The Tea, 1952

En 1943, Françoise Gilot entama une relation avec Pablo Picasso. Cette relation dura quasiment 10 ans. Elle a appris beaucoup du maitre durant cette période. Il fut même un temps où son travail était fortement influencé par le style cubiste de Picasso. Cette peinture, The Tea, 1959, en est la preuve. Cette toile est une interprétation presque débile d’un des passe-temps les plus civilisés. La scène suggère une certaine quantité de chaos dans une scène qui devrait en temps normal renvoyer au calme.

Red and Gold, 1978

Pour Françoise Gilot, la relation qu’elle entretenait avec Pablo Picasso était à la fois une aubaine et un frein au développement de son talent d’artiste. Gilot, comme tout autre artiste, jouait avec les formes et les styles. La toile « Red and Gold » en est l’une des preuves. Sur cette œuvre, sa principale préoccupation était les relations de couleurs. L’œuvre commence d’abord de manière abstraite puis, au fur et à mesure, l’artiste a fait chevaucher des éléments structurels. Le résultat, une œuvre unique qui laisse aller l’imagination dans des rêveries dominées par des couleurs chaudes.

Le phare de Beachy Head, 1960

Comme tous les artistes, Françoise Gilot est très cultivée et la lecture est l’un de ses passe-temps préférés. « Le phare de Beachy Head » est une œuvre associée à l’un des nombreux récits qu’elle a lus : les récits de Virginia Woolf. Cette peinture coïncide en outre avec une période durant laquelle Gilot a fait plusieurs voyages en Grande-Bretagn et où elle séjourna avec la famille Penros dans leur ferme située près de la ville de Lewis, à proximité du dernier domicile de Virginia Woolf.

French window in blue, 1939

Françoise Gilot est l’une des artistes les plus durables de l’école de Paris après la Seconde Guerre mondiale. Son art est étroitement lié à l’évolution de l’art moderne au 20e siècle. « French window in blue » est l’une des peintures les plus célèbres de Gilot. Cette dernière y représente une scène typiquement française avec une perspective emplie d’optimisme, comme si celle qui peignait n’était qu’une jeune adolescente. Cette peinture transporte le spectateur à travers les portes-fenêtres vers un paysage bleu clair ornementé de teintes chaudes, vers une destination qui promet peut-être de nombreuses aventures.

Peinture (Three Seasons), 1970-1971

La présente œuvre, « Three Seasons », exécutée par Joan Mitchell de 1970 à 1971 constitue une œuvre emblématique de l’artiste. Elle reflète sa vision vibrante et méditative sur la nature. Elle se présente comme 3 panneaux liés emplis de teintes riches et de pigments appliqués avec beaucoup de tact. Le tout s’accorde pour offrir au spectateur une symphonie lyrique et cohérente de crescendos dramatiques et de pauses subtiles. Cette toile illustre à merveille l’amour que voue Mitchell pour la poésie et son grand attachement au paysage : un paysage qu’elle transcrit en émotion, une émotion qu’elle transcrit en peinture.

Peinture « Parasol », 1977

Cette peinture intitulée « Parasol » réalisée par Joan Mitchell en 1977 illustre parfaitement le style adopté par l’artiste au cours des dernières décennies de sa carrière : les coups de pinceau sont passionnés, les textures denses… Cette œuvre se présente comme une toile constituée de 3 panneaux. Elle reflète la transition de l’artiste à partir du début des années 70 vers des toiles de plus grandes tailles. « Parasol » exploite l’imagerie sensorielle des plus grands artistes qui ont le plus influencé Mitchell : Claude Monet, Paul Cézanne, Jackson Pollock ou encore Willem de Kooning. Ici, l’artiste a tenté d’associer l’environnement extérieur à ses émotions les plus profondes.

Peinture « Hours », 1989

Cette peinture « Hours », réalisée par Joan Mitchell en 1989, illustre à merveille le style si particulier de l’artiste. Cette œuvre se présente comme 2 tableaux mis côte à côte. Le ton des couleurs utilisées dans chaque partie de l’œuvre est pratiquement identique. Fidèle à elle-même, la gamme colorée utilisée par Mitchell est très variée. Ici, le polyptyque empêche une lecture immédiate de l’œuvre. Malgré tout, cette œuvre domine le spectateur, elle suscite l’envie de découvrir et de déceler les secrets qu’elle cache, elle sollicite l’imagination et laissent souvent transparaitre des images fugitives difficiles à décrire.

