Vendre une œuvre de Diego Giacometti

Publié le 12 novembre 2021

thumb-blog

Diego Giacometti naît à Borgonovo le 15 novembre 1902, 13 mois après son frère Alberto.

Il grandit dans une famille d’artistes où règne une ambiance sereine et bienveillante.

Diego aime passer du temps à contempler la nature. Il n’apprécie pas tellement les études, cherche sa voie, il exerce de petits travaux d’appoint et voyage. La visite du musée du Caire en 1923 est une profonde révélation qui contribuera à la complicité qui le liera à Alberto.

Deux frères soudés

En 1925, il rejoint Alberto dans le quatorzième arrondissement de Paris et devient son modèle favori. 

Ils s’installent en 1927 dans un petit atelier, au 46 rue Hippolyte Maindron, où, malgré le confort sommaire, ils passeront toute leur vie.

La rencontre avec Jean-Michel Frank, célèbre décorateur parisien, va leur octroyer une certaine liberté financière. Alberto Giacometti crée pour Jean-Michel Frank des lampes, des appliques, des lustres, des vases, des bougeoirs, des chenets et des garnitures de cheminées.

Diego, qui l’assiste, fait preuve d’une grande adresse manuelle, et va se révéler d’une aide particulièrement précieuse pour Alberto.

Il va s’épanouir dans ce métier, et se souviendra de ces années comme les plus heureuses de sa vie.

En plus de sa qualité d’assistant technique, Diego se trouve désormais “associé de façon permanente à la maturation intellectuelle de l’œuvre d’Alberto”.

Diego commence à s’émanciper de son frère entre 1942 et 1945, ce dernier est retenu en Suisse, les visas ayant été supprimés par les allemands.

Diego créateur

Les deux frères se  retrouvent une fois la guerre terminée. Leur travail est de plus en plus reconnu et le rôle de Diego s’amplifie et s’affirme. A cinquante ans, il décide de réaliser ses propres créations. Il est encouragé par les Maeght, marchands d’Alberto depuis 1951, qui sont touchés par ses réalisations artisanales et décoratives dotées d’une touche d’humour.

Ils lui commandent des meubles et des objets décoratifs pour leurs appartements à Paris et leur propriété provençale “le Mas Bernard”. En 1962, Diego réalise le mobilier du bar en plein air de leur Fondation, à Saint-Paul-de-Vence.

Pierre Matisse fait également appel à lui  pour sa maison de New York et sa villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat.

En 1964, il décore une salle du restaurant “La Kronenhalle”, à Zurich, où se retrouvent des artistes comme Stravinsky ou Joyce. Diego conçoit des guéridons, des lampes-feuilles et des luminaires qui descendent le long des fenêtres. Leur construction enchevêtrée fait songer à des nids d’oiseaux et les ampoules à de gros œufs. La brasserie accueille de nombreuses toiles d’artistes comme Chagall, Picasso, Braque ou Miro. Elle est considérée alors comme la plus belle de la ville.

Alberto s’éteint  en janvier 1966 en Suisse.

Diego fait face à l’absence de son frère en définissant de plus en plus l’univers de ses créations. Elles sont délicates, poétiques, sobres et chantantes.

La liste de ses commandes ne cesse de croître : des décorateurs célèbres, des amis, des artistes. 

Marguerite Maeght lui confie une partie de la restauration de la chapelle Sainte-Roseline en 1968. Il va aussi créer du mobilier pour le musée Chagall à Nice pour son ouverture en 1973.

Sa dernière commande, et la plus prolifique, sera la réalisation d’une cinquantaine de pièces de mobilier et de luminaires pour le musée Pablo Picasso avant sa mort en juillet 1985.

Une exposition au musée des Arts décoratifs lui sera consacrée la même année.

Distinguer les créations de deux frères

Les objets créés pour Jean-Michel Frank sont étiquetés comme créations d’Alberto et Diego Giacometti. 

Il s’agit pourtant de créations d’Alberto. Diego, en sa qualité d’assistant, a réalisé certaines armatures d’œuvres et des moules nécessaires à la reproduction des objets créés.

Plus tard, Diego réalise toutes les armatures ainsi que les socles des sculptures de son frère.

