Pierre CHAPO

Pierre Chapo est né à Paris en 1927. À 20 ans, après une enfance passée dans le Cher, il s’inscrit aux Beaux-Arts de Paris, section architecture. Il se dirige ensuite vers le mobilier design et se singularise à l’époque pour son goût du bois plutôt que des matières industrielles. Chapo se soucie de l’utilité de ses créations autant que de leur esthétisme et de leur qualité. Pour cela il innove en travaillant sur leur géométrie.

Pierre Chapo, designer voyageur

Entre 1948 et 1951, Pierre Chapo, diplôme en poche, commence sa carrière en voyageant. Bien décidé à aller à la rencontre d’autres cultures, il arpente l’Angleterre, la Suède puis la Finlande.

Le designer y travaille pour différentes agences d’architecture et collabore d’ailleurs à certains de leurs projets.

Le bois est par essence son matériau de prédilection. Chapo cultive son goût de la découverte en termes de techniques de travail du matériau.

Fin 1951, il revient en France et y retrouve Nicole Lormier qu’il avait côtoyée aux Beaux-arts de Paris. 

En 1955, Nicole et Pierre prennent le bateau direction l’Amérique du Sud (Honduras, Salvador, Guatemala et Mexique).

Les Chapo sont sensibles à l’architecture des temples mayas et autres monuments aztèques, mais aussi à l’architecture installée par les Espagnols à Antigua. 

Au Guatemala, le ministère du Tourisme commande à Pierre une série de photographies des monuments des Etats-Unis.

Le couple part alors à la découverte de l’Ouest américain et se plaît parmi ses paysages, ses grandes plaines, ses montagnes.

L’année 1956 est particulièrement prolifique pour les Chapo. Ils font la rencontre de Paul Coze, peintre, écrivain et grand ethnologue qui introduit Pierre Chapo au sein de l’agence d’architecture Lescher & Mahoney. Pierre y travaille sur le projet de l’Arizona College, il y dessine les dortoirs.

Paul Coze leur présente également Romain Gary, tous deviennent bons amis.

Leur fils, Nicolas, naît cette année-là.

Pierre Chapo, designer galeriste

Pierre et Nicole Chapo retrouvent la France et Paris en 1957 en pleine période de reconstruction après la Seconde Guerre.

Ils créent leur bureau d’étude d’architecture couplé d’un cabinet de décoration d’intérieur, la société Chapo.

L’année suivante ils ouvrent leur galerie boulevard de l’Hôpital dans le Ve arrondissement qui leur assure une belle lisibilité. Pierre Chapo commence ainsi à publier son mobilier qui rencontre un certain succès.

D’abord réalisé autour de commandes pour meubler l’habitat de particuliers, le design de ses créations va s’élargir pour répondre à une demande pouvant répondre à plusieurs types d’habitats.

Dans leur galerie, les Chapo propose aussi les céramiques en grès de Robert Deblander, des tapis et tapisseries traditionnelles et contemporaines, les luminaires en papier de riz Akari d’Isamu Noguchi, ceux en métal de Serge Mouille et les lampes en acier et aluminium de Pierre Mignon.

Les chaises Bauche et Méribel de Charlotte Perriand ainsi que ses tabourets Berger sont également à l’honneur. Chapo et Perriand partagent le même goût du bois massif.

Pierre Chapo, designer ébéniste 

Pierre Chapo créé son atelier d’ébénisterie, lorsque sa femme et lui s’installent à Gordes, dans le Lubéron, en 1966. Cet atelier vient compléter son bureau d’étude.

Chapo fait la connaissance de la famille Seltz, 2 ans après son installation, au Salon du meuble. De cette rencontre va naître une association entre la société Chapo et l’ébénisterie alsacienne de la famille Seltz qui se poursuit jusque dans les années 1970.

Chapo s’entoure également des ateliers d’ébénisterie Paret et la société Demoyen.

Œuvres réalisées par Pierre Chapo

Exposition

Pierre Chapo, Magen H Gallery, novembre-décembre 2017

Ouvrage

Pierre Chapo, un artisan moderne, Collectif, Magen H Gallery, 2017

Expertise et estimation Pierre Chapo

Les experts de Barnie’s estiment les pièces de mobilier de Pierre Chapo. Envoyez-nous des photos de votre meuble ainsi que sa description. Nous pouvons nous déplacer afin de réaliser une expertise de qualité, assurer une estimation fiable puis vous proposer une offre d’achat. Nous vous invitons également à consulter notre article sur la cote des oeuvres de Pierre Chapo.

Clément ROUSSEAU

Clément Rousseau est né en novembre 1872 dans les Deux-Sèvres et décédé en novembre 1950 dans les Hauts-de-Seine à l’âge de 78 ans. Le jeune homme suit ses premiers enseignements artistiques à l’École des Beaux-Arts d’Angers où il étudie la sculpture sous la direction de Léon Maurice. À partir de 1910, Clément Rousseau se tourne vers le dessin puis s’adonne à la réalisation de pièces d’art décoratif. Grâce à son originalité, l’artiste connaît une notoriété grandissante et collabore avec Jacques Doucet qui lui ouvre les portes de son studio dès 1925. Clément Rousseau devient un artiste renommé dont le travail est symbole d’élégance et de raffinement.

Une réappropriation des styles anciens

Le style de Clément Rousseau est caractérisé par son grand intérêt pour les styles anciens. En effet, l’artiste se réapproprie ces styles et réalise des alliances colorées de bois exotiques comme le bois de palmier ou encore le bois de violette, et de matériaux précieux comme l’ivoire ou encore le cuir. Rousseau va également redécouvrir seul l’art du galuchat dont il deviendra l’un des techniciens les plus talentueux. L’esthétique ainsi développée par l’artiste n’est pas sans rappeler ses premières productions inspirées des grands styles des XVIIIe et XIXe siècles. C’est en grande partie cette signature artistique qui a fait le succès de Clément Rousseau.

Un immense succès

Si au début de sa carrière, Clément Rousseau était très peu connu du grand public, les années et l’expérience faisant, la situation a très vite évoluée. En 1925, lorsqu’il intègre l’équipe de Pierre Legrain pour travailler sur le studio de Jacques Doucet, c’est le début de la reconnaissance pour Rousseau. Il se fait ainsi connaître davantage par la grande société pour laquelle il réserve ses plus belles créations. Les figures de l’élite parisienne de l’époque comme Rothschild ou encore la duchesse de Vendôme font partie de ses plus prestigieux clients. Aujourd’hui encore, on retrouve le travail de Clément Rousseau dans les plus grandes ventes aux enchères.

Œuvres de Clément Rousseau

LUMINAIRE

  • Lampe de table, 20 cm, 1925
  • Boîte, 15 x 29 x 23 cm, 1925
  • Lampe de table à corps sphérique, 25 cm, 1925/30
  • Lampe à section carré, 20 cm, 1929
  • Lampe de bureau, 19 cm, 1930
  • Lampe de table, fût conique, 34 cm, 1930
  • Pied de lampe à fût cylindrique, 22 cm
  • Pied de lampe octogonal, 13 cm
  • Pied de lampe, frise de pastille, 34 cm
  • Lampe de table à fût tubulaire et base circulaire, 24 x 13 cm

OBJETS

  • Vases, 35,6 cm, 1920
  • Miroir mural, 95 x 36,5 x 3 cm, 1922
  • Pendule d’applique en forme d’étoile filante, 165 x 69 cm, 1928
  • Boîte, 3,8 x 10,6 cm, 1930
  • Boîte ronde, 4,5 x 9 cm, 1930
  • Nécessaire de bureau, 5,5 x 21 x 19 cm, 1930
  • Cadre photo, 22,8 x 22,2 x 5,5 cm, 1932
  • Cadre à photographie, 23 x 22 cm, 1932
  • Ombrelle pour Gely Madeleine, 61 cm
  • Coffret à cigarettes, 6 x 17,5 x 10,5 cm
  • Vase balustre, base tronconique, 14,3 cm
  • Pied de lampe de bureau, 19,5 cm

SCULPTURE-VOLUME

  • Le lanternier, 25 cm
  • Le chemineau, 17,5 cm
  • Le fumeur de pipe, 27 cm
  • Homme au parapluie, 22 cm
  • Musicien ambulant, 20 cm
  • Artiste, 21,5 cm
  • L’écolier, 51 cm
  • L’étameur criant, les petits métiers de Paris, 29 cm
  • Le menuisier fumeur, les petits métiers de Paris, 29 cm

Clément Rousseau, un artiste de renom

EXPOSITIONS

  • Art Nouveau to Art Moderne : Twentieth-Century Decorative Arts from The Metropolitan Museum of Art, Walters Art Gallery, Baltimore, 1985
  • Art Nouveau to Art Moderne : Twentieth-Century Decorative Arts from The Metropolitan Museum of Art, North Carolina Museum of Art, Raleigh, 1985
  • A Century of Design, Part I: 1900-1925, The Metropolitan Museum of Art, New York, 1999-2000
  • Masterpieces of Modern Design: Selections from the Collection, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2008
  • Highlights from the Modern Design Collection 1900-Present, Part II, The Metropolitan Museum of Art, New York, 1999-2000

MUSÉES

  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Metropolitan Museum of Art, New York

Principaux ouvrages sur Clément Rousseau

  • Thomas Hoving, The Chase, the Capture: Collecting at the Metropolitan, New York, 1975
  • Penelope Hunter, “Twentieth Century Art”, The Metropolitan Museum of Art: Notable Acquisitions, 1965-1975, New York, 1975
  • Penelope Hunter-Stiebel, “The Decorative Arts of the Twentieth Century”, Metropolitan Museum of Art Bulletin 37, 1979/80
  • Craig Miller, Modern Design in the Metropolitan Museum of Art 1890-1990, New York, 1990
  • Jared Goss. French Art Deco, New York, 2014

Expertise et Estimation des œuvres de Clément Rousseau

Certaines œuvres de Clément Rousseau sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise.

Pierre PAULIN

Pierre Paulin est né en juillet 1927 à Paris et décédé en juin 2009 à Montpellier à l’âge de 81 ans. Neveu du designer automobile Georges Paulin et du sculpteur Freddy Stoll, il grandit en étant passionné par la création. C’est dans ce contexte qu’il intègre plus tard un atelier de céramique à Vallauris puis de sculpture sur pierre en Bourgogne. Suite à une blessure, il renonce à sa carrière de sculpteur et intègre l’atelier de Marcel Gascoin à l’école de design Camondo. Après ses premiers succès, Pierre Paulin voyage aux États-Unis et en Scandinavie, pays dans lesquels il rencontre des artistes qui l’inspirent dans la mise au point de son style.

Une approche en vogue et très appréciée

Dans les années 1950, Pierre Paulin entame ses premières collaborations avec Thonet et Artifort. Ensemble, ils créent les chaises Mushroom (1959), Tongue (1963) et Ribbon (1966). Ces créations rencontrent immédiatement un immense succès et deviennent des classiques très recherchés. Elles dévoilent l’approche avant-gardiste, éclectique et sculpturale de Paulin qui était alors en vogue, et présentent des lignes basses qui leur donne une perspective plutôt décontractée. En 1975, il conçoit aussi la chaise Pacha Lounge qui offre un extrême confort ainsi qu’un sentiment d’intimité rendu possible grâce à l’absence de pieds. Le style de Pierre Paulin a été particulièrement apprécié, notamment par Georges Pompidou et François Mitterrand pour lesquels il a redécoré certaines parties du Palais de l’Élysée.

La discrétion malgré le succès

Pierre Paulin a toujours tenu à rester discret sur son succès. En effet, il n’a jamais cherché à promouvoir ses produits par quelque moyen que ce soit. Pourtant, les récompenses et les hommages à son travail ont été nombreux. En 1987, il a reçu le grand prix national de la Création industrielle. Aussi, pour célébrer ses 80 ans, une exposition lui a été consacrée en 2007 à la Villa Noailles à Hyères-les-Palmiers. Dans le même temps, un livre retraçant l’histoire de ses créations a également été publié. Pierre Paulin a, tout au long de sa carrière, été un designer très apprécié.

Œuvres de Pierre Paulin

MOBILIER

  • Bureau CM141, 72 x 127 x 63 cm, 1953
  • Bureau rectangulaire modèle CM174, 71 x 98 x 54 cm, 1958
  • Fauteuil de bureau modèle CM197, 77 x 63 x 52 cm, 1958
  • Banquette, 76 x 189 x 67 cm, 1960
  • Chaise Orange Slice,  70 x 82 cm, 1960
  • Chaise Tulipe (grand modèle), 97 x 84 x 83 cm, 1965
  • Chaise Tulipe (petit modèle), 71 x 70 x 62 cm, 1965
  • Fauteuil Ribbon, 72 x 93 x 73 cm, 1966
  • Chaise F572, 76 x 76 x 71 cm, 1967
  • Chaise ABCD, 56 x 87 x 74 cm, 1968
  • Canapé Élysée, 63 x 233 x 90 cm, 1972

LUMINAIRE

  • Appliques, 11 x 8 x 29 cm, 1950
  • Fauteuil de repos Butterfly, 63 x 78 x 65 cm, 1954
  • Lampe de bureau, 45 cm, 1960
  • Grand lustre Dokidoki, 70 x 180 cm, 1961
  • Lampadaire pour le Mobilier National, 155 x 30 cm, 1969
  • Lampadaire de parquet, 155 cm, 1970
  • Verre et Lumière, 160 cm, 1970
  • Lampadaire Élysée dit Bouclier, 161,5 x 35 x 29 cm, 1972
  • Appliques Élysée, 52 x 32 x 19 cm, 1973
  • Lampadaire Élysée, 181 x 30 cm, 1973
  • Lustre Ondée du matin, 244 x 184 cm, 2007
  • Lampadaire Élysée dit Sucette, 151 cm

TAPISSERIE

  • Tapis rouge No 12, 210 x 210 cm, 2002
  • Tapis “Painting Dutchman”, 218 x 222 cm
  • Tapis à motifs géométriques en reliefs, 224 x 200 cm
  • Tapis de forme circulaire inscrite dans un carré, 220 x 220 cm
  • Tapis, imbrication stylisée de tapis carrée e circulaire, motifs géométriques, 224 x 200 cm

Pierre Paulin, un artiste exposé partout dans le monde

EXPOSITIONS

  • Mobi-Boom: L’explosion du design in France (1945-75), Musée des Arts Décoratifs, 2010-2011
  • Liberty, Equality, and Fraternity, The Wolfsonian- FIU, Miami, 20112012
  • Pop Art Design, Moderna Museet, Stockholm, 2013
  • Pierre Paulin : Trop tard, Galerie Emmanuel Herve, Paris, 2016
  • Art & Design, The Fine art Society, Londres, 2016
  • Rien ne nous appartient : Offrir, Pernod Ricard Fondation, Paris, 2017
  • The Tyranny of Distance, Fahrenheit, Los Angeles, 2018
  • As I Like, Galerie Alain Gutharc, Paris, 2019
  • Déjà-Vu: Le Design Dans Notre Quotidien, MAMC Saint-Étienne, Saint-Priest-en-Jarez, 2021
  • Formes Utiles. A new generation of French designers, Demisch Danant, New York, 2022
  • Chez Soi, Galerie Kreo, Londres, 2022

MUSÉES

  • Centre Pompidou, Paris
  • Museum of Modern Art, New York
  • Maison Rouge – Musée des vallées cévenoles, Saint-Jean-du-Gard

Principales publications sur Pierre Paulin

  • Stéphane Laurent, Pierre Paulin 1927-2009, Encyclopaedia Universalis
  • Nadine Descendre, Pierre Paulin, Éditions Albin Michel, 2014
  • Myriam Zuber-Cupissol, Pierre Paulin : Le Design au pouvoir, Éditions RMN 2008
  • Patrick Favardin et Guy Bloch-Champfort, Les décorateurs des années 60-70, Éditions Norma, 2007
  • Élisabeth Védrenne, Pierre Paulin, Éditions Dis-Voir, 2001
  • Charlotte Fiell et Peter Fiell, Design of the 20th Century, Éditions Taschen, 1999
  • Anne Chapoutot, Pierre Paulin : un univers de formes, Éditions du May, 1992

Expertise et Estimation des œuvres de Pierre Paulin

Certaines œuvres de Pierre Paulin sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Pierre Paulin afin d’établir une estimation de votre pièce.

