Vendre une œuvre de Ruhlmann

Ruhlmann, un ensemblier sensible au raffinement

Jacques-Emile Ruhlmann (1879- 1933) joua un rôle prépondérant dans la montée de la profession d’ensemblier à Paris dans les années 20. Il bénéficiait d’un instinct d’architecte qu’il avait développé auprès de son père qui tenait un commerce de peinture, miroiterie et verrerie.

Il pensa et créa un mobilier de haute qualité et réhabilita la notion de luxe dans une société conservatrice en mal de modernité. Ses meubles combinent l’héritage du XVIIIe siècle ainsi que la technique moderne et ses raffinements esthétiques. 

Il élabora des meubles personnalisés, souvent interprétés comme ne s’adressant qu’à une tranche aisée de la population. Aux controverses que cet élitisme suscitèrent, il confia en 1925  : “Jusqu’à présent je n’ai pas songé au meuble de série. J’estime qu’il faut rallier d’abord à l’esprit moderne une élite qui demeure l’arbitre du goût, sans toutefois prétendre qu’il ne faut penser qu’à elle.”

Du dessin à la décoration

Sa qualité de créateur est visible dans ses dessins qui sont nerveux, en mouvement. Ils révèlent une délicate fragilité, une tension qui sera apaisée à la réalisation de ses meubles. Ses dessins témoignent que, dans ses intérieurs, le meuble tient la place centrale. Il est souvent installé en estrade et l’agencement tout autour le met en scène. Ruhlmann a en effet une vision globale de la décoration, il s’intéresse aussi aux tapisseries, à l’éclairage, au revêtement des sols, à la ferronnerie.

Beaucoup d’ensembles de Ruhlmann ont une disposition symétrique, depuis les armoires jusqu’aux appliques murales, ce qui apporte une atmosphère classique, chic et sobre à ses compositions. En 1923, lors de l’exposition du Salon des Artistes Décorateurs, Guillaume Janneau commente : “M. Ruhlmann aime la sobriété architecturale. Il compose un meuble comme il ferait un monument. De là, peut-être, cette grandeur propre à son talent, et cette élégance qui n’appartient pas seulement à la distinction de son goût”.

Les lignes sinueuses de ses croquis devinrent des motifs très actuels pour des papiers peints, des tissus, des tapis. Elles sont un motif récurrent dans ses ensembles comme les cercles entrecroisés dans la marqueterie de son mobilier.

Un goût personnel du décor

Ruhlmann est peu porté sur l’ornementation, il est assez critique quant à l’inspiration naturaliste de l’École de Nancy. Au début de sa carrière pourtant il a parfois paré ses meubles d’un décor figuratif, sculpté ou marqueté. L’argentier demi-ventre, dans l’une de ses versions, est orné d’une corbeille de fleurs, style Art-Déco. L’un d’entre eux s’est vendu 36 000 euros en 2020, mais les prix peuvent monter beaucoup plus haut.

Après 1920, il remplace le motif sculpté par des motifs répétitifs comme des nervures, des cannelures ou des barettes juxtaposées, donnant ainsi du rythme à un meuble d’apparat comme le meuble à fards ou le chiffonnier cannelé.

Ruhlmann intègre directement le décor au placage dans le façonnement de son mobilier. Les fibres sont généralement de teintes différentes et les loupes et autres effets de croissance du bois façonnent une décoration naturelle rendant chaque meuble unique.

Nous pouvons ainsi retrouver du mobilier en loupe de noyer aux grands motifs concentriques, plaqués en damiers juxtaposés, mais aussi en bois de violette ciselé en minces baguettes horizontales ou bien en lamelles d’ébène de macassar recomposant le dessin continu du bois tranché.

Ruhlmann utilise aussi parfois des touches d’ivoire qui introduisent de l’éclat dans ses motifs. Son mobilier est pourvu de détails subtils  qui allèguent le qualificatif de” précieux” à ses ouvrages réalisés avec finesse.

Cote des œuvres de Ruhlmann

Le mobilier

Les prix démarrent autour de 1 000 euros pour certains fauteuils. Ainsi une paire de fauteuils Gonse en cuir s’est vendue 1 990 euros en 2020, et un fauteuil en acajou édité par Alfred de Porteneuve a trouvé acquéreur pour 1300 euros. 

Une console en bois a été attribuée 1 747 euros en 2017

Une table liseuse en merisier s’est vendue 2000 euros en 2019.

Une petite bibliothèque en chêne a trouvé acquéreur pour 2 845 euros le mois dernier.