Après la mort d’Alberto, il poursuit la réalisation de certaines œuvres créées par Alberto pour Jean-Michel Frank en utilisant ses propres moules. Il y pose la signature de son frère à côté de la sienne.

Diego a dessiné et réalisé beaucoup de luminaires, de mobilier, de sculptures mais aussi beaucoup d’objets inspirés par la faune et la flore. La plupart de ses créations sont en bronze, quelques-unes en plâtre, d’autres en époxy.

Diego n’a pas toujours signé ses œuvres,  il a fini par y apposer son prénom aux allures diverses mais numérotation.

Cote des sculptures

Les prix démarrent en général autour de 30 000 euros, bien que certaines petites œuvres mesurant moins de 10 cm se vendent à des prix plus bas. Ainsi, un hibou en bronze (6,9 x 3,9 x 2,5 cm) s’est vendu 9000 euros.

Le record récent le plus impressionnant sont les « Arbres de vie ou Arbres à l’oiseau et à l’escargot » (82 X 68 X 18 cm) en bronze patiné qui s’étaient vendus 2 300 000 euros en 2017.

Cette année une « Autruche en bronze patiné et oeuf d’autruche » (49,3 X 25 X 14 cm) s’est vendu 380 000 euros et un « Chat Maître d’hôtel en bronze » ( 30 X 10,2 X 24 cm) a trouvé acquéreur au prix de 280 000 euros.

Cote du mobilier

Les tables en bronze patiné bénéficient d’une cote très élevée. Au mois d’avril, une table Bench a atteint  2 248 411 euros.

La cote du mobilier est très haute, depuis 3 ans le plus petit prix observé est de 80 109 euros pour un Guéridon « Arbre au hibou ».

Cette année, une table basse rectangulaire aux pattes octogonales de 1957 en bronze patiné, fer forgé peint & marbre noir fin de belgique s’est vendue 150 000 euros. Les tables Berceau en bronze peuvent trouver acquéreur à partir de 160 000 euros. En 2018, l’une d’elles s’est vendue 373 556 euros et une table Berceau, Modèle aux chats, ayant appartenu à Pierre Matisse a été acquise pour 1 645 427 euros.

Une paire de fauteuils « Têtes de lionnes » se vend entre 270 000 et 460 000 euros selon le modèle.

Cote des luminaires

Ces dernières années, les lampes Dompteuses se sont vendues entre 29 000 et 50 000 euros tandis qu’une paire de lampe « Quatre feuilles » en bronze patiné a dépassé les 160 000 euros. Le prix d’un lampadaire peut varier de 125 000 à  315 000 euros pour un modèle « Trois oiseaux » vendu en 2018. 

Cote des objets

Diego a réalisé de nombreuses poignées de portes qui s’évaluent entre 7 500 et 38 000 euros.

Les prix d’achats de chenets démarrent à 36 000 allant jusqu’au record de 650 000 euros pour les Chenets « Oiseaux en bronze patiné » provenant de la collection Givenchy.

Les coupes et coupelles se sont vendues entre 42 000 et 195 000 euros pour une Coupe aux oiseaux de 1977.

Les miroirs et cadres récemment vendus ont été attribués entre 23 000  et 48 955 euros pour un Miroir aux feuilles et oiseaux en 2019.

Les porte-manteaux sont plus rares, en 2019 un « Porte-manteaux au hibou » a trouvé acquéreur au prix de  581 283 euros.

Estimer et vendre une œuvre de Diego Giacometti

Barnie’s est expert dans l’estimation des œuvres de Diego Giacometti. Nous nous déplaçons en France pour estimer vos biens et nous vous accompagnerons dans votre projet. Nous proposons également la vente privée de vos biens au prix du marché.  La vente privée qui s’effectue de manière directe est une garantie pour le vendeur de ne pas souffrir d’éventuels impayés.

 

Sources :
MARCHESSEAU Daniel, Diego Giacometti : sculpteur de meubles, Editions du Regard, 2018
BOUTONNET Christian, ORTIZ Rafael, Diego Giacometti, Les Editions de l’Amateur, Galerie L’Arc en Seine, 2003
MARCHESSEAU Daniel, Diego Giacometti, Editions Hermann, 1986
BUTOR Michel, Diego Giacometti, Editions Adrien Maeght, 1985
www.artprice.com