Giò PONTI

Giò Ponti est né en novembre 1891 à Milan et décédé en septembre 1979, à Milan également, à l’âge de 87 ans. Étudiant en architecture à l’École polytechnique de Milan, ses études sont brièvement interrompues par la Première Guerre mondiale durant laquelle il combat sur le front. Une fois diplômé, le jeune homme s’associe à Emilio Lancia avec lequel il ouvre un atelier d’architecture à Milan en 1927. Jusqu’en 1938, Ponti travaille ensuite avec la marque de céramique Richard Ginori, constitue son premier emploi dans le secteur du design industriel et a durablement façonné sa vision du lien entre design et industrie. Giò Ponti est souvent considéré comme le développeur de l’architecture moderne et du design moderne en Italie.

Une réappropriation des traditions classiques

Giò Ponti a été à l’origine d’une collection prolifique de meubles. À travers ses créations, il propose un design avant-gardiste en défendant le rapprochement entre artisanat et industrie. L’artiste est d’ailleurs le premier à introduire l’idée de gammes d’ameublement d’intérieur à la fois sophistiquées et économiques, démocratiques et modernes. Les meubles conçus par Giò Ponti sont reconnaissables car ils font écho au mouvement néoclassique « Novecento Italiano » alors en vogue à Milan. Il revisite la tradition classique et expérimente sa propre interprétation de la maison italienne. En 1928, Giò Ponti fonde avec Gianni Mezzocchi la revue Domus qui sera une référence en matière d’architecture et de décoration. 

Une œuvre diverse et prolifique

Dans les années 1930, le travail d’architecture de Giò Ponti s’oriente davantage vers le rationalisme et le modernisme. Il utilise des matériaux et des technologies contemporaines, toujours en faisant appel à des éléments néoclassiques. Ponti manifeste également un vif intérêt pour les arts décoratifs, mais également pour la peinture et la scénographie. Les années 1940 lui offrent l’opportunité d’étendre sa carrière architecturale en participant entre autres à l’aménagement intérieur du Palazzo del Bo de l’Université de Padoue. Tout au long de sa carrière, Giò Ponti a voyagé et a pu collaborer avec les meilleurs designers du monde afin de créer son propre répertoire iconographique. Sa créativité continue d’influencer les designers d’aujourd’hui.

Œuvres de Giò Ponti

MOBILIER

  • Low table, designed for the Contini Bonacossi residence, Quadreria Moderna, Villa Vittoria, Florence, 41,5 x 226,7 x 74,2 cm, 1927
  • Tavolo basso, 226 x 42 x 75 cm, 1930
  • Unique armchairs, 77,3 x 63 x 78 cm, 1930
  • Wingback Chairs, 101 x 71,8 x 93,3 cm, 1947
  • Bureau Bookcase, 220 x 101 x 58 cm, 1950
  • Study – Centre Table, 76,5 x 180,5 x 79,5 cm, 1950
  • Illuminated sideboard, 118,5 x 280,5 x 55,5 cm, 1950
  • Executive desk, 77,8 x 210,2 x 79,5 cm, 1951
  • Occasional Table, 38,3 x 80 cm, 1954
  • Arlecchino coffee table, executed for a private commission, Milan, 37,5 x 81,5 cm, 1956
  • Dining Table, 77,2 x 299,9 x 110 cm, 1959

OBJETS

  • Vaso delle Donne e dei Fiori, 49,5 x 41 cm, 1924
  • Passegiata archeologica vase with cover, 59 cm, 1924
  • Vaso delle Donne e Delle Architetture, 49 cm, 1924/25
  • Ospitalità and Vestale, 29 cm, 1926/29
  • La passioni prigioniere Urn & cover, 50 cm, 1927
  • Important and monumental Le Funi urn, 48 x 40,5 cm, 1927
  • Covered Vase, 63,5 x 36,8 cm, 1928
  • La cinversazione classica vase with cover, 57 cm, 1929
  • Wall mirror 1998, 74,6 x 67,7 cm, 1950
  • Set of door and window furniture handles, 1951
  • Prototype teapot, 13 x 46,7 x 10,2 cm, 1956
  • Diamond flatware service, 27,3 cm, 1958

LUMINAIRES

  • Table lamp, 29 x 27 cm, 1930
  • Early ceiling light, 50 x 50 cm, 1931
  • Wingback armchairs, 67 x 87 x 101 cm, 1947
  • Wall lights with niches, 60,1 x 32 x 15 cm, 1950
  • Lampadaire à trois lumières, 129 x 23 cm, 1950
  • Sole ceiling or wall lights, 11 x 89 x 89 cm, 1957
  • Ceiling and wall lights, 11,5 x 96,5 x 38 cm, 1958
  • Set of star-shaped lights, 10,4 x 153,5 x 83,9 cm, 1960
  • Monumental chandelier, 59 x 208 cm, 1965
  • Lustres à quatorze lumières, 105 x 120 cm, 1967
  • Proteo Table Lamp, 32,4 x 20 x 35,6 cm, 1967

Giò Ponti, un artiste à la renommée internationale

EXPOSITIONS

  • Design is a State of Mind, Serpentine South Gallery, Londres, 2014
  • La Luce Vita: 87, Galerie Kreo, Paris, 2015
  • Dolce Vita : From the Liberty to Italian Design (1900-1940), Musée d’Orsay, Paris, 2015
  • Series Off Series, National Museum of China, Beijing,  2017
  • Modern Living: Giò Ponti and the 20th Century Aesthetics of Design, Georgia Museum of Art, 2017
  • Tutti Ponti, Musée des Arts décoratifs de Paris, 2018-2019
  • Utopia, Tornabuoni Art, Paris, 2019
  • Déjà-Vu: le Design dans notre Quotidien, MAMC Saint-Étienne, Saint-Priest-en-Jarez, 2021
  • Studiolo Lounge #2, Studiolo, Milan, 2022
  • FontanaArt. House of Glass, Le Stanze del Vetro, Venise, 2022

MUSÉES

  • Musée des Beaux-Arts de Houston
  • Brooklyn Museum, New York
  • Musée international de la céramique de Faenza
  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Centre Georges Pompidou, Paris

FONDATIONS

  • Lerici Foundation
  • Giò Ponti Foundation

Principaux ouvrages sur Giò Ponti

  • Sophie Bouilhet-Dumas, Dominique Forest, Salvatore Licitra, Giò Ponti, archi-designer, Paris, MAD, 2018
  • Germano Celant, Espressioni di Giò Ponti, Milan Mondadori Electa, 2011
  • Charlotte Fiell et Peter Fiell, Design of the 20th century, Taschen, 1999
  • Fulvio Irace, Giò Ponti a Stoccolma. L’Istituto italiano di cultura “C.M. Lerici », Electa, 2007
  • Ugo La Pietra, Giò Ponti. L’arte si innamora dell’industria, Rizzoli, 2009
  • Michele Porcu et Attilio Stocchi, Giò Ponti : tre ville inventate. Planchart, Arreaza, Nemazee, Abitare Segesta, 2003
  • Loris Manna, Giò Ponti. Le Maioliche, Biblioteca di via Senato, 2000
  • Marco Rmanelli, Giò Ponti : a world, Design Museum avec Arbitare Segesta, 2002

Expertise et Estimation des œuvres de Giò Ponti

Certaines œuvres de Giò Ponti sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Giò Ponti afin d’établir une estimation de votre pièce.

Armand-Albert RATEAU

Armand-Albert Rateau est né en 1882 à Paris et décédé en 1938 à l’âge de 56 ans. Après une formation à l’École Boulle à Paris où il se familiarise avec la sculpture sur bois, le jeune homme débute une carrière de dessinateur chez Georges Hoentschel. Fort de ses différentes expériences, Rateau s’installe à son compte dans son hôtel particulier et crée une entreprise qui ne s’adresse qu’à un petit groupe de clients fortunés. Très rapidement, son travail rencontre un immense succès et il devient une figure emblématique du mouvement Art Déco qui est alors en vogue. Armand-Albert Rateau reçoit ainsi plusieurs commandes pour des bureaux du gouvernement français, des ambassades étrangères et d’entreprises de renom comme Tiffany & Co.

Un intérêt important pour l’Antiquité

C’est au cours d’un voyage réalisé en 1914 avec un groupe d’amis qu’Armand-Albert Rateau se découvre une passion pour l’Antiquité. Ils découvrent notamment des fresques sur des sites de fouilles archéologiques du XVIIIe siècle à Pompéi et des meubles anciens au musée de Naples. S’inspirant de cet univers, Armand-Albert Rateau a produit bon nombre de meubles en bronze et en bois sculpté en recréant des détails de l’époque. Il sera d’ailleurs sollicité par Florence et George Blumenthal pour réaliser la décoration et l’ameublement intérieur d’une partie de leur hôtel particulier à New York. Certaines des commandes passées à Armand-Albert Rateau impliquaient également la restauration de meubles.

Le style Armand-Albert Rateau

La carrière d’Armand-Albert Rateau est marquée dans les années 1920 par son étroite collaboration avec Jeanne Lanvin. Durant cette période, le designer fait évoluer sa formule artistique et s’emploie à associer des styles à la fois modernes et antiques. On retrouve également dans certains de ses croquis des échos aux ornements de jardins conçus par Beatrix Farrand. Le public est alors très enthousiaste pour l’esthétique d’Armand-Albert Rateau dont la carrière connaît une apogée dans les années 1920-1930. 

Œuvres d’Armand Rateau

MOBILIER

  • Lutrin, 76,2 x 59,6 x 29,9 cm, 1915
  • Fauteuil, modèle no. 1793, 90,4 x 62,8 x 50,2 cm, 1919/20
  • Coiffeuse, 141 x 90 x 45 cm, 1920
  • Guéridon ou table de travail à volet, 80 x 40 cm, 1920
  • Table basse aux faisans, 33 x 87 x 38,5 cm, 1920/22
  • Jardinière, entrelacs de rinceaux et marguerites, 72 x 94 x 34 cm, 1920/25
  • Lit de repos ajustable, 93 x 168 x 62 cm, 1921/25
  • Guéridon, 79,5 x 43 cm, 1922
  • Table basse aux oiseaux, 33,5 x 102 x 49,5 cm, 1924
  • Chevalet, 188 x 70,5 x 39 cm, 1925

OBJETS

  • Porte-savons muraux, 12,5 x 9 cm, 1919/20
  • Cendrier Papillon, 10,5 x 20,5 cm, 1920
  • Paravent à trois panneaux, 276,5 cm, 1920
  • Porte-torchère, 108 cm, 1920/22
  • Crochets de salle de bain, 7,5 x 10 x 5 cm, 1920/22
  • Calendrier perpétuel, 32,5 cm, 1925
  • Brûle parfum, 19,8 x 18 cm, 1925
  • Miroir, 31,8 x 13,3 x 1,9 cm, 1925
  • Porte serviette pour Jeanne Lanvin, 9,5 x 74,9 x 10,8 cm, 1925
  • Chenets, 15,2 x 36,2 x 33,7 cm, 1929
  • Panneaux à décor de végétation, 255 cm
  • Coupe Fennecs et papillons, 10,5 x 20,3 cm

LUMINAIRES

  • Lampe de table, 45,5 cm, 1919/20
  • Chandelier, 80 x 34 cm, 1920
  • Appliques Col de cygne, 36,8 x 14 x 22 cm, 1920
  • Lampe escargots, 56 cm, 1920/25
  • Lampadaire aux oiseaux, 187,5 x 54 cm, 1921/25
  • Torchère, modèle no. 1318, 168,2 cm, 1922
  • Suspension, 70 cm, 1925
  • Appliques aux papillons, 22 x 15 x 25 cm, 1928
  • Palmes torchères, 169,5 cm, 1934/37

Armand-Albert Rateau, un artiste très réputé

EXPOSITIONS

  • A Century of Design, Part I: 1900-1925, The Metropolitan Museum of Art, New York, 1999-2000
  • Art Deco Paris, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2004-2005
  • Classic/Fantastic: Selections from the Modern Design Collection, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2007-2009
  • Masterpieces of French Art Deco, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2009-2011
  • Metropolitan Vanities: The History of the Dressing Table, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2013-2014
  • Design & Photographs Highlights Exhibition, Philips London, Londres, 2017

MUSÉE

  • Musée des Arts Décoratifs, Paris

Principaux ouvrages sur Armand Rateau

  • Hélène Guène-Loyer, Décoration et haute couture : Armand-Albert Rateau pour Jeanne Lanvin, Les arts Décoratifs, 2006
  • Franck Olivier-Vial et François Rateau : Armand-Albert Rateau, Éditions de l’Amateur, 1992
  • Patrick Mauriès, Armand-Albert Rateau la beauté farouche, Maison et Jardin, 1993

Expertise et Estimation des œuvres d’Armand-Albert Rateau 

Certaines œuvres d’Armand-Albert Rateau sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres d’Armand-Albert Rateau afin d’établir une estimation de votre pièce.