Le record des ventes est une chaise longue “Aux Skis” vendue 1 802 780 euros en 2019.

Notons qu’une table basse en loupe d’amboine et galuchat a été attribuée à 278 937 euros au mois de mai. Une commode Dubly s’est vendue 116 290 euros en 2019.

Les luminaires

Peu de luminaires ont été vendus en salle de vente ces dernières années.

Certains modèles démarrent autour de 500 euros pour des bougeoirs ou un petit plafonnier.

Les lampes de table ont trouvé acquéreurs entre 9 000 euros et 32 000 euros pour un modèle en bronze.

Un lampadaire Boa s’est vendu 50 000 euros en 2017.

Le dernier record de vente est un luminaire en bronze avec un socle en marbre d’époque édité par la Manufacture Nationale de Sèvres attribué à 149 074 euros fin 2020.

Les objets et les tapisseries

Les petits miroirs se vendent entre 900 euros et 35 000 euros.

Les vases s’estiment entre 1 000 et 15 000 euros selon le modèle.

On observe un grand écart de prix selon le modèle de la tapisserie.

Ainsi les prix démarrent à 2 800 euros et peuvent s’envoler jusqu’à 304 900 euros.

 

Sources :
CAMARD Florence, Ruhlmann, Editions du Regard, 1983
Ruhlmann, un génie de l’Art déco : Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, [15 novembre 2001 – 17 mars 2002] : Musée des Beaux-Arts de Montréal, [2003], Somogy, Editions d’Art
www.artprice.com

Vendre une œuvre de Sanyu

L’œuvre de Sanyu s’est imposée au fil des années comme incontournable sur le marché de l’art français et international, depuis les années 1990. Conciliant art moderne européen et traditions asiatiques, ses tableaux ont acquis une grande renommée au sein de l’école de Paris.

Expertiser l’œuvre de Sanyu pour mieux l’authentifier

L’art de Sanyu résulte de multiples inspirations, de la calligraphie chinoise, à la peinture animalière enseignée par son père lorsqu’il n’était encore qu’un enfant, en passant par l’œuvre de Pablo Picasso. Rejetant l’académisme et le mercantilisme, Sanyu est un artiste à part dans la création contemporaine.

Proche de la nature, Sanyu a produit des peintures animalières, de paysages et des natures mortes, avant de faire du nu féminin son sujet de prédilection en peinture. Sujet pour le moins classique dans la peinture occidentale depuis des siècles, il est travaillé de façon très personnelle par Sanyu qui utilise les techniques de la calligraphie chinoise. `

L’artiste n’a pas connu la gloire de son vivant. Pire, il essuya de nombreuses critiques, accablé par un marché de l’art encore trop centré sur ses traditions, et laissant peu de place au mélange des genres.

De la pudeur à l’inventivité ludique, ses nus féminins ont connu une longue évolution tout au long de sa carrière. Libéré peu à peu du carcan de la tradition chinoise et confucéenne, l’artiste crée avec plus d’aisance des figures féminines toujours plus vivantes.

Sa peinture presque insouciante schématise à l’extrême le corps de la femme qui n’est que courbes, ignorant les trivialités, l’artiste s’attardait sur les choses qui comptaient le plus pour lui, loin des considérations esthétiques de l’époque.

Il peint comme la nature l’inspire, tantôt un bouquet de fleurs coupées, dans des tons de jaune et de blanc, tantôt des chevaux au galop, dans des tons ocre et sombres. Inspirante et légère, sa peinture est reconnue à sa juste valeur depuis la fin du XXe siècle.

Les peintures de Sanyu

Sanyu est décédé en 1966 et sa cote n’a fait qu’augmenter depuis. La peinture de Sanyu suscite l’intérêt des amateurs d’art, par son esprit avant-gardiste et sa légèreté ludique, tout ce qui a pu déplaire à l’époque de sa création.

Les premiers à avoir apprécié les peintures de Sanyu depuis la fin du XXe siècle sont les Asiatiques qui ont pu déceler son potentiel commercial. Désormais, les Américains comme les Européens suivent la tendance et s’intéressent de plus en plus à son art, qui mêle habilement les éléments chinois et européens.

Plusieurs éléments permettent de déterminer la valeur d’une peinture de Sanyu. Les tableaux représentant des natures mortes ou des bouquets de fleurs sont très recherchés par les collectionneurs. La dimension de l’œuvre est un autre élément important d’estimation d’une peinture de l’artiste. Il n’est pas rare de voir des peintures de Sanyu dépasser les trois millions d’euros aux enchères lorsque l’œuvre est en bon état, dépasse les cinquante centimètres et représente une nature morte ou un bouquet de fleurs.

