiples petites touches de couleur pure. Grâce à la lumière et un effet de contraste, une couleur plus intense se recompose sur la rétine du spectateur (Printemps à Eragny, 1886, huile sur toile, Memphis Brooks Museum of Art, Memphis). Georges Seurat élabora cette technique sur la base des travaux du chimiste Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) avant d’être théorisée par Paul Signac (1863-1935).

S’il s’essaya à cette technique durant plusieurs années, Camille Pissarro finit par l’abandonner. En effet, le pointillisme demandait un important effort de synthèse ce qui était contradictoire avec l’attention impressionniste aux effets atmosphériques changeants. Par ailleurs, la régularité et la finesse de la touche pointilliste exigeaient un temps d’exécution très long. Enfin, son marchand, Paul Durand-Ruel, n’était pas favorable à cette pratique

Ainsi, Pissarro développa d’autres techniques à la gouache et à l’aquarelle. Il s’éloigna définitivement du postimpressionnisme au début des années 1890.

L’apport de Camille Pissarro à l’histoire de l’art

La contribution de Camille Pissarro à l’enrichissement de l’impressionnisme est essentielle. Son œuvre est très diversifiée : paysages, portraits, scènes de genre, natures mortes. Cependant, c’est bien par le paysage que Pissarro s’illustra dans l’histoire de l’art.

Influencé par le réalisme poétique de Corot d’abord, découvrant l’impressionnisme ensuite avant de s’expérimenter au pointillisme, Pissarro fit évoluer sa touche tout au long de sa carrière. L’artiste eut une influence majeure sur Cézanne et Gauguin notamment. 

Œuvres de Camille Pissarro

Les musées qui exposent Camille Pissarro

En France, les œuvres de Camille Pissarro sont principalement exposées au Musée d’Orsay à Paris. L’artiste bénéficie également d’une représentation importante à l’étranger : Angleterre (National Gallery et Tate Gallery de Londres), Russie (Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, Musée Pouchkine de Moscou), États-Unis (Metropolitan Museum of Art de New York, Art Institute de Chicago), Canada (Musée des Beaux-Arts d’Ottawa, Musée des Beaux-Arts de Toronto).

Les principales expositions de l’artiste

  • Camille Pissarro. L’atelier de la modernité, Kunstmuseum, Bâle, 2021
  • Pissarro à Eragny. La nature retrouvée, Musée du Luxembourg, Paris, 2017
  • Camille Pissarro, Le Premier des Impressionnistes, Musée Marmottan Monet, Paris, 2017
  • Pissarro dans les ports, Rouen, Dieppe, Le Havre, Musée d’Art Moderne André Malraux, Le Havre, 2013

Les principaux ouvrages sur Camille Pissarro

  • DENIZEAU Gérard, Camille Pissarro, Paris, Larousse, 2017
  • DURAND-RUEL SNOLLAERTS Claire, Pissarro : Patriarche des impressionnistes, Paris, Gallimard, 2012
  • COLLECTIF, Camille Pissarro et les peintres de la vallée de l’Oise, Paris, Somogy, 2003
  • MONNERET Sophie, L’Impressionnisme et son époque, Paris, Robert Laffont, 1987

Expertise et Estimation des œuvres de Camille Pissarro

Certaines œuvres de Camille Pissarro sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Camille Pissarro afin d’établir une estimation de votre pièce.