Pierre JEANNERET

L’architecte et designer suisse Pierre Jeanneret joue un rôle majeur dans l’évolution de l’habitat au cours du XXe siècle. Moins connu du grand public que son cousin Le Corbusier (1887-1965), de 12 ans son aîné, avec lequel il a collaboré à de nombreuses reprises, Jeanneret marqua pourtant le XXe siècle par ses créations architecturales modernes et ses pièces de design innovantes.

Une famille d’architectes

Pierre Jeanneret naît en Suisse, à Genève, en 1896. Il est le cousin germain du célèbre artiste — peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, designer — Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit « Le Corbusier ».

Le jeune homme étudie à l’École des Beaux-Arts de Genève où il obtient le premier prix d’architecture, de sculpture et de peinture. Jeanneret s’installe à Paris en 1921 où il travaille au sein de l’agence des frères architectes Gustave (1876-1952) et Auguste (1874-1954) Perret, notamment grâce au soutien de son cousin.

Malgré l’entente entre les collaborateurs, des divergences concernant l’urbanisme et le logement de masse poussent Jeanneret à quitter l’agence en 1922, au bout d’un an seulement.

1923 : la collaboration Le Corbusier-Jeanneret

Après avoir quitté l’agence, Pierre Jeanneret décide de s’associer avec son cousin. Ensemble, ils créés leur propre agence en 1923 : « Le Corbusier et Pierre Jeanneret ».

Les deux architectes partagent une vision commune de l’architecture ainsi que du design. Ils conçoivent de nombreux projets, de l’habitat jusqu’au mobilier. Le rôle de Pierre Jeanneret, loin d’être un simple exécutant, fut très important.

Fort de leur collaboration, Le Corbusier et Pierre Jeanneret publient un manifeste en 1926 : Cinq points vers une nouvelle architecture. Cet essai détaille les partis-pris des 2 architectes en termes d’habitat qu’ils s’évertuent à mettre en pratique à travers leurs créations (pilots, toit-terrasse, plan libre). La Villa Savoye (1928-1931) construite par la suite à Poissy est une parfaite illustration de l’esthétique architecturale de Pierre Jeanneret et du Corbusier. 

1929 : du design au Salon d’Automne

En parallèle de leur activité d’architectes, les cousins Jeanneret élaborent ensemble des meubles modernes innovants. 

À l’occasion du Salon d’Automne de 1929, les 2 cousins exposent une gamme réalisée en collaboration avec la jeune designer Charlotte Perriand (1903-1999). Cette gamme, composée de créations — chaises, tabourets, étagères modulaires — en acier tubulaire, fit sensation. Aujourd’hui, cette collection est éditée par la maison Cassina.

Plus timide et discret que son cousin Le Corbusier, Pierre Jeanneret était en retrait. Pour autant, l’implication des deux associés a toujours été égale.

1936 : la collaboration avec Charlotte Perriand

Pierre Jeanneret entame une collaboration importante avec Charlotte Perriand en 1936. Ensemble ils dessinent différents meubles à l’esthétique résolument moderne.

Au-delà du mobilier, Perriand et Jeanneret innovent la notion d’habitat. En ce sens, ils conçoivent en 1937 le Refuge Bivouac. Il s’agit d’un refuge pour montagnards aux allures de chalet futuriste. L’œuvre est présentée à l’Exposition internationale de cette même année.

1938 : la fin de la collaboration Le Corbusier-Jeanneret

Les deux cousins mettent fin à leur collaboration en 1938. Pierre Jeanneret souhaite en effet à cette époque se concentrer sur la reconstruction d’immeubles dans le sud de la France. Il rejoint le projet développé par Georges Blanchon : le Bureau Central de Construction (BCC).

Durant cette collaboration qui dure officiellement jusqu’en 1949, Pierre Jeanneret dessine une série de bâtiments fabriqués ainsi que du mobilier mobile.

1939-1945 : la Résistance

Le Corbusier ferme son agence en 1940 en raison de la Seconde Guerre mondiale. Il quitte Paris avec sa femme et son cousin Pierre Jeanneret pour rejoindre Ozon, un petit village des Pyrénées.

À la fin de l’année, Pierre Jeanneret rejoignit Grenoble où il entre dans la Résistance sous le nom de code de « Guidondevélo ». L’architecte suisse transporte en effet de nombreux messages cachés dans son guidon de vélo.

1950-1965 : le projet Chandigarh

Au début des années 1950, Pierre Jeanneret et Le Corbusier entament une nouvelle collaboration : le projet de construction de Chandigarh en Inde, nouvelle capitale du Penjab depuis la création du Pakistan en 1947.

Ce projet, résolument moderne, est particulièrement éprouvant, si bien que Le Corbusier abandonne au bout de quelques années. Pierre Jeanneret reprent alors le rôle d’architecte en chef et demeure en Inde durant 15 ans afin de suivre le projet. Chandigarh devint par la suite une véritable référence de l’architecture moderne.

Pierre Jeanneret s’éteint en 1967, peu de temps après son retour à Genève.

L’apport de Pierre Jeanneret à l’histoire de l’art

Pierre Jeanneret est souvent réduit à ses collaborations avec Le Corbusier et Charlotte Perriand. Pour autant, l’architecte possédait des qualités sans lesquelles la réputation du Corbusier n’aurait pas été la même. En effet, Pierre se rendit indispensable à son cousin. D’une part, il sut apporter une contradiction nécessaire sur certains projets, ce qui incita son génie à se dépasser. D’autre part, Pierre Jeanneret était le chef d’atelier et avait à cet égard le goût du travail manuel et plastique des matériaux bruts.

Pierre Jeanneret dessinait les premiers croquis de plans avant de les retoucher et de les affiner avec Le Corbusier. Ainsi, il stimulait l’imagination de son cousin, ou au contraire la modérait par son propre réalisme. 

L’imagination de Jeanneret pouvait également se montrer prolifique et se traduisait par l’élaboration de nombreux dessins à l’architecture engagée.

Dans la lignée de l’Union des artistes modernes (UAM) créée en 1929, les architectes et designers eurent pour ambition de proposer des bâtiments socialement utiles pouvant être fabriqués rapidement, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Parmi ses membres figuraient Pierre Jeanneret, Le Corbusier, Charlotte Perriand, Jean Prouvé (1901-1984) et Robert Mallet-Stevens (1886-1945).

Œuvres de Pierre Jeanneret

Les musées qui exposent Pierre Jeanneret

En France, il est possible de découvrir les œuvres de Pierre Jeanneret au Centre Pompidou et à la Maison La Roche (1923-1925) à Paris ou à la Villa Savoye (1928-1931) à Poissy. Le Musée Pierre Jeanneret a également été inauguré en 2017 à Chandigarh.

Les principales expositions de l’artiste

  • UAM. Une aventure moderne, Centre Pompidou, Paris, 2018 
  • Chandigarh, 50 ans après Le Corbusier — une œuvre collective, Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris, 2015 

Les principaux ouvrages sur Pierre Jeanneret

  • DWORCZAK Jacques, Catalogue raisonné du mobilier : Jeanneret Chandigarh, éd. Assouline, 2019
  • SEGUIN Patrick, Le Corbusier — Pierre Jeanneret — Chandigarh, India, éd. Patrick Seguin, 2014

Expertise et Estimation des œuvres de Pierre Jeanneret

Certaines œuvres de Pierre Jeanneret sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Pierre Jeanneret afin d’établir une estimation de votre pièce.

Émile GALLÉ

Pionnier de l’Art Nouveau, Émile Gallé est le fondateur de l’École de Nancy née en 1901. Le maître verrier et ébéniste est connu pour sa maîtrise de la pâte de verre, ses marqueteries innovantes ainsi que son répertoire décoratif inspiré de la nature.

Une entreprise familiale

Émile Gallé est né en 1846 à Nancy. Fils d’un maître verrier, il fut très tôt en contact avec le monde de l’art et du commerce.

Après l’obtention de son baccalauréat, le jeune homme effectua un apprentissage des métiers du verre à Meisenthal puis de la céramique à la Faïencerie de Saint-Clément. 

À partir de 1867, Gallé fut associé à l’entreprise de négoce et de décoration de faïence et de verrerie de son père. La même année il représenta l’entreprise familiale à l’Exposition universelle à Paris où il fut récompensé d’une mention honorable pour la verrerie. Lors de l’Exposition universelle et internationale de Lyon en 1872, il obtint une médaille d’or. 

1871-1873 : voyages et apprentissage

Émile Gallé partit à Londres en 1871 où il travailla au musée de Kensington et au jardin botanique de Kew Gardens. Ceci lui permit notamment d’approfondir ses connaissances en la matière tout en constituant un répertoire décoratif qui lui servirait dans son travail futur de la verrerie.

Gallé effectua par la suite une série de voyages en Italie, en Suisse ainsi qu’à Paris où il découvrit l’art des cristaux anciens et le style rococo. 

1873-1878 : la reconnaissance d’un artiste verrier

De retour dans l’Est, Émile Gallé ouvrit son propre atelier de verrerie en 1873. L’année suivante, il reprit la manufacture de verre et céramique de son père à Nancy. Officialisé en 1877, le changement de direction impliqua le développement d’une nouvelle production pour la décennie à venir.

Les verreries élaborées de Gallé reçurent une reconnaissance internationale lors de l’Exposition universelle de 1878. Cette reconnaissance fit d’Émile Gallé un artiste verrier reconnu. 

1884 : la première usine Gallé

Émile Gallé fit construire sa première usine en 1884. Par le recours à la machine, le maître verrier souhaita produire à moindre coût des objets destinés à une plus large clientèle. Ainsi, Émile Gallé réalisa deux types de production : les pièces uniques ou petites séries ainsi que les pièces de grandes séries destinées à une large diffusion. Un tel procédé contribua à la reconnaissance internationale d’un foyer lorrain d’art décoratif industriel. 

1889-1901 : la naissance de l’École de Nancy

La maîtrise technique d’Émile Gallé ainsi que son répertoire décoratif innovant en fit rapidement un ambassadeur du cristal en France et à l’étranger, notamment à partir de l’Exposition universelle de 1889. 

Gallé perfectionna sa maîtrise de l’art verrier et mit au point de nouvelles techniques décoratives. En ce sens il élargit la gamme des couleurs, épaissit la pâte de verre, ajouta poudres, paillettes, feuilles d’or et bulles, grava à l’acide, etc.

En collaboration avec les artistes et industriels de l’Est (Louis Majorelle, René Lalique, les Frères Daum, Baccarat), Émile Gallé fonda l’École de Nancy en 1901. Le but étant de rassembler les artistes, artisans et industriels lorrains appartenant au mouvement Art Nouveau.

Après son décès survenu en 1904, la verrerie Gallé poursuivit sa production jusqu’à sa fermeture en 1936.

L’apport d’Émile Gallé à l’histoire de l’art

L’Art nouveau est un mouvement artistique qui s’est développé entre 1885 et 1915. Ce style élégant et décoratif se cantonna pour l’essentiel aux arts appliqués. Inspiré de l’histoire et lié à la Révolution industrielle, ce style présentant des caractéristiques communes revêtit des noms différents selon les pays : « Art nouveau » en France et Belgique, « Jugendstil » en Autriche, « Liberty » en Italie, « Modernismo » en Espagne ou encore « Modern Style » en Angleterre, chaque terme faisant en réalité référence à un même courant artistique. 

La libre esthétique de l’Art Nouveau se caractérise par l’utilisation de motifs floraux, des lignes animées et sinueuses ainsi que le recours au fer forgé.

Émile Gallé s’intéressa à la fois à la verrerie, à l’ébénisterie et à la céramique. L’industriel est connu pour ses techniques innovantes : verre multicouche travaillé à l’acide, verre taillé, gravé et émaillé mais également marqueterie mêlant bois (chêne, noyer, frêne, prunier) et matières diverses (nacre, métal).

Œuvres d’Émile Gallé

Les musées qui exposent Émile Gallé

Les œuvres d’Émile Gallé sont exposées dans de nombreux musées en France et à l’étranger : Musée d’Orsay et Petit Palais à Paris, Musée de l’École de Nancy, Musée des Beaux-Arts de Lyon, Musée des Beaux-Arts de Reims, Musée Fin de Siècle de Bruxelles, Walters Art Museum de Baltimore.

Les principales expositions de l’artiste

  • Émile Gallé : Nature et symbolisme — Influence du Japon, Musée Georges de la Tour, Vic-sur-Seille, 2009 
  • La main aux algues et aux coquillages, le testament artistique d’Émile Gallé, Musée d’Orsay, Paris, 2004 

Les principaux ouvrages sur Émile Gallé

  • THIEBAUT Philippe, Émile Gallé : le magicien du verre, éd. Gallimard, 2004
  • LE TACON François, Émile Gallé, Maître de l’art nouveau, éd. Nuée Bleue, 2004
  • COLLECTIF, Émile Gallé et le verre. La collection du Musée de l’École de Nancy, éd. Somogy, 2004
  • DEBIZE Christian, Émile Gallé et l’École de Nancy, éd. Serpenoise, 1998

Expertise et Estimation des œuvres d’Émile Gallé

Certaines œuvres d’Émile Gallé sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres d’Émile Gallé afin d’établir une estimation de votre pièce.

Louis MAJORELLE

Louis Majorelle est né en septembre 1859 à Toul et décédé en janvier 1926 à Nancy à l’âge de 66 ans. Fils du célèbre concepteur de meubles Auguste Majorelle, il démontre très tôt un intérêt particulier pour l’artisanat et le dessin. Le jeune homme intègre donc l’École des Beaux-Arts de Nancy où il reçoit un enseignement académique avant de rejoindre l’atelier d’Aimé Millet à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1977. À la mort d’Auguste Majorelle, ses fils Louis et Jules décident de reprendre l’entreprise familiale, à l’époque spécialisée dans la conception et la fabrication de meubles et de faïences. Après avoir pris la tête de la direction artistique de la fabrique, Louis Majorelle décide plus tard de créer son magasin à Nancy. Aujourd’hui encore, il est connu pour son immense contribution au mouvement de l’Art Nouveau de Nancy.

Reprise des techniques traditionnelles

Au début de sa carrière, lorsqu’il reprend la fabrique familiale, Louis Majorelle acquiert de solides connaissances grâce à la formation que lui dispensent les ouvriers de son père. Quelques années plus tard, il est prêt à prendre la direction artistique de la maison. Dès lors, Majorelle rend hommage aux meubles de son père et réalise essentiellement des copies de style Louis XV qui rencontrent un immense succès. Louis Majorelle expose ses créations à plusieurs reprises et reçoit même une médaille d’argent dans la catégorie « meubles à bon marché de luxe » lors de l’Exposition universelle de Paris de 1889.