Peinture « Blueberry », 1969

Joan Mitchell fut l’un des plus grandes peintres abstraits du XXe siècle. Les peintures abstraites qu’elle mettait au point étaient à la fois immenses et souvent inspirées de la nature comme dans la présente œuvre intitulée « Blueberry », réalisée par l’artiste en 1969. Difficile de voir une quelconque référence aux myrtilles dans cet amas de couleurs vives. Mais ces quelques mots de l’artiste permettront à chacun de comprendre la profondeur et le sens de son art : « je préfère laisser la nature à elle-même. Je n’entends pas l’améliorer, je ne pourrai jamais la refléter. J’aime mieux peindre ce qu’elle me laisse en dedans. »

Peinture «Il était une fois une ville», 1954-1955

« Il était une fois une ville », 1954-1955 est une des plus belles toiles réalisées par Jean-Paul Riopelle. On y voit bien sa parfaite maitrise de sa « technique de mosaïque ». En l’admirant de loin, on a le sentiment d’une surface riche et somptueuse. De près, on a plutôt une impression d’espace aérien. Dans cette toile, Riopelle travaille la contradiction, le rouge et le vert : 2 couleurs à la fois opposées et complémentaires rappelant la frontière relative entre une banlieue et la bordure d’une campagne.

 

Peinture « Pleine saison », 1954

« Pleine saison », 1954 est une des œuvres typiques de Jean-Paul Riopelle. On y voit sa manière unique de faire une mosaïque. Même si cette œuvre est purement abstraite, les formes, le mélange des couleurs laissent penser à un paysage vu depuis un avion. Ce travail des formes est ce qui distingue Riopelle de ses pairs. Les coups de peintures sont particulièrement justes tout en étant fluides et sensibles. Cette œuvre, comme tant d’autres après elle, constitue les prémices d’une nouvelle manière de peindre pour Riopelle : les petites formes laisseront place à de larges espaces blancs.

Peinture « Abstract Composition », 1955

Jean-Paul Riopelle était connu pour ses grandes mosaïques. Ses dernières étaient faites en appliquant une grande quantité de peintures de couleurs variées sur la toile, le plus souvent à l’aide d’une truelle. Cette œuvre, « Abstract Composition » réalisée en 1955 est un bel exemple de la technique unique de Jean-Paul Riopelle. L’agencement des différentes couleurs transporte le spectateur dans un monde de nuages imaginaires confus et un peu bouleversant. Comme à son habitude, Riopelle s’exprime ici par des striées de signes rapides, mais qui ont une touche de sensibilité.

Peinture «La promenade», 1964

Les œuvres de Jean-Paul Riopelle ont toujours été très proches de la nature. Et même si l’artiste s’est lancé sur le chemin de l’abstraction à partir des années 1945, cet amour pour la nature n’a jamais cessé de le hanter et cette œuvre, « La promenade » réalisée en 1964, le prouve. Cette œuvre transporte l’imagination avec sa légèreté relative. Les jeux de couleurs rappellent l’atmosphère unique d’une petite clairière et les traits en noirs laissent penser à des personnes passant du bon temps.

Peinture « Il serpente », 1961

À partir de 1953, Alexander Calder commencera à faire des gouaches. Ses œuvres sont parsemées d’un souffle poétique comme on le voit dans cette toile : Il Serpente, 1961. Plus qu’une simple toile, cette œuvre est une poésie sans artifice où les formes sont volontairement simplifiées et les palettes réduites aux couleurs primaires. Il n’existe pas de superflu, la simplicité est à l’honneur. L’essentiel, c’est la vie. Cette œuvre s’impose par sa puissance esthétique et ouvre court à tout rapprochement imaginaire.

Peinture «A Weird Man», 1949

Calder était un artiste unique, à la fois grand passionné et chercheur chevronné. Une des choses qui le distinguaient, son obsession pour le mouvement, les formes biomorphiques et surtout pour sa manière uniques de mélanger les couleurs. On voit tout cela dans cette œuvre, « A Weird Man », 1949. Difficile de voir à travers à travers cette œuvre la silhouette d’un homme, quelle que soit l’étrangeté de ce dernier. Il serait plus juste de dire, les pensées d’un homme étrange. Les pensées d’Alexander Calder sont celles d’un artiste unique aux idées de génie parfois même absurde.

Peinture « Senza titolo », 1943

Certaines des œuvres les plus emblématiques d’Alexander Calder reflètent les forces invincibles de l’univers : l’espace, le temps, la gravité… Il en est ainsi de cette pièce : « Senzo Titolo » de 1943. Elle met en scène une explosion. Une explosion de couleurs et de mouvements. L’agencement de l’œuvre dans sa globalité laisse penser à quelque chose comme le big bang : la création. Cette toile exprime une passion qui a depuis longtemps guidé Calder dans ses créations : la passion pour tout ce qui touche au grand espace.