Les peintures à sujet animal de Sanyu se vendent également très bien puisqu’elles peuvent trouver acquéreur pour au minimum cinq cent mille euros, pour les beaux exemplaires bien conservés. Ces œuvres représentent l’inspiration de l’artiste d’où leur estimation élevée.

Enfin, les peintures représentant des nus féminins de l’artiste peuvent espérer se vendre quelques centaines de milliers d’euros, voire atteindre les sept chiffres pour les pièces exceptionnelles. Cela fut le cas notamment en 2018, pour une peinture intitulée “Nu endormi”, réalisée par le peintre en 1950.

Les lithographies, dessins, aquarelles et gouaches de Sanyu 

Comme presque toujours, les estampes et les dessins réalisés par Sanyu sont plus nombreux sur le marché de l’art et se vendent à des prix nécessairement moins élevés que ses peintures.

Les lithographies et les dessins réalisés par Sanyu sont d’autant plus nombreux que l’artiste a fait face à la misère et au manque de matériaux nécessaires pour réaliser ses peintures. Le papier moins cher que la toile et l’aquarelle moins chère que la peinture à l’huile ont souvent guidé ses choix de création.

Les lithographies sont des œuvres reproductibles en un certain nombre d’exemplaires, ce qui joue considérablement sur leur prix de vente. Lorsque la lithographie est numérotée, donc qu’il s’agit bien d’une œuvre originale, et qu’elle est reproduite en un petit nombre d’exemplaires, elle peut espérer se vendre au minimum quelques centaines d’euros et jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour les pièces en très bon état.

Actuellement, les dessins de l’artiste se vendent plutôt mieux que les estampes, avec des estimations basses rarement en deçà de dix mille euros. En novembre 2017, la maison de ventes aux enchères Artcurial a mis aux enchères plusieurs dizaines de dessins de l’artiste dont certains se sont envolés pour plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’artiste mêlait souvent plusieurs techniques picturales comme l’encre sur papier, l’aquarelle et la gouache. Ses encres sur papier rehaussées de couleurs par l’aquarelle ont un certain succès auprès des amateurs qui se disputent leur acquisition pour plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Mettre en vente une œuvre de Sanyu

La mise en vente d’une œuvre de Sanyu nécessite de prendre en considération plusieurs éléments afin de la vendre au mieux, au meilleur prix et dans les meilleures conditions.

L’authentification de l’œuvre est l’étape importante à ne pas négliger avant la mise en vente de votre œuvre. Les catalogues raisonnés de Sanyu établis par Rita Wong, répertorient les peintures de l’artiste et permettent ainsi de déterminer si l’œuvre que vous avez entre les mains peut être une œuvre authentique de l’artiste.

Pour autant, il n’est pas rare que les catalogues raisonnés s’enrichissent. À chaque nouvelle édition, d’autres œuvres qui ont été authentifiées comme étant véritablement de l’artiste, apparaissent sur le marché de l’art. De plus, la découverte de faux et de contrefaçons qui sont légion sur le marché de l’art n’est pas pour rassurer le vendeur quant à l’authenticité de son œuvre.

Il est donc souvent nécessaire, et d’autant plus pour les œuvres d’un artiste très bien coté comme Sanyu, de faire appel aux conseils d’un expert. Seuls les certificats d’authenticité permettent d’écarter le doute quant à l’authenticité d’une œuvre. Notre équipe d’experts se déplace dans toute la France et à titre gratuit afin de répondre au mieux à vos attentes en termes d’authentification, d’estimation, et d’achat de vos œuvres.

Avez-vous pensé à la vente privée pour céder vos œuvres de Sanyu ?

Après avoir authentifié et estimé vos tableaux, lithographies, aquarelles et autres dessins, il est nécessaire d’évaluer l’évolution du marché de l’art. En effet, la cote des artistes est très fluctuante, notamment pour les artistes du XXe siècle dont l’intérêt se trouve récemment renouvelé. Nous restons donc très attentifs quant à la fluctuation du marché de l’art, afin de vous guider au mieux dans cette démarche de vente.

La vente privée est un mode de vente sûre, directe, et efficace de vos œuvres. Contrairement à la vente aux enchères, la vente privée n’engendre ni de frais, ni de commission. De plus, le paiement comptant, immédiat et en toute transparence de vos œuvres permet une transaction rapide.

Pour toute autre question d’ordre juridique, ou fiscal, notre équipe se tient à votre disposition afin de répondre au mieux à vos questions et attentes, en toute confidentialité.