Vers un style plus personnel

Très vite, Louis Majorelle réussi à s’affranchir de ces influences et à s’orienter vers une esthétique plus personnelle. Dès la fin des années 90, l’artiste s’intéresse ainsi au travail d’Émile Gallé, célèbre verrier et ébéniste français et commence à appréhender le style « Art Nouveau ». Il opte alors pour une esthétique fluide, naturaliste et symboliste et intègre des éléments comme des plantes en tiges, des nénuphars, des chardons et des libellules, qui parfois s’entrelacent. Si Louis Majorelle est avant tout connu pour son travail d’ébéniste, il fait construire dès 1897 un atelier spécialisé dans le travail du métal afin de réaliser des bronzes pour orner son mobilier, mais également ses luminaires. Au cours de sa carrière, il aura également l’occasion de présenter des céramiques et des verreries. N’hésitez pas à consulter notre page dédiée aux prix de vente des œuvres de Louis Majorelle pour en savoir plus sur sa cote.

Œuvres de Louis Majorelle

MOBILIER

  • Cabinet La cascade, 169,5 x 78 x 39 cm, 1898
  • Lit Aux orchidées, 183,8 x 165,4 x 230,5 cm, 1899/1900
  • Meuble de collectionneur, 190 x 86 x 45 cm, 1900
  • Table à thé Art Nouveau à fleurs, 79 x 71 x 41 cm, 1900
  • Table à deux étages Art Nouveau avec orchidées, 71 x 78 x 60 cm, 1900
  • Guéridon Aux nénuphars, 80 x 74 cm, 1902
  • Table Aux nénuphars, 87,6 x 92,7 cm, 1902
  • Chaise Nénuphars, 76,8 x 78,7 x 65,7 cm, 1900/03
  • Bureau Nénuphars, 98,1 x 139,4 x 79,4 cm, 1900/03
  • Vitrine Nénuphars, 252 x 236,2 x 72,7 cm, 1903
  • Fauteuil à structure végétale, 75,8 x 66,5 x 60 cm, 1904
  • Chambre Aux nénuphars, 1905
  • Manteau de cheminée Nénuphars, 117 x 177 cm, 1905
  • Armoire Aux Algues, 231,2 x 210,9 x 53,3 cm, 1906
  • Vitrine fleurs de tabac, 193 x 80 x 43 cm, 1910

OBJET

  • Miroir Art Nouveau avec pommes de pin, 69 x 53 x 3 cm, 1900
  • Chenets à décor figurant une fleur ouverte, 37 x 70 x 50 cm, 1900/10
  • Miroir, décor de clématite, 152 x 160 x 14 cm, 1902
  • Porte-plante, motifs floraux, 40 x 33,5 x 33,5 cm, 1910
  • Horloge à boîtier long Chicoré, 219,7 x 37,5 x 29,8 cm, 1910
  • Vase forme cloche, décor de feuilles d’or, 30 cm, 1920

LUMINAIRE

  • Applique à trois lumières, 50,1 x 60,6 x 21 cm, 1900
  • Socle de lampe, 59,7 cm, 1900
  • Lampadaire 219, 170 cm, 1900
  • Applique murale, 50,1 x 60,6 x 21 cm, 1900
  • Lustre à six bras de lumière, 160 x 155 x 62 cm, 1900
  • Pieds de lampe stylisé Art Nouveau, 50 x 24 cm, 1900
  • Lustre à décor de motifs végétaux, 119 cm, 1900
  • Lampe de table Pissenlit, 62 x 22,7 x 24,6 cm, 1902
  • Lampe à poser Monnaie du pape, 68,7 cm, 1903
  • Candélabre Nénuphars, 70,5 cm, 1903
  • Lampe Magnolias, 46 cm, 1904
  • Lampe de table Chatons, 65, 5 x 29 cm, 1905
  • Suspension à motifs floraux Art nouveau, 76 cm, 1910

Louis Majorelle, un artiste exposé partout dans le monde

EXPOSITIONS

  • Exposition d’Art Décoratif et Industriel, Nancy, 1894
  • Exposition Universelle, Paris, 1900
  • Salon des Artistes Décorateurs, Paris, 1906
  • Art Nouveau, MoMA, New York, 1960
  • Recent Acquisitions : Design Collection, MoMA, New York, 1975-1976
  • Shaping Modernity: Design 1880-1980, MoMA, New York, 2009-2010
  • Art Nouveau : The great utopian Vision, MKG, Hamburg, 2015-2016
  • 501: Motion and Illumination, Collection gallery, MoMA, New York, 2022

MUSÉES

  • Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
  • Dallas Museum of Art
  • Detroit Institute of Art
  • Cleveland Museum of Art
  • Columbia Museum of Art 
  • Musée d’Art d’Indianapolis
  • Musée des Beaux-Arts de Virginie
  • Musée national des Beaux Arts du Québec

FONDATION

  • Fondation Yves Saint Laurent

Principales publications sur Louis Majorelle

  • Roselyne Bouvier, Majorelle. Une aventure moderne, avant-propos de Christian Debize, Bibliothèque des arts, Éditions Serpenoise, 1991
  • Roselyne Bouvier et Valérie Thomas, Majorelle, un art de vivre moderne, Éditions Nicolas Chaudun, 2009
  • Victor Arwas, Paul Greenhalgh, Dominique Morel et Marc Restellini, L’Art Nouveau, la Révolution décorative, Édition Pinacothèque de Paris/Skira, 2013

Expertise et Estimation des œuvres de Louis Majorelle

Certaines œuvres de Louis Majorelle sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Louis Majorelle afin d’établir une estimation de votre pièce.

Ettore SOTTSASS

Architecte et designer, Ettore Sottsass est considéré comme l’un des plus grands artistes italiens d’après-guerre.

Un début de carrière en tant qu’architecte

Ettore Sottsass est né en 1917 en Autriche d’un père italien architecte et d’une mère autrichienne. Sa famille déménagea en Italie en 1929. Suivant les traces de son père, Sottsass intégra l’École Polytechnique de Turin.

Diplômé en 1939, il dut rejoindre l’armée italienne afin de participer à l’effort de guerre. Fait prisonnier il fut enfermé dans un camp à Sarajevo.

Après 1945, Ettore Sottsass collabora avec son père à la réalisation de plusieurs projets de reconstruction de Savone et de Novare.

En 1947, le jeune homme ouvrit son agence de design à Milan. Touche-à-tout Sottsass s’intéressa aussi bien à la peinture qu’à l’architecture, la céramique, la sculpture, la photographie, les bijoux, etc.

Lasse de l’Italie, Sottsass collabora avec l’agence américaine de George Nelson (1908-1986) basée à New York. Ce fut le déclic. Il s’initia alors au design industriel et découvrit le Pop Art.

1956 : la collaboration avec l’éditeur Poltronova

En 1956, Ettore Sottsass devint le directeur artistique de l’éditeur Poltronova. Cette collaboration — qui dura dix ans — permit au designer de développer son propre style. Les formes de ses réalisations sont simples et géométriques, les motifs graphiques aux couleurs primaires et les matières nobles. Le buffet Credenza (1959) associe poignées en bronze et portes en palissandre, tandis que le secrétaire Barbarella (1966) mêle tiroirs en aluminium et noyer.

En 1971, la série Mobili Grigi, faite essentiellement de plastique et fibre de verre, est venue élargir la gamme préexistante. Le miroir Ultrafragola (1970) qui marqua l’histoire du design fait partie de cette série.

1958 : la collaboration avec Olivetti

Parallèlement, Ettore Sottsass devint consultant designer chargé de la Division Électronique pour Adriano Olivetti à partir de 1958. Son travail consista en l’élaboration de machines à écrire. Elea 9003 (1959) reçut le prix du design italien Compasso d’Oro tandis que Valentine (1969) marqua les esprits par son rouge écarlate issu du Pop Art.

Ettore Sottsass commença à travailler la céramique à partir de 1955. Ses vases et objets rêvent des formes simples.

Années 1960 : le groupe Antidesign

Dans les années 1960, Sottsass s’opposa au consumérisme étatsunien et rejoignit le groupe Antidesign, avant de contribuer en 1979 — toujours dans cette optique de contestation — au développement du studio Alchimia à Milan. Ces courants eurent pour ambition d’interroger l’implication des designers et architectes dans la société de consommation et invitèrent à la création du « beau utile ». En ce sens, Sottsass réalisa à la fin des années 1960 des prototypes de meubles containers, les Superbox. L’objet, peu onéreux, a été élaboré selon ses caractéristiques propres et non guidé par une quelconque dimension esthétique.

1980-1985 : le groupe Memphis

En 1980, Ettore Sottsass fut à l’origine du groupe Memphis rassemblant de jeunes designers internationaux installés à Milan. Au Salon du meuble de 1981, les pièces exposées par le groupe rencontrèrent un succès immédiat en raison de l’utilisation inattendue de certains matériaux et des formes inhabituelles et novatrices. Le meuble-totem Casablanca est issu de cette veine créatrice.

1985 : la Sottsass Associati

En 1985, Sottsass quitta le groupe afin de se consacrer au développement de son agence de graphisme et de design fondée en 1981, la Sottsass Associati. L’intérêt du designer italien se porta sur le design industriel et d’architecture. Ainsi, Sottsass collabora notamment avec Apple, Philips, Siemens, Cassina ou encore Fiat.

À la même époque, il exécuta une série de demeures privées telles la Maison Wolf aux États-Unis (1987-1989), la Maison Cei à Florence (1989-1992) ou la Maison Yuko à Tokyo (1992). Sottsass aménagea également l’aéroport de Milan Malpensa entre 1994 et 1998.

L’apport d’Ettore Sottsass à l’histoire de l’art

Artiste investissant de nombreux domaines de l’art, Ettore Sottsass laissa une empreinte considérable dans ces derniers, les bouleversants profondément grâce à sa curiosité.

Figure majeure du design du XXe siècle, Sottsass est aussi bien reconnu pour ses créations uniques pour l’empreinte théorique qu’il laissa derrière lui.

Œuvres d’Ettore Sottsass

Les musées qui exposent Ettore Sottsass

En France les œuvres d’Ettore Sottsass sont principalement exposées au Centre Pompidou et au Centre National des Arts Plastiques.

Les principales expositions de l’artiste

  • Ettore Sottsass. L’objet magique, Centre Pompidou, Paris, 2021
  • Ettore Sottsass. There is a Panet, Triennale de Milan, 2017

Les principaux ouvrages sur Ettore Sottsass

  • FONDAZIONE CINI VENISE, Ettore Sottsass, The Glass, éd. Skira, 2017
  • SUDJIC Deyan, Ettore Sottsass and The Poetry of Things, éd. Phaïdon, 2015
  • LABACO Ronald, Ettore Sottsass : Architect and Designer, éd. Merrell Publishers Ltd, 2006

Expertise et Estimation des œuvres d’Ettore Sottsass

Certaines œuvres d’Ettore Sottsass sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres d’Ettore Sottsass afin d’établir une estimation de votre pièce. N’hésitez pas à également consulter notre page dédiée aux prix de vente des œuvres d’Ettore Sottsass pour en savoir plus sur sa cote.

Pierre LEGRAIN

Pierre Legrain est né en octobre 1889 à Levallois-Perret et décédé en juillet 1929 à Paris, à l’âge de 39 ans. Issu d’une famille aisée et très tôt passionné par l’art, il convainc ses parents de le laisser s’engager dans cette voie en intégrant les cours de dessin à l’école Germain Pilon entre 1901 et 1907. Sa famille ayant plus tard sombré dans la misère, Pierre Legrain est contraint de travailler pour subvenir à ses besoins, mais n’arrête pas pour autant le dessin. C’est dans ce contexte qu’il fait la rencontre de Paul Iribe pour qui il réalise de nombreuses commandes et qui jouera un rôle très important dans sa carrière. Le travail de Pierre Legrain a eu un immense impact dans l’histoire des arts décoratifs en France.

Les premières années de l’artiste

Paul Iribe étant le premier et le plus grand mécène de Pierre Legrain, c’est grâce aux commandes passées par ce dernier que le jeune homme commence à développer sa production artistique. Dans un premier temps, Legrain réalise essentiellement des illustrations pour des revues comme Le Témoin, puis pour des magazines de mode. À la demande d’Iribe, l’illustrateur se consacre ensuite à une activité de reliures. Mettant au point une esthétique audacieuse, Pierre Legrain utilise des matériaux originaux comme la nacre ou encore l’acier chromé, et joue sur le plat des reliures avec des mosaïques et des formes géométriques, dont des cercles, des triangles ou encore des lettres. Son œuvre prolifique et unique a considérablement réinventé l’univers de la reliure.

Des mobiliers aux influences géométriques et exotiques

Pour donner suite à des commandes lancées par Jacques Doucet, la collaboration entre Pierre Legrain et Iribe s’étend à la création de mobiliers. S’éloignant petit à petit de l’esthétique fluide et féminine de son mentor, Pierre Legrain s’oriente davantage vers des formes géométriques qui s’inscrivent dans la continuité de son travail de relieur. L’œuvre du décorateur est particulièrement reconnaissable, car elle est un véritable hommage aux formes et aux motifs africains et océaniens. Il a en effet su s’approprier ces influences exotiques en les associant au cubisme qui émergeait alors. Bien que son travail s’inscrive dans une logique avant-gardiste, Pierre Legrain a toujours créé dans le respect de l’artisanat traditionnel.