Peinture «The Black Mountain», 1945

En 1930, Alexander Calder fait la rencontre de Piet Mondrian. Par la suite, l’influence de Mondrian sur les œuvres de Calder sera très importante. On peut le voir à travers cette toile, The Black Mountain de 1945. Ici, les formes biomorphiques dominent, une référence à une des artistes les plus admirées par Calder, Joan Miro. Mais surtout, l’agencement des couleurs, le choix des tons rappellent vaguement un Mondrian. Fidèle à lui-même, Calder n’a pas oublié d’ajouter un effet de mouvement avec les lignes bleu et rouge qui se chevauchent rappelant une rivière qui coule.

Peinture « Promenade Agreste », 1974

Réalisée en décembre 1974, la « Promenade Agreste » est l’une des dernières pièces de la série la plus vaste de Jean Dubuffet, Hourloupe. Elle est en elle-même un casse-tête composé de formes cellulaires biomorphiques faites à partir d’une palette de couleurs restreintes : une succession d’éblouissant bleu, noir, rouge et blanc. En outre, la vigueur psychotique brute ainsi que la vivacité des coups de pinceau en font une œuvre en parfaite adéquation avec le mouvement Art Brut.

Peinture « Paysage aux griffures », 1953

Frénétique et lyrique, « Paysages aux griffures » est l’une des œuvres les plus emblématiques de Jean Dubuffet. Il y exprime une vision qui prône la supériorité de la peinture sur le langage en tant que matériau intrinsèque et outil de communication. Bien que cette œuvre contienne toutes les qualités qui distinguaient sa série Paysages du mental, elle reste unique par son exubérance et ses tons de couleurs qui transportent dans un univers passionnément défiguré et troublant rappelant certaines des photos de Brassai (les graffitis primitifs).

Peinture « Tasse à Thé II », 1965

La vie artistique de Jean Dubuffet peut être divisée en 3 cycles. La première est caractérisée par une oscillation entre l’illustration de la vie de l’homme commun et la recherche intense sur les matériaux. La deuxième partie, qui date des débuts des années 1960, voit l’apparition de la série Hourloupe (1962-1974). Dans cette série, l’artiste réalise des œuvres à partir de parcelles homogènes faisant référence aux structures cellulaires. Cette toile, « Tasse à Thé II » de 1965, est un exemple parfait du style adopté par Dubuffet durant ce second cycle.

Peinture « La Quête de l’Ouest », 1976

Des lignes audacieuses et des couleurs vives, « La quête de l’ouest » de Jean Dubuffet s’étend sur la toile pour offrir au spectateur un paysage profondément agité. Réalisée en 1976, cette toile fait partie du cycle des « Théâtres de mémoire » de l’artiste. Elle renvoie aux séries antérieures de l’artiste comme Paris Circus ou encore Hourloupe. Plus spécifiquement, cette œuvre représente l’amalgame entre 2 grandes spécialités de Dubuffet : l’art brut et la technique moderne du collage, le tout installé dans un paysage psychotique saisissant.

Peinture « Metascape », 1996

La présente œuvre intitulée « Metaspace », exécutée en 1996, constitue l’une des œuvres les plus emblématiques d’Akbar Padamsee. Elle fait partie d’une série d’œuvres qui porte le même nom, débutée par l’artiste à partir des années 70. Comme pour les autres « Metaspaces », cette œuvre est le résultat d’une juxtaposition des couleurs et d’une exploration des textures. On peut y déceler à la fois les éléments matériels d’un paysage et l’évocation d’un espace vaste et infini. Les couleurs qui se superposent évoquent quant à elles une impression de mouvement dans un espace figé.

Peinture « Head 11 », 2010

Le nombre des œuvres d’Akbar Padamsee qui mettent en scène des portraits est très élevé. Et elles sont toutes distinctes les unes des autres. La présente œuvre « Head 11 », réalisée en 2010, constitue l’une d’entre elles. Cette toile représente un homme au regard vide, marqué par le désespoir et la tristesse. Son expression évoque un homme malmené par la vie et qui porte un regard presque désintéressé du monde. Formellement, cette œuvre est comme un exercice exécuté par Padamsee, une étude des traits. En effet, ici, les contours du visage sont pratiquement définis par de nombreux petits traits.

Peinture « Man and City I », 1953

Cette peinture, « Man an City I », réalisée en 1953, est l’une des œuvres le plus emblématiques d’Akbar Padamsee. Dans un style assez similaire aux premières peintures figuratives de Ram Kumar, la présente œuvre montre une silhouette isolée et une ville, les deux sont représentées de manière abstraite et géométrique. Toutefois, contrairement aux œuvres de Ram Kumar qui rappellent plutôt des personnages aliénés, l’homme de Padamsee n’est ni aliéné ni limité par la ville. Formellement, cette peinture peut être considérée comme un exercice réalisé par l’artiste. Cet exercice porterait sur la logique d’application des lignes, des couleurs et des volumes.