Œuvres de Pierre Legrain

DESSIN-AQUARELLE

  • Cloison murale, 32,2 x 50 cm, 1912
  • Grand Buvard, Two Designs, 1920
  • Fauteuil de salle à manger, 1920
  • Petite chauffeuse et son bout de pied, 40,5 x 31,5 cm, 1920
  • Cage à oiseaux, (pour Jacques Doucet), 45,5 x 30 cm, 1920
  • Banquette d’entrée, 47,7 x 42 cm, 1920
  • Grand canapé, 45,5 x 30 cm, 1920
  • Table à thé, 31,5 x 23,7 cm, 1920
  • Écran de cheminée, 45 x 30 cm, 1920
  • Chaise longue, 50,3 x 34,8 cm, 1920
  • Grand bureau avec sculpture, 23,8 x 39 cm, 1924
  • Projet de tabouret, 32,5 x 23 cm, 1925
  • Table pour chambre à coucher, 45,5 x 30,3 cm, 1925

MOBILIER

  • Banquette, 102 x 113 x 30,5 cm, 1920
  • Bureau plat, 77,5 x 179 x 75 cm, 1920
  • Table de milieu, 50 x 71 x 35 cm, 1920
  • Vitrine d’exposition, 185 x 135 x 35 cm, 1920
  • Tabouret culture africaniste, 53 x 49,5 x 30 cm, 1920/25
  • Siège curule d’inspiration africaniste, 64,5 x 50,2 x 32 cm, 1923
  • Console, 61,5 x 82,5 x 30 cm, 1924
  • Coiffeuse et tabouret, 1924
  • Bar cubiste, 100 x 65 x 32,8 cm, 1925
  • Table basse, 59,5 x 218 x 50,8 cm, 1925
  • Étagère L’Avion, 152 x 142 x 101 cm, 1925
  • Fauteuil, 80,5 x 74,5 x 71 cm, 1926

OBJET

  • Cage à oiseaux, 57 cm, 1920
  • Boîte à gants, 9,5 x 27 x 10 cm, 1923
  • Suite de coupelles, 5 x 13,5 cm, 1924
  • Seau à champagne, 24 x 31 x 23 cm, 1925
  • Support photo, 46,2 cm, 1925
  • Cadre, 43,3 x 38 x 4 cm, 1925
  • Sous-main ouvrant par trois feuilles, 19,7 x 31,5 cm, 1925
  • Sous-main dépliant d’Annie Dalsace, 30 x 91 cm, 1925/30
  • Miroir à quatre rangs de cornières saillantes, 114 x 96 x 10 cm
  • Pendulette de bureau, 13,5 x 17,7 cm

Pierre Legrain, un artiste très apprécié

EXPOSITIONS

  • Exposition de l’Art indigène des colonies françaises, Musée des Arts Décoratifs, Paris, 1923
  • Art déco et modernisme : style contre idée, Metropolitan Museum of Art, New York, 1991-1992
  • Formes africaines dans le meuble de Pierre Legrain, Musée national d’Art Africain, Washington, 1998
  • A Century of Design, Part I : 1900-1925, Metropolitan Museum of Art, New York, 1999-2000
  • Art déco 1910-1939, Musée d’art de Fukuoka, 2005
  • Art déco 1910-1939, Musée Suntory, Osaka, 2005
  • Pierre Legrain & Eileen Gray, Galerie Art déco Willy Huybrechts, Paris, 2010
  • Chefs-d’œuvre de l’Art Déco français, Metropolitan Museum of Art, New York, 2009-2011
  • Exotique & Moderne : Art déco français et inspiration lointaine, Musée d’Art Métropolitain Teien, Tokyo, 2018-2019

MUSÉES

  • Musée des Beaux-Arts de Virginie
  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Metropolitan Museum of Art, New York
  • Brooklyn Museum, New York
  • Musée du Quai Branly, Paris

FONDATIONS

  • Fondation américaine pour la Pensée et l’Art Français
  • Fondation Angladon-Dubrujeaud

Principales publications sur Pierre Legrain

  • Anne Sigier, Pierre Legrain : champion éducateur, Éditions Denoël, 1999
  • Yves Peyré & H. Georges Fletcher, Art Deco Bookbindings. The Work of Pierre Legrain & Rose Adler, Princeton,  Architectural Press, 2004
  • Laurence Salmon, Pierre Legrain, Norma Éditions, 2019

Expertise et Estimation des œuvres de Pierre Legrain

Certaines œuvres de Pierre Legrain sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Pierre Legrain afin d’établir une estimation de votre pièce. N’hésitez pas à également consulter notre page dédiée aux prix de vente des œuvres de Pierre Legrain pour en savoir plus sur sa cote.

Paul IRIBE

Paul Iribe est né en juin 1883 à Angoulême et décédé en septembre 1935 à Roquebrune-Cap-Martin à l’âge de 52 ans. Passionné par l’univers artistique, il intègre l’École des Beaux-Arts de Paris et commence sa carrière d’illustrateur très rapidement, en proposant des dessins et caricatures à des journaux populaires comme L’Assiette au Beurre, Le Rire ou encore La Baïonnette. La rencontre avec Paul Poiret a été un véritablement tournant dans sa carrière puisqu’elle a renforcé son intérêt pour le monde de la mode. Iribe était donc à la fois illustrateur, dessinateur, designer, décorateur et directeur artistique. Aujourd’hui encore, il est reconnu comme l’une des figures les plus importantes de l’Art Déco.

Une carrière très riche

Après avoir proposé des caricatures et des dessins, Paul Iribe a diversifié son répertoire dans les années 1910 en proposant des illustrations de mode, de design pour le théâtre, de bijoux ou encore d’intérieurs. Très impliqué dans l’univers de la mode, il a publié à de nombreuses reprises dans la Gazette du bon ton, journal de mode de luxe en édition limitée et a d’ailleurs été l’une des premières figures de la mode française à travailler à Hollywood. Mais l’artiste a également su s’intéresser à d’autres sujets comme la décoration d’intérieur, le mobilier, les arts décoratifs ou encore la joaillerie. Au cours de sa carrière, Paul Iribe a donc eu l’occasion de créer des textiles pour le designer André Groult ou encore des bijoux pour Coco Chanel.

Une esthétique particulière

Pour se distinguer des illustrateurs et des artistes de son temps, Paul Iribe a proposé une œuvre avant-gardiste et très moderne. À travers ses créations, il a su allier le mouvement Art déco à la peinture japonaise afin de singulariser son style. Ce sont ces idées particulièrement modernes qui ont favorisé la popularisation de la ligne de vêtement de Paul Poiret, créateur de mode avec lequel Iribe a longtemps travaillé. Également dans ses réalisations de décoration d’intérieur, l’artiste a suivi le courant de l’Art Nouveau en proposant des formes fluides s’illustrant à travers ses poufs ou encore ses tissus lamés. Paul Iribe a largement contribué au mouvement de l’Art Nouveau.

Œuvres de Paul Iribe

DESSIN-AQUARELLE

  • Le canapé vert, 19 x 19 cm, 1909
  • Nijinsky, 31 x 30 cm, 1910
  • Dans la haute société, 22 x 21 cm, 1911
  • Autoportrait, 30 x 25 cm, 1915
  • The Audacious Note of Modernism in the Boudoir, pour Vogue, 22,5 x 20,9, 1919
  • Autoportrait, pour Le Témoin, 58 x 41 cm
  • Élégant au théâtre, 19,2 x 19,2 cm
  • Trois roses, 33 x 16 cm
  • Nu au repos (Coco Chanel), pour Le Témoin, 28 x 40 cm
  • Le nouveau-né, 30,5 x 40,5 cm
  • Rupture, 36 x 31 cm
  • La loge, 20 x 20,5 cm
  • Les garrotades, 28 x 22 cm
  • Les cancans, 36 x 31 cm

MOBILIER

  • Commode, 82 x 54,5 x 33 cm, 1912
  • Bergère, 122 x 95 x 86 cm, 1912/13
  • Fauteuil nautile, 107 x74 x 82 cm, 1913
  • Meuble cabinet, 178,4 x 128,6 x 37,5 cm, 1913
  • Commode, 144 x 60 x 33,3 cm, 1914
  • Table à deux plateaux ovales, 84,5 cm, 1914
  • Meuble d’appui, 126,5 x 68,5 x 38,5 cm, 1914
  • Tabouret tripode, 57 x 50 cm, 1914
  • Fauteuil, 70,2 x 63,5 x 82,9 cm, 1914
  • Guéridon, 71 x 45 cm, 1914
  • Méridienne, 89,5 x 177,5 x 100 cm, 1914
  • Meuble cabinet surmonté d’une sculpture d’élégante assise dans le fauteuil, 157 x 40 x 34 cm, 1915
  • Secrétaire à pente, 110 x 80 x 47,5 cm, 1925

ESTAMPE-MULTIPLE

  • Les robes de P. Poiret, 1908
  • Mademoiselle Madeleine Carlier, 160 x 88 cm, 1910
  • L’éventail et la fourrure chez Pasquin, 1911
  • Nicolas, Carte des vins, 28 x 27 cm, 1930
  • Vins Nicolas — Blanc & Rouge, 33 x 26 cm, 1930
  • Vins Nicolas — Trois brochures promotionnelles, 32,5 x 26 cm, 1930/32
  • Vins Nicolas, 25,2 x 32 cm, 1930/32
  • Vins Nicolas – Rose & Noir, 1931
  • À la France, 35 x 23 cm, 1934
  • Normandie – French Line, 31 x 24 cm, 1935

Une œuvre présentée aux quatre coins du monde

EXPOSITIONS

  • Treasures from India : Jewels from the Al Thani Collection, Metropolitan Museum of Art, 2014-2015
  • Paul Iribe, de l’Art Nouveau à l’Art Déco, Galerie Vallois, Paris, 2016
  • Art Déco : Graphic Design from Paris, Musée des Arts et Métiers, Hambourg, 2018

MUSÉES

  • Metropolitan Museum of Art, New York
  • Centre Pompidou, Paris
  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Bröhan-Museum, Berlin
  • Musée Grévin, Paris
  • Musée du Luxembourg
  • Musée Basque et de l’histoire de Bayonne
  • Musée d’Orsay, Paris
  • Musée Jacquemart-André, Paris

FONDATIONS

  • Fondation Europeana
  • Fondation Septentrion
  • Fondation Louis Jou

Les principaux ouvrages sur Paul Iribe

  • Raymond Bachollet, Daniel Bordet, Anne-Claude Lelieur, Paul Iribe, précurseur de l’Art déco, 1883-1935, préface d’Edmond Charles-Roux, Paris, Denoël, 1982 , rééd. Amis de la Bibliothèque, 1996
  • Françoise Denoyelle, La Lumière de Paris : Les usages de la photographie 1919-1939, Paris/Montréal, L’Harmattan, coll. « Champs visuels/Beaux-Arts », 1997.

Expertise et Estimation des œuvres de Paul Iribe

Certaines œuvres de Paul Iribe sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Paul Iribe afin d’établir une estimation de votre pièce. N’hésitez pas à également consulter notre page dédiée aux prix de vente des œuvres de Paul Iribe pour en savoir plus sur sa cote.

René LALIQUE

René Lalique est né en avril 1860 dans la Marne et décédé en mai 1945 à Paris à l’âge de 85 ans. Passionné par la nature et par le dessin, le jeune homme intègre l’atelier du bijoutier Louis Aucoc en 1876 en tant qu’apprenti. Il décide ensuite de poursuivre ses études à l’École des Arts décoratifs de Paris puis en Angleterre à la Crystal Palace Art School. Lorsqu’il revient en France, René Lalique s’installe à son compte en tant que dessinateur et fournit de grands bijoutiers avant de reprendre l’atelier du joailler Jules Destapes et de lancer sa carrière. Ses créations étonnantes de bijoux, de flacons de parfum, de vases et d’autres objets l’ont rendu particulièrement célèbre.

Des bijoux modernes et audacieux

Le talent de René Lalique s’est surtout illustré à travers son style innovant. En effet, l’artiste s’est affranchi des codes de la tradition joaillière et s’est laissé aller à des influences de l’Antiquité et du japonisme pour réaliser ses bijoux. Contrairement à ce qui est alors d’usage, Lalique décide de mettre la matière au centre de ses créations. Il va donc choisir ses matériaux avec précaution et en fonction de ce qu’ils dégagent pour obtenir des rendus harmonieux lorsqu’ils sont associés à des pierres précieuses. L’or, la nacre, l’ivoire ou encore le verre font partie de ses matériaux de prédilection. On retrouve également de la modernité au niveau des sources d’inspiration du bijoutier puisque c’est son admiration pour le corps féminin et pour la nature qui vont lui inspirer ses pièces de joaillerie.

Un verrier hors pair

Le travail du verre et de l’émail a occupé un pan très important de la carrière de René Lalique. Il va explorer les possibilités offertes par ces matériaux en produisant dès 1907 des flacons de parfum pour François Coty qu’il va dessiner en fonction des fragrances qu’ils sont destinés à recevoir. La collaboration entre les deux hommes marque un véritable tournant dans l’histoire de l’industrie de la parfumerie. Quelques années plus tard, René Lalique ira jusqu’à se consacrer entièrement à des techniques de production industrielle du verre en louant puis en achetant la verrerie de Combs-la-Ville. Il expérimente alors tous les aspects du verre de sa transparence à ses reflets et passant par son opacité. René Lalique a ainsi porté un regard nouveau et unique sur le matériau qu’est le verre.

Œuvres de René Lalique

 

OBJETS

  • Gobelet Scarabées Rhinocéros, 15,8 x 9 cm, 1897/99
  • Boîte modèle Au lierre, 2,5 x 5 cm, 1902
  • Flacon de parfum Les Sirènes, 10 cm, 1905
  • Vase Deux Cigales, 32 cm, 1912
  • Vase Trois figures d’hommes, 22 cm, 1913
  • Miroir ovale Deux Roses, 65 x 43 cm, 1913
  • Vase Baies de Cornouiller, 21,3 cm, 1914
  • Vase Cluny No. 961, 26,4 cm, 1925
  • Montre Le jour et la nuit, 37,5 x 32,5 cm, 1926
  • Vase Palestre, 40,1 cm, 1928
  • Vase Ronde d’enfants, 26,7 cm, 1930

SCULPTURE-VOLUME

  • Femme ailée, 98,5 x 9 x 104,7 cm, 1899/1900
  • Balustrade femme ailée, 99,5 x 81 x 41 cm, 1900
  • Panneau D’Angelots, 50 x 34,5 cm, 1900
  • Clip émail et diamants, Papillon de Nuit, 9,6 x 5 cm, 1900
  • Figure de femme et guirlande de fleurs, 44,5 cm, 1903
  • Corps d’hommes entrelacés, 5 x 19 cm, 1903/05
  • Bandeau verre, émail et diamants Pensées, 31,5 cm, 1904/05
  • Grand Nue Bras Levés, 59 cm, 1921
  • Mascotte automobile Comète, 19 cm, 1925
  • Mascotte automobile Tête de Bélier, 10 cm, 1930
  • Mascotte automobile Renard No. 1182, 8 x 12 cm, 1930

LUMINAIRE

  • Applique Au blé, 67 x 45 x 20,5 cm, 1908
  • Lampe de table Paons, 42,5 x 21 cm, 1910
  • Chandelier Fruits No. 2259, 148 x 114 cm, 1913
  • Chandelier La Chasse, 82,6 x 111,1 cm, 1913
  • Lampe de table Raisins, 35 cm, 1927
  • Plafonnier Madagascar No. 2481, 33 cm, 1928
  • Lampe de table Grand dépôt, 53,3 cm, 1928
  • Plafonnier Ananas et grenades, 48,9 x 154 x 22,5 cm, 1929
  • Suspension, 38 cm, 1930
  • Luminaire Yeso , 33,6 x 52,1 x 51,1 cm, 1930
  • Luminaire Tulipes, 43,2 x 76,2 x 14,6 cm, 1930
  • Lustre Alger II, 130 x 65,5 cm, 1930

René Lalique, un artiste reconnu à l’international

EXPOSITIONS

  • Beauté impérissable : Bijoux Art Nouveau, Musée des Beaux-Arts, Boston, 2008
  • Luxe artistique : Fabergé, Tiffany, Lalique, Légion d’honneur, Musées des Beaux-arts, San Francisco, 2009
  • Célébrer le verre : en l’honneur du 50e anniversaire du mouvement américain Studio Glass, Musée d’Art de Columbus, Ohio, 2012
  • Perles, V&A Londres, Londres, 2013-2014
  • Concevoir pour un nouveau siècle : œuvres sur papier de Lalique et de ses contemporains, Le Musée du Verre Corning, New York, 2015
  • Méduse : bijoux et tabous, Musée d’Art moderne de Paris, 2017
  • René Lalique : Enchanté par le verre, Musée d’Art Chrysler, Virginie, 2018
  • Invités d’été. Bijoux Contemporains au Portugal, Musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne, 2019

MUSÉES

  • Lalique Museum, Doesburg
  • Musée Lalique, Winger-sur-Moder
  • Musée d’Art classique de Mougins
  • Musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne
  • Victoria and Albert Museum, Londres
  • Rijksmuseum, Amsterdam
  • Schmuckmuseum, Pforzheim

FONDATION

  • Fondation Calouste Gulbenkian

Principales publications sur René Lalique

  • René Lalique, bijoux de verre (1991), coédité par le Musée des Arts décoratifs et la Réunion des musées nationaux
  • Yvonne Brunhammer, René Lalique, inventeur du bijou moderne, Éditions Gallimard, coll. « Découvertes Hors-série », 2007
  • Lalique, hors-série de l’Objet d’Art, n° 29, mars 2007
  • Félix Marcilhac, Catalogue raisonné de l’œuvre de verre de René Lalique, Éditions de l’Amateur, 2010
  • Lennart Booiji, De ontvangst van het werk van René Lalique (1860-1945) in Nederland, thèse, Éditions Leiden 2013
  • Victor Arwas, Paul Greenhalgh, Dominique Morel et Marc Restellini, L’Art Nouveau, la Révolution décorative, Éditions Pinacothèque de Paris/Skira, 2013
  • Véronique Brumm, Le génie du verre, la magie du cristal, Coédition 5 Continents/ Musée Lalique, 2017

Expertise et Estimation des œuvres de René Lalique

Certaines œuvres de René Lalique sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de René Lalique afin d’établir une estimation de votre pièce.

LE CORBUSIER

Le Corbusier est né sous le nom de Charles-Edouard Jeanneret en octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds (canton de Neuchâtel en Suisse) et décédé en août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin à l’âge de 77 ans. Descendant d’une lignée d’artisans, le jeune homme intègre en 1900 l’École d’Art de La Chaux-de-Fonds où il apprend l’art de l’émaillage et de la gravure. Il poursuit ensuite sa formation aux côtés de Charles l’Eplattenier qui l’accueille au sein de son atelier et le convainc d’étudier l’architecture. Le Corbusier construit donc sa première maison en 1907 avant de réaliser une série de voyages en Europe durant lesquels il rencontre des artistes et des architectes qui influenceront son travail. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des représentants les plus importants du mouvement moderne. 

Les débuts du purisme

Durant les premières années de sa carrière, Le Corbusier réalise des gravures afin de marcher dans les pas de son père. Souhaitant devenir peintre, il se rapproche ensuite d’Amédée Ozenfant qui va l’initier à cette pratique. Ensemble, ils rédigent « Après le cubisme » (1918) qui pose les bases du purisme, style qui se définit par des formes simples et une plastique parfaite. Les thèmes que les deux artistes s’emploient à mettre en avant sont ceux de la femme ou encore des objets du quotidien comme les bouteilles, les guitares, etc. Ils encrent les livres qu’ils représentent avec des contours très précis et des compositions stables inspirées des dessins d’architecture. Aussi, les œuvres alors réalisées par Le Corbusier sont reconnaissables à leurs couleurs sourdes posées en aplat. Le purisme sera abandonné par les artistes en 1925.

Un legs important à l’architecture moderne

La production artistique de Le Corbusier a été très riche : gravures, dessins, peintures, pièces de mobilier (dont certaines sont encore éditées par la maison Cassina) et créations architecturales comptent parmi ses réalisations. Cependant, l’artiste est surtout connu pour l’héritage architectural qu’il a laissé derrière lui. L’architecture moderne qu’il définit repose sur des fondements très similaires à ceux du purisme qu’il avait jadis créé avec Ozenfant. Le Corbusier travaille principalement l’acier et le béton et utilise des formes géométriques élémentaires. Il image ainsi plusieurs maisons préfabriquées à travers lesquelles il mêle héritage et modernité. Les édifices pensés par Le Corbusier sont présents sur quatre continents et dans près de douze pays.

Œuvres de Le Corbusier

ESTAMPE-MULTIPLE

  • Femme et nature morte, 65 x 50 cm, 1932
  • La femme rose, 68,5 x 98,5 cm, 1932/61
  • Portrait, 83 x 66 cm, 1940
  • Les Musiciennes, 70 x 100 cm, 1951/59
  • Étude de Femme Rouge et Pelote Verte, 21 x 14 cm, 1953
  • Le Poème de l’angle droit, 47 x 37 cm, 1955
  • Petites Confidences, 56,7 x 45,7 cm, 1957
  • Bouteilles, 68 x 87,5 cm, 1960
  • Cortège, 70,9 x 103 cm, 1960/62
  • Série Panurge, 56 x 45,5 cm, 1961/62
  • Vagues, 47 x 47 cm, 1962
  • Totem, 72,5 x 80,5 cm, 1963
  • Unité, Planche 19, 41,7 x 31,7 cm, 1963
  • Unité, 41,8 x 31,6 cm, 1963/65

DESSIN-AQUARELLE

  • Nature morte verticale, 72,6 x 59,5 cm, 1922
  • Still Life, 66 x 53 cm, 1922
  • Héliopolis, 57 x 85 cm, 1924
  • Deux femmes, 59,7 x 47 cm, 1932
  • Deux femmes à l’épuisette, 20,8 x 30,5 cm, 1936
  • Famille Cocasse, 41 x 53 cm, 1946
  • Icône et nature morte, 53,8 x 40,9 cm, 1946
  • Quatre femmes autour d’une table, 50 x 65 cm, 1950
  • Quatre musiciens, 21,6 x 27,9 cm, 1950
  • Jambes et femme oiseau, 53,5 x 64 cm, 1953/55
  • Femme et corsage, 42,5 x 52 cm, 1958
  • Deux femmes fantasques, 68,2 x 97,5 cm, 1961
  • Femme de face aux seins nus, 79,5 x 50 cm, 1963
  • Icône 48/54, 106 x 65,5 cm, 1965

MOBILIER

  • Bureau de dame, 80 x 77,5 x 70 cm, 1916
  • Maquette de la Cité Radieuse, Marseille, 172 x 30 x 30 cm, 1947
  • Armoire, 209,5 x 148,5 x 42 cm, 1950
  • Ensemble : canapé, 2 chauffeuses, 1955
  • Unité d’habitation stools, 33 x 43,5 x 27,5 cm, 1955
  • Table basse, tronc d’arbre, 44,5 x 85 cm, 1956
  • Tabouret LC 14, 43,2 x 25,4 x 33 cm, 1956/59
  • Bureau Boomerang, 74,5 x 355 x 130 cm, 1959
  • Tabouret Trois dimensions, créé pour le pavillon du Brésil et de la Cité Universitaire Internationale de Paris, 43 x 33 x 24,5 cm, 1959
  • Large and rare table, from the Institute of Indology, Ahmedadad, India, 75,7 x 244,3 x 121,8 cm, 1960

Le Corbusier, un artiste au legs important

EXPOSITIONS

  • Le Corbusier, Galerie Bartha & Senarclens, Genève, 2006
  • Le Corbusier : l’art de l’architecture, Cathédrale métropolitaine du Christ-Roi, Liverpool, 2008-2009
  • Le Corbusier – L’art de l’architecture, Galerie d’art de la Barbacane, Londres, 2009
  • Anthony Ames, architecte : Paysages résidentiels, Haut Musée d’Art, Atlanta, 2009
  • Zlín : la ville modèle du modernisme, Pinakothek der Moderne, Munich, 2009-2010
  • Le Corbusier : entre deux mondes, Musée Oscar Niemeyer, Curitiba, 2009-2010
  • Un leurre à part Allure Apart – The Otolith Group, Bétonsalon, Paris, 2011
  • Georges Sanchez-Calderon : La famille de l’homme, Collection de La Cruz, Miami, 2011
  • Le Corbusier : Chandigarh, Centre National des Arts Contemporains, Nijni Novgorod, 2012
  • Monacopole, Nouveau Musée National de Monaco, Monte Carlo, 2013
  • Série annuelle de design de l’Institut suisse, New York, 2014

MUSÉES

  • Musée National des Beaux-Arts de l’Occident, Taito-Ku
  • Musée Soulages, Rodez

FONDATION

  • Fondation Le Corbusier

Principales publications sur Le Corbusier

  • Maurice Besset, Qui était Le Corbusier ?, Éditions Skira, 1968
  • Charles Jencks, Le Corbusier and the tragic view of architecture, Éditions Penguin Books, Londres, 1973
  • Tim Benton, Les villas de Le Corbusier 1920-1930, Éditions Philippe Sers, 1984
  • Kenneth Frampton, Le Corbusier, Éditions Hazan, 1997
  • Charles Jencks, Le Corbusier and the continual revolution in architecture, The Monacelli Press, New York, 2000
  • Karim Basbous, Avant l’œuvre, Les éditions de l’imprimeur, coll. « Tranches de ville », 2005
  • Jean-Jacques Duval, Le Corbusier, l’écorceur et la fleur, Éditions du Linteau, 2006
  • Charles Bueb, Ronchamp, Le Corbusier, Éditions Facteur Humain, 2015
  • François Chaslin, Un Corbusier, Éditions du Seuil (collection Fiction & Cie), 2015

Expertise et Estimation des œuvres de Le Corbusier

Certaines œuvres de Le Corbusier sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Le Corbusier afin d’établir une estimation de votre pièce. N’hésitez pas à consulter notre page dédiée aux prix de vente de Le Corbusier pour en savoir plus sur sa cote

Eileen GRAY

Eileen Gray est née en août 1878 au Royaume-Uni et décédée en octobre 1976 en France à l’âge de 98 ans. La jeune femme s’intéresse à l’art de manière assez tardive puisque ce n’est qu’en 1898 qu’elle se lance dans la peinture et intègre plus tard la Slade School of Fine Art, l’Académie Colarossi puis l’Académie Julian. Fascinée par la laque, Eileen Gray complète son enseignement par une formation en ébénisterie et en laquage avant d’ouvrir sa propre galerie Jean Désert en 1922. À l’époque, elle est une artiste très appréciée et elle devient d’ailleurs une des principales figures des nouvelles théories révolutionnaires du design et de la construction.

Une grande maîtrise de la technique de laquage

À partir de 1907, Eileen Gray s’installe à Paris où elle découvre la technique de laquage. Intriguée, elle décide d’étudier cette pratique sous la direction de l’artisan japonais Seizo Sugawara. Au fil du temps, la jeune femme acquiert de solides bases et s’approprie même la technique. En effet, après s’être intéressée à la technique élégante et minimaliste de la laque rouge, elle décide de fusionner cette technique de l’artisanat japonais traditionnel avec les principes géométriques d’un mouvement abstrait néerlandais. Cette combinaison audacieuse donne naissance à des pièces épurées et abstraites avec quelques détails figuratifs comme des personnes ou des animaux. Le travail d’Eileen Gray a rapidement attiré l’attention de l’avant-garde.

L’architecture, une deuxième contribution importante

Entre 1920 et 1930, Eileen Gray dédie une grande partie de sa carrière au design et à la réalisation de meuble, car à l’époque, l’architecture n’est pour elle qu’une distraction. À partir des années 40, l’artiste se consacre davantage à cette pratique. Sans aucune formation en architecture, elle conçoit deux maisons dont la plus connue est une villa en bord de mer à Roquebrune-Cap-Martin en France : E-1027. Se démarquant des codes de design et d’architecture de l’époque, Eileen Gray propose des intérieurs qui allient murs fixes et mobiles et abritent des meubles ajustés ou inclinés. Les différentes constructions réalisées par Gray ont durablement marqué l’histoire du design moderne.