Peinture « Untitled (Nude) », 1967

En plus des paysages, le nu était l’un des thèmes préférés d’Akabar Padamsee. Tout au long de sa carrière artistique, il s’est pris pour passion de cartographier la forme humaine et d’en saisir les qualités émotionnelles. Les nus de Padamsee fournissent un aperçu fascinant du développement du langage visuel de l’artiste et du processus qu’il suit pour créer. Ainsi, les premières peintures de l’artiste sur ce thème se caractérisent par des contours bien définis. Au fil du temps, ces contours laisseront place à des lignes plus floues, les formes se mélangeant presque avec le décor. Cette évolution de style est parfaitement illustrée par la présente œuvre « Untitled (nude) » réalisée en 1967.

Peinture «Village group », 1938

En 1934 Amrita Sher-Gil décide de retourner dans le pays natal de son père, l’Inde, pour rechercher des réponses aux questions qu’elle se posait sur l’art durant son séjour en Europe. Le déclic s’opère tout de suite au contact de la poussière et des odeurs des villages indiens qu’elle traverse. Ses toiles se simplifient et les thèmes qu’elles abordent se concentrent sur la vie paysanne et sur la vie des locaux. La présente œuvre intitulée « Village group », constitue une parfaite illustration du style de peinture d’Amrita durant cette période. On y voit l’habileté exceptionnelle de l’artiste à combiner les techniques de peinture européenne, Mughal et Pahavi.

Peinture « Landscape, View from Majitha House », 1934

Les débuts de la carrière artistique d’Amrita Sher-Gil sont marqués par une grande influence d’artistes européens et parisiens dans ses œuvres. À partir des années 30, l’artiste commence toutefois à s’interroger sur ses racines culturelles indiennes et décide par la suite de s’installer en Inde en 1934, elle disait : « Je peux seulement peindre en Inde. L’Europe appartient à Picasso, Matisse, Braque… L’Inde m’appartient ». La présente œuvre, « Landscape, View from Majitha House » réalisée en 1934, s’inscrit dans cette période que l’on peut qualifier de retour aux sources pour Amrita.

Peinture « Untitled (Self Portrait) », 1931

Amrita Sher-Gil commence à peindre à l’huile à partir de la fin des années 20. Et entre 1930 et 1931, elle a produit plus d’une soixantaine de peintures. La majorité d’entre elles étaient des portraits d’amis, de la famille et des autoportraits. La présente œuvre « Untitled (Self portrait) » réalisée en 1931 fait partie de ces autoportraits. En admirant cet autoportrait, on ne peut s’empêcher de relever de nombreuses similitudes avec le travail de l’artiste mexicaine Frida Kahlo : même pose frontale, même choix de couleur, même accentuation des traits… Cette œuvre montre à quel point le travail d’Amrita de cette époque était influencé par le style des artistes qu’elle admirait beaucoup.

Peinture « Untitled (In the Garden) », 1938

Cette peinture « Untitled (In the garden) », réalisée par Amrita Sher-Gil en 1938, est une œuvre emblématique de l’artiste parce qu’elle a été peinte à une période où Sher-Gil commençait à trouver son propre style. Elle met en scène une table blanche et solitaire sur laquelle est posée une assiette contenant 3 fruits et à côté duquel se trouve un pichet. Cette table se trouvait dans le jardin de la maison de vacance de la famille de Sher-Gil à Zebegeny, une commune du comitat de Pest en Hongrie. L’œuvre dans son ensemble exprime des impressions variées : peur, solitude, espoir, mystère, vulnérabilité… Des sentiments qui tiraillent l’artiste au cours de la période où cette œuvre a été peinte.

Peinture « Mother and Child », 1959

« Mother and Child », peinte par Vũ Cao Đàm en 1959, s’inspire d’un amour naturel que l’on voit partout où il y a de la vie : l’amour d’une mère pour son enfant. Cette toile met en scène une mère tenant à la main son petit bébé. La scène en elle-même est emplie de poésie et de sensibilité. Les coups de pinceau presque évasifs et les subtiles couleurs qui accentuent la touche asiatique transportent le spectateur dans un univers unique : le Vietnam de Vũ Cao Đàm.

Peinture « Cockfight », 1956

Vũ Cao Đàm aimait particulièrement peindre le folklore de son pays natal. « Cockifight » peinte par l’artiste en 1956 met en scène un des passe-temps préférés des Vietnamiens : les combats de coqs. L’œuvre dans sa globalité est assez sombre avec un bleu profond qui suggère une ambiance euphorique, peut être en référence à la brutalité et l’ambiance de la foule durant ces combats. Mais même ainsi, on retrouve toujours cette sensibilité qui distingue les œuvres de Cao Đàm à travers les lignes précises des coqs et leurs nuances de couleurs particulièrement travaillées.