Œuvres de Eileen Gray

MOBILIER

  • Fauteuil Sirène, 87,5 x 62 x 51 cm, 1913
  • Enfilade, 93 x 225 x 50,8 cm, 1915/17
  • Table console, 72,5 x 189,7 x 65 cm, 1917/18
  • Fauteuils aux dragons, 61 x 91 x 67 cm, 1917/19
  • Bibliothèque, 84,7 x 320 x 34,5 cm, 1918/20
  • Console, 65 x 154,5 x 41,5 cm, 1920
  • Paravent à six feuilles, 1993 x 257 x 1,5 cm, 1921/23
  • Blocs de canapé, 52,3 x 88,7 x 40 cm, 1923
  • Paravent Briques, 212 x 160 cm, 1923
  • Lit Persan, 69,5 x 207 x 101 cm, 1924
  • Fauteuil Bibendum, 63 x 88 x 76 cm, 1926/29
  • Table d’appoint, pour E-1027, 62 x 50 cm, 1926/29
  • Fauteuil Transat, 74,3 x 54,6 x 88,2 cm, 1927/30
  • Tête de lit et bibliothèque murale, 1930

LUMINAIRE

  • Lampe de table, 44,5 cm, 1920
  • Suspension lampion, 32 cm, 1922
  • Lampe de sol, 186,8 cm, 43,2 cm, 1923
  • Lampadaire sculpture, 157 cm, 1922/24
  • Lampe d’ambiance, piètement à deux montants asymétriques, 53,5 cm, 1922/25
  • Suspension Satellite, 135 cm, 1925
  • Tube light, 104 cm, 1927
  • Suspension Aéroplane, 20 cm, 1930
  • Lampe de bureau, 44 cm, 1930
  • Lampe de bureau Jumo, 41 cm, 1934
  • Lampe de table, 40,5 cm, 1935
  • Lampe de table Stream Line, 37 x 44 x 30 cm, 1950

OBJET

  • Boîte, 10,5 x 10 cm, 1910
  • Vase, 31 x 49 cm, 1920
  • Assiette, 16 cm, 1920
  • Serre-livres, 10,5 x 16 cm, 1920
  • Miroir Satellite 90 x 73 cm, 1927
  • Miroir  Castellar, 63 x 56 cm, 1927

Eileen Gray, une artiste connue

EXPOSITIONS

  • Eileen Gray, MoMA, New York, 1980
  • Eileen Gray, Centre Pompidou, Paris, 2013
  • Eileen Gray, Galerie Jacques Devos, Paris, 2014
  • Eileen Gray : Perpetual Movement, Bard Graduate Center Gallery, 2020
  • Eileen Gray, National Museum of Ireland, MoMA, New York, 2020
  • Making and Momentum In Conversation with Eileen Gray, National Museum of Dublin, 2021
  • Eileen Gray, Institut basque d’architecture, Saint-Sébastien, 2021
  • Eileen Gray : E.1027, Total Work of Art, Museum Nacional de Arte Contemporânea do Chiado, Portugal, 2021-2022

MUSÉES

  • Centre Pompidou, Paris
  • Musée des Arts Décoratifs, Paris

Les principales publications sur Eileen Gray

  • Le Salon de la Société des Artistes décorateurs, Art et Décoration, 1913, p.91
  • An Artist in Lacquer, Vogue, 1917, p.29
  • L’Art urbain et le mobilier au Son d’Automne, Art et Décoration, 1923, p.78
  • Jean Badovici,  Eileen Gray. Meubles en intérieurs, vol.6, n° 6, 1924
  • Un temple pour l’art moderne, l’appartement de M.J.D., Femina, Paris, janvier 1925
  • Une installation de Claude Lévy, Art et Décoration, Paris, 1931, p. 83-86
  • Brigitte Loye, Eileen Gray 1879-1976, éditions Connivences, 1984, (préface de Michel Raynaud, La beauté du geste)
  • Eileen Gray, Jean Badovici, De l’éclectisme au doute, éditions Altamira, 1994
  • Carolina Constant (trad. de l’anglais), Eileen Gray, Londres/Paris, Phaidon, 2003
  • Brenda Martin et Penny Sparke, Women’s places : architecture and design 180-1960, 2003, 178 p.
  • Peter Adam, Eileen Gray : Sa vie, son œuvre, éditions de La Différence, 2012

Expertise et Estimation des œuvres d’Eileen Gray

Certaines œuvres d’Eileen Gray sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres d’Eileen Gray afin d’établir une estimation de votre pièce. N’hésitez pas à également consulter notre page dédiée aux prix de vente des œuvres d’Eileen Gray pour en savoir plus sur sa cote.

Marcel COARD

Marcel Coard est né en juin 1889 et décédé en octobre 1974 à l’âge de 85 ans. Passionné par l’art depuis son plus jeune âge, le jeune homme décide d’intégrer l’École des Beaux-Arts de Paris contre l’avis de son père, afin d’y étudier l’architecture. Marcel Coard est repéré en 1914 par Jacques Doucet qui prend alors sous son aile plusieurs designers débutants. Ce dernier va l’aider à émerger sur le devant de la scène en lui commandant un intérieur qui en impressionnera plus d’un. Ainsi révélé au grand public, Marcel Coard va très rapidement acquérir de la notoriété et devenir un des artisans les plus prisés de son temps.

Un hommage aux arts africains et océaniens

Au début de sa carrière, la plupart des œuvres du designer sont inspirées des antiquités du XVIIIe siècle. Mais lorsque Jacques Doucet passe à Marcel Coard sa commande d’intérieur, une de ses exigences et de pouvoir retrouver dans les propositions du designer des arts primitifs. C’est une des premières fois où Coard est donc confronté à ces influences, bien éloignées de l’Art Déco alors en vogue. Le designer va ainsi développer une esthétique à la fois rustique et complexe et ne travailler qu’avec des ébénistes réputés qui sont à la hauteur de ses attentes. Marcel Coard aura également l’occasion de produire des vitrines censées abriter ces œuvres d’influence africaine et océanienne.

Une influence cubiste

En plus de l’intérêt qu’il porte aux arts primitifs, on distingue dans le travail de Marcel Coard une certaine influence cubiste. En effet, les réalisations de l’artiste révèlent un travail particulier des lignes et des formes : les créations modernes de Coard revêtent des formes nouvelles et saisissantes, parfois même géométrisées, et des lignes souvent très fines. Cette esthétique donne aux réalisations de l’artiste un aspect particulièrement élégant. De même, au niveau du choix des couleurs, Marcel Coard s’imprègne des nuances franches que l’on retrouve chez certains peintres cubistes comme Picasso ou encore Rousseau. Une de ses œuvres fait d’ailleurs particulièrement écho au tableau Les Demoiselles d’Avignon.

Une technique particulière

Dans la continuité de son iconographie avant-gardiste, Marcel Coard veille à utiliser des matériaux nobles et précieux. L’ébène de macassar, la nacre, la peau de serpent, le miroir teinté ou encore le galuchat sont autant de matériaux exotiques que le designer se plaît à exploiter dans son travail. Grâce à ces nouvelles textures, Marcel Coard expérimente des effets visuels et tactiles sans précédent. Il a également eu l’occasion de se prêter au jeu d’une technique qui consiste à recouvrir des surfaces (anneau, toile, table,…) de coquilles d’œuf écrasées et réduites en particules. Tout au long de sa carrière, le designer est parvenu à créer la surprise dans chacune de ses œuvres. La rencontre de ses influences primitives et cubistes ainsi que sa maîtrise de techniques avant-gardistes sont autant d’éléments qui rendent le travail de Marcel Coard si reconnaissable.

Œuvres de Marcel Coard

MOBILIER

  • Fauteuil cubique, 73 x 63 x 78 cm, 1920
  • Armchair, 73 x 62,8 x 78,1 cm, 1920
  • Commode à deux vantaux, 105,6 x 120,3 x 50 cm, 1920
  • Important Canapé Gondole, 92,3 x 247,5 x 87 cm, 1925
  • Meuble à trois corps, 145 x 178 x 50 cm, 1925
  • Important drinks cabinet, 80,6 x 35,2 x 35,2, 1925
  • Guéridon, 65 x 49,7 cm, 1925
  • Low Table, 45,8 x 69, 44 cm, 1925
  • Tabourets, 56,5 x 80 x 43 cm, 1926/32
  • An Important Cabinet, 178 x 99,7 x 43,2 cm, 1928/29
  • Table console, 90 x 200 x 49 c, 1928
  • Pair of armchairs, 85 x 62,2 x 55 cm, 1929
  • Benches, 59x 150 x 29 cm, 1932
  • Commode de dame, 84,5 x 120,5 x 40,5 cm, 1935
  • Meuble de collectionneur, 112,5 x 74 x 54,5 cm, 1935
  • Table de salle à manger, 77 x 117 cm, 1940
  • Guéridon de forme ovale, 77 x 65 x 52 cm, 1927

Un succès resté français

MUSÉES

  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Virginia Museum of Fine Arts, États-Unis
  • Musée de Reims, Reims

FONDATIONS

  • Fondation Juan March
  • Fondation Pierre Bergé — Yves Saint Laurent

Les principaux ouvrages sur Marcel Coard

A. Duncan, Art Deco Complete: The Definitive Guide to the Decorative Arts of the 1920s and 1930s, 2009, p. 353

A. Marcilhac, Marcel Coard Décorateur, 2012, p.155

Expertise et Estimation des œuvres de Marcel Coard

Certaines œuvres de Marcel Coard sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Marcel Coard afin d’établir une estimation de votre pièce.

Pierre CHAREAU

Pierre Chareau est né en août 1883 à Bordeaux et décédé en août 1950 dans l’État de New York aux États-Unis à l’âge de 67 ans. Sans aucune formation académique, le jeune intègre la branche parisienne de la firme Waring and Gillow et s’initie alors à l’architecture et au design. Fort de son expérience, Chareau installe sa propre agence dès 1919. Il reçoit alors de nombreuses commandes et lorsqu’il expose pour la première fois au Salon d’Automne, son travail est largement apprécié. En quelques années, Pierre Chareau passe de designer autodidacte à membre des Congrès Internationaux d’architecture moderne (CIAM) et de l’Union des artistes modernes (UAM).

Des meubles avant tout fonctionnels

Pierre Chareau s’est surtout fait connaître grâce à sa production de meubles. S’éloignant de l’héritage Art déco à l’époque en vogue, sa création mobilière est assujettie aux exigences de la vie moderne. Ainsi, en proposant des meubles avec des plateaux pivotants, des mécanismes de roulement à billes, etc., Chareau veut créer des meubles dont le design est parfaitement compatible avec leur fonction. Il utilise pour ce faire des éléments standardisés et des matériaux habituellement utilisés dans l’industrie, pour créer une réelle architecture technologique qui répond aux besoins avec précision.

La maison de verre

Dès 1927, Pierre Chareau débute la création de sa « Maison de verre » qui est à ce jour une de ses dernières créations encore disponible. Construite en collaboration avec Bernard Bijvoet, cette construction est le premier bâtiment réalisé par le designer. La maison de verre regroupe en son sein toutes les compétences de Chareau à savoir l’architecture, le design et le travail du meuble, et les luminaires. Elle est l’expression même de sa maîtrise des espaces dynamiques, des parois de verre et du travail de la lumière. En effet, ses choix de matériaux et la manière dont il les place avec ingéniosité lui permettent d’assurer un important éclairage naturel. À ce jour, la « Maison de verre » de Pierre Chareau reste une référence incontournable en architecture et en design.

Œuvres de Pierre Chareau

MOBILIER

  • Fauteuils « MF 208/217 », 84 x 69,5 x 63 cm, 1923
  • Table « MB 106 », à quatre éléments, 63 x 66 x 106 cm, 1924
  • Table « MB 106 », variante à deux éléments, 50,5 x 53,5 x 89 cm, 1924
  • Fauteuils « MF 172 », 65,5 x 77,5 x 78 cm, 1924
  • Tabouret curule « SN 1 », 36 x 50 x 33 cm, 1925
  • Table de jeu de mouchoir « MB 241A », 67 x 145 x 104 cm, 1926
  • Tabourets de bar « MT 300 », 90 x 41,5 x 34,5 cm, 1927
  • Bureau « MB 744 », 98 x 131 x 47, 1927
  • Bergère « MF 1002 », 100 x 69 x 52,5 cm, 1924/27
  • Bureau « MB 624 », 97,3 x 183 x 77,5 cm, 1929
  • Table basse, 42,5 x 79 x 30 cm, 1930
  • Coiffeuse « MS 419 », 166,5 x 162 x 40,5 cm, 1930
  • Vestiaire « SN 39 », 211 X 90 X 52,7 cm, 1932
  • Table « SN 4 », 60 x 63,3 x 61 cm, 1932

LUMINAIRE

  • Lampe « LP 180 », dit aussi masque, 28,5 x 26 x 21,5 cm, 1922/23
  • « Religieuse » floor stamp SN 31, 180 cm, 1923
  • Suspension à trois bras de lumière, 30 x 45 cm, 1923
  • Lampe « LP 180 », dite Masque, 28 x 26 x 21,5 cm, 1924
  • « Petite religieuse » Table Lamp, 40,6 x 40,6 cm, 1924
  • Lustre LT53, 94 x 33 x 16,5 cm, 1926
  • Rampes lumineuses, 22,5 x 58,5 x 22 cm, 1926
  • Lampadaire « SN31 », dit aussi la Religieuse, 187,5 x 50 cm, 1928
  • Lampadaire SN 31 dit « Grande Religieuse », 187 x 39 x 30 cm, 1928

OBJET

  • Cimaises à tableaux, 1921/23
  • Jardinière « PF 35 », 104 x 46,5 x 49 cm, 1923
  • Paravent « Les Arlequins » à quatre feuilles, 174,5 cm, 1924
  • Lettrage du Club House de Beauvallon, 41 x 59,5 cm, 1927
  • Paravent à trois feuilles, 161 cm, 1922/28
  • Porte plantes, modèle PF 35, 104 cm, 1928
  • Miroir éclairant « MG 311 », 80 x 33 x 7 cm, 1929
  • Rare vase PF213, 72,5 cm, 1930
  • Serre-livres, 1930
  • Porte-lettres avec support pour encrier, 17 x 15 x 10 cm, 1930
  • Table diabolo « SN 14 », 62,6 x 63,3, 1932

Pierre Chareau, un artiste reconnu

EXPOSITIONS

  • L’Exposition Internationale des Arts Décoratifs, Paris, 1925
  • Cubist and Abstract Art, MoMA, 1936
  • Pierre Chareau : Modern Architecture and Design, Jewish Museum, New York, 2016/17
  • How Should We Live? Propositions for the modern Interior, MoMA, 2016/17
  • 513: Design for Modern Life, Collection gallery MoMA, 2019/21

MUSÉES

  • Musée des Arts Décoratifs, Paris
  • Jewish Museum, New York
  • Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris 

FONDATION

  • Graham Fondation

Principaux ouvrages sur Pierre Chareau

  • Olivier Cinqualbre, Pierre Chareau : La Maison de verre, 1928 – 1933, Jean-Michel Place, 2001, 61 p.
  • Collectif, Pierre Chareau architecte, un art intérieur, Centre Pompidou, 1933, 223 p.
  • Marc Vellay et Keneth Frampton, Pierre Chareau : Architecte-meublier, 1883-1950, Éd. du Regard, 1984, 339 p.
  • René Herbst et Francis Jourdain, Un inventeur, l’architecte Pierre Chareau, 1954
  • Fernando Montes, Pierre Chareau with Bernard Bijvoet : Maison Dalsace (Maison de verre), A.D.A. Edita, 1977
  • Charlotte Fiell et Peter Fiell, Design of the 20th Century, Cologne, Tashen, 1999
  • Pierre Guénégan, préface de Susan L. Ball, Le Purisme & son influence internationale – annuaire de 50 artistes emblématiques, Éd. Lanwell & Leeds Ltd, St Alban, Hertfordshire, 2019

Expertise et Estimation des œuvres de Pierre Chareau

Certaines œuvres de Pierre Chareau sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Pierre Chareau afin d’établir une estimation de votre pièce.

Georges JOUVE

Georges Jouve est un céramiste français du XXème siècle à la personnalité solaire. C’était un homme d’une grande inventivité, audacieux, drôle et spirituel. Ses œuvres reflètent aisément son élégance et sa simplicité.

Une formation en sculpture et en architecture

Georges Jouve débute à l’école Boulle entre 1927 et 1930. Il y étudie la sculpture et découvre les techniques du métier. Il affirme sa personnalité en suivant ou en rejetant les méthodes enseignées. C’est dans cette école que le surnom d’Apollon lui sera donné.

Il poursuit sa formation à l’Académie Julian où il suit des cours de peinture qui lui apportent une certaine aisance dans la réalisation de ses croquis.

Puis, vient l’époque de la Grande Chaumière où il envisage une carrière d’architecte d’intérieur. Il y rencontre Rémy Hétreau, Jean-Denis Malclès, François Ganeau et développe son don pour la création avec liberté et humour.

Il se marie le 2 Juillet 1936  avec Jacqueline (née Claude, Denise Degrange), rencontrée à Marlotte, chez leurs amis Mouveau, un an auparavant. Ils emménagent rue Poultier, juste à côté du clocher de l’église Saint-Louis en l’Isle. En 1937 naît leur première fille, Catherine.

Les débuts de la céramique 

En 1941, pendant l’occupation, la famille Jouve se réfugie à Nyons, dans la Drôme, où les grands-parents de Jacqueline ont une maison. Ils choisissent néanmoins de garder leur liberté et d’avoir leur propre logis.

Nyons est un lieu connu pour sa production de santons, proche de Dieulefit, ville de tradition de poterie depuis l’époque gallo-romaine. 

Jouve s’essaie à la céramique, d’abord pour gagner sa vie. Il se passionne très vite pour cet art. Il va chercher de la terre de Dieulefit, l’émaille avec de l’alquifoux (sulfure de plomb naturel), comme le veut la tradition provençale, puis la modèle dans son atelier de Nyons. Les couleurs sont limitées au vert, au jaune et à l’aubergine. Il retourne ensuite faire cuire ses pièces à l’atelier Courtier, à Dieulefit. Tout cela à bicyclette, ce qui occasionne beaucoup de casse dans les objets qu’il a créés. 

En 1943, il s’installe avec sa famille, agrandie de deux petits garçons, Félicien et Antoine, à Dieulefit grâce à l’aide de Courtier. Dieulefit est un lieu qui abrite beaucoup de réfugiés. Avant de trouver leur propre foyer, ils logent dans la maison de famille de Marguerite Soubeyran avec des personnalités tels qu’Henri-Pierre Roché, Etienne Martin et Emmanuel Mounier. Il commence par faire des essais avec un modeste four à bois et modèle environ 160 pièces. Ce sont des œuvres à la ligne épurée, inspirées du nature, souvent religieuses : vierges, bénitiers, retables, personnages et animaux, vases, bouteilles et miroirs.

Puis il va s’atteler vers des travaux plus importants tel que son autel religieux en alquifoux.

Désormais, il cuit ses poteries au four électrique aux environs de 1000 degrés.

Jouve préfère le modelage au tournage pour l’exécution de ses pièces, pouvant ainsi garder un certain contrôle sur leur fabrication. Il aime les formes pures et il est soucieux de leur harmonie. Il puise son inspiration dans la nature, laisse son imagination et sa fantaisie le guider.

L’ère féconde de la poterie à Dieulefit touche à sa fin en 1944. Jouve construit maintenant avec de la glaise. Il commande de la terre et observe qu’il est aisé de la façonner comme un matériau “sans avoir jamais à la maltraiter car la terre est douce et lisse, on a des devoirs envers elle”. 

Il crée aussi des céramiques ornementales et aime susciter les objets qui s’intègrent dans une architecture (cheminées, fontaines, cadrans solaires).

Il vend ses créations sur place ainsi qu’à la galerie l’Arcade à Paris. En 1944, il envoie des pièces au Salon de l’imagerie qui a lieu au Pavillon de Marsan. Il est remarqué par Jacques Adnet, architecte, designer.

Jouve et le design

Une fois les Allemands en retrait, la famille Jouve rentre à Paris en septembre 1944 accompagnée de Clara et Florence Malraux.

Là, la famille investit dans un four Druel et Jouve abandonne l’alquifoux pour des émaux plus riches et plus sobres : blancs denses ornés parfois de quelques décors polychromes, couvertes laiteuses, noirs au cuivre à peine satiné proche de l’ardoise, des émaux aux décors gras et colorés à l’exception du rouge qu’il ne pouvait pas réaliser.

Ils s’installent une fois la guerre terminée dans une maison avec un petit atelier au fond du jardin, rue de la Tombe Issoire, dans le 14ème arrondissement. En 1948, naît leur fille Mirabelle.

Chez les Jouve, on reçoit beaucoup d’amis à dîner. Jacqueline est célèbre pour sa cuisine, l’ambiance est très chaleureuse. Jean-Denis Malclès et les anciens de l’école Boulle y viennent souvent. Ils fréquentent aussi la Rhumerie, boulevard Saint Germain et la Closerie des Lilas. Le couple croise régulièrement Alexandre Noll et Arbus.

Jouve s’exerce à des expériences sur les formes. Il est très attaché à l’équilibre entre les vides et les pleins afin de mettre en valeur sa pièce.

C’est l’époque des fameux cendriers « pattes d’ours », coupes « bananes », appliques murales, vases, pichets, lampes.

Il effectue des recherches sur des effets de matières (lisse, craquelé) et de couleurs, notamment le noir évoquant le bucchero nero  des poteries étrusques du XIIème au Vème siècle avant J.-C. (poteries en terracotta fines et légères).

Il expose en 1949 au Salon des artistes décorateurs. La galerie La Demeure le représente à Paris et son nom est désormais connu à l’étranger grâce à de nombreuses expositions.

Le grès de Puisaye 

En 1953 La famille Jouve s’installe chez leurs amis Norbert et Jeanne Pierlot qui ont acquis 2 ans plus tôt le château de Ratilly, dans l’Yonne. Ils travaillent ensemble dans leur atelier de céramique et créent des pièces en grès de Puisaye. Le grès présente de nombreux avantages : il cuit sans se dissocier, se transforme, se réduit et se resserre.

La recherche de l’épure

La famille rentre pour une courte durée à Paris avant de s’installer à Aix en Provence, au Pigonnet. Là encore, ils forment un petit groupe d’amis, toujours liés aux métiers de la décoration.

Ses préférences vont aux objets moins usuels, voire parfaitement inutiles, à partir desquels il s’est mis à inventer des formes plastiques indépendantes, abstraites, tout en restant éloigné de toute abstraction théorique. Son sentiment de la forme, il le trouve à chaque fois dans son inépuisable productivité, dans l’œuvre même de ses mains.

En 1956, Jouve séjourne à Ratilly chez les Pierlot où il participe à la grande exposition Tapisseries et Céramiques organisée le 2 juin au château.

Jouve s’oriente vers des formes plus importantes et collabore avec de nombreux architectes. Les objets s’épurent : sphères, cônes, cylindres, vases, bouteilles et coupes.

Il expérimente le Surcuit à 1150 degrés. La technique consiste à changer l’aspect de l’émail en surcuisant la pièce. La couleur et la forme se modifient. Jouve cherche à rendre ses créations plus vivantes, moins géométriques.

En 1959, il participe au Salon des artistes décorateurs, représenté par la galerie la Demeure.

La famille déménage à Aix en Provence, aux Marronniers, en 1963 au moment de la maladie de Georges Jouve. Il est atteint de saturnisme à la suite d’une pulvérisation d’émaux à base de plomb qui eut lieu dans son atelier du 14ème. Il s’éteint en 1964 des suites de sa maladie.

Œuvres de Georges Jouve

Sources

De BEYRIE Catherine et Stéphane, Georges Jouve, A la lumière d’Apollon, Collection Catherine et Stéphane de Beyrie, 2021

JOUSSE Patricia et Philippe, Georges Jouve, Jousse entreprise, 2005

FARE Michel, Georges Jouve, Arts et Industrie, 1965

Expertise et Estimation des œuvres de Georges Jouve

Certaines œuvres de Georges Jouve sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Georges Jouve afin d’établir une estimation de votre pièce.

Jean DESPRÉS

Jean Després a grandi à Avallon, dans l’Yonne, au sein d’une famille d’artisans verriers. Ses qualités de dessinateur sont très vite remarquées.
À 14 ans, il rejoint Paris où il est apprenti chez un orfèvre du marais. Il suit des cours de dessin et acquiert des techniques qui lui permettront d’exprimer sa sensibilité. Il fréquente Montmartre et le cercle des jeunes artistes. Au Bateau-Lavoir, il se lie d’amitié avec Georges Braque.

L’influence de l’aviation

Durant la première guerre mondiale, Jean Després travaille dans l’aviation, dessine des moteurs d’avions et pense à de nouvelles créations.
Dans les années 20, il reprend le magasin de ses parents à Avallon et y monte son atelier.
Il se rend régulièrement à Paris, principalement pour participer à des Salons. “Les cahiers à Paris, le marteau à Avallon” aimait-il dire.
Il crée des bijoux moteurs aux formes pures inspirées des pièces de la mécanique aéronautique, dans le courant de l’avant-garde.
Des années folles aux temps modernes, il puise son inspiration aux sources de son terroir et se nourrit de l’histoire du siècle.

Le goût de l’épure

Après la première guerre mondiale, Jean Després est à la recherche de nouvelles formes, de nouveaux matériaux. Son style est plus carré, plus net, plus limpide. Ses bijoux s’apparentent à des sculptures.
À la suite des années folles la blancheur domine dans la décoration, la mode, et le bijou. Després se fait l’interprète de la mode dite “note blanche” par Georges Fouquet en recourant largement à l’argent et au platine.
Son œuvre ne se limite pas aux bijoux. Il travaille avec le peintre et graveur Étienne Cournault et avec le céramiste Jean Mayodon. Il crée des pièces d’art de la table, des reliures et des objets liturgiques.
Reconnu très tôt comme l’un des principaux protagonistes du bijou moderne, il puise son inspiration dans les rouages mécaniques d’une nouvelle époque. Il a été l’un des plus grands rénovateurs du travail de l’étain et de l’argent dans les années 1930.

Un orfèvre avant-gardiste

Résolument moderne, le style de Jean Després est toujours en parfaite résonnance avec notre époque. Ses œuvres illustrent l’élégance et l’esprit inventif des années folles. Il s’est parfaitement acclimaté au foisonnement artistique qui a accompagné le progrès des techniques, révolutionnant à sa manière la mode.
Jean Després était reconnu pour créer des œuvres aux lignes harmonieuses et pour la qualité de leur exécution.
Il a été récompensé par de nombreux prix et a acquit de son vivant une renommée internationale.

Œuvres réalisées par Jean Després

Expertise et Estimation des œuvres de Jean Després

Les experts de Barnie’s sont à même de se déplacer rapidement dans la cadre d’une expertise et de vous proposer une estimation fiable. Les bijoux de Jean Després réalisés dans les années 30 ainsi que ses belles ménagères sont particulièrement recherchés.

N’hésitez pas à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Jean Després.

Jean ROYÈRE

Il est peu commun de voir une carrière si talentueuse commencer aussi tardivement, c’est en effet à partir de 1931 que Jean Royère décide d’embrasser la carrière de designer. C’est à l’âge de 29 ans qu’il va abandonner sa carrière dans la banque et dans l’exportation, une situation confortable mais à laquelle il se résiliera pour entamer une nouvelle aventure.

Un changement de carrière

Ce créateur de mobilier arrive dans le métier sans aucune formation préalable, sa principale motivation : l’envie et le goût pour la décoration. Avec le bar du Carlton sur les Champs Elysées, il va commencer sa carrière avec succès ce qui lui permettra par la suite de collaborer avec de grands designers tel que Pierre Gouffé. C’est avec ce dernier qu’il se lancera dans la création de meubles originaux mais surtout de grande qualité comme par exemple la chambre à coucher en placage de sycomore.

Un travail à l’image de son créateur

Issu d’un milieu aisé, l’artiste n’hésite pas à participer régulièrement aux grands salons parisiens tels que Le Salon d’Automne ou le Salon des Artistes Décorateurs. C’est notamment grâce à ces différents salons que Royère acquiert une notoriété internationale. L’œuvre de celui-ci reflète le créateur, elle est fantaisiste, issue d’un travail acharné, décomplexé et à l’image de l’aventure qui l’attend.

Utiliser les matières à bon escient

Ce décorateur hors pair a su marquer les esprits par l’utilisation de matériaux variés respectant les envies de ses clients. Il se plonge dans les décors pour ainsi y intégrer les plus belles pièces. Mélangeant bois et stratifié, notamment dans l’élaboration de la table trèfle, ou encore bois et marqueterie de paille pour les buffets. Ainsi, il porte ses conceptions hors des sentiers battus et va s’enrichir de nombreuses expériences. Aujourd’hui Barnie’s recherche et rachète les pièces de mobilier de Jean Royère, tels que tables, tables basses, fauteuils et canapés signés de l’artiste.

Un registre ornemental en lien avec l’équilibre des formes

Mais le mobilier Jean Royère c’est également le design et le mariage des formes et des matières retrouvées dans les paires de fauteuils bridges écussons ou dans ses banquettes croisillons. Les créations de l’artiste sont épurées et reflète un soucis de l’esthétisme unique. Le décorateur réussi son pari en intégrant une note poétique tout au long de son œuvre, il va élaborer une série de luminaire, dont celui liane en tube de métal, marquant un tournant pour l’époque. Il y a dans les créations de cet artiste un désir de structurer les meubles, de penser l’ornement et de le mettre en corrélation avec la fonctionnalité. Pour toutes ses raison Barnie’s se déplace en France et s’occupe de l’estimation gratuite de toutes œuvres de Jean Royère. Barnie’s achète comptant et sans commissions toutes les pièces de mobiliers ou luminaires de l’artiste.

Expertise et estimation des œuvres de Jean Royère

Nous recherchons activement les meubles signés par Royère. Contactez Barnie’s pour faire expertiser ces œuvres par notre équipe de professionnels qui vous fourniront rapidement une estimation de votre œuvre de Jean Royère.

Mélange des matières et finesse des détails s’expriment dans l’ouvrage de Jean Royère. Une des pièces les plus représentative de cet attrait pour le mélange des matériaux est la « table démontable (table Mod. 506 S.A.M.) de 1951« . Le « « Fauteuil Bridge« ” en est également une belle représentation, avec ses accoudoirs en moleskine.

Œuvres réalisées par Jean Royère

Mobilier design

Jean Royère, un designer incontournable des plus grands Salons européens et internationaux du XXe siècle

Expositions

  • 1934, 1935, 1943 : Salon d’Automne, Paris, France
  • 1935, 1942, 1954, 1959 : Salon des artistes décorateurs, Paris, France
  • 1936 : Salon des arts ménagers : Grand Palais, Paris, France
  • 1936 : Biennale de Milan, Milan, Italie
  • 1937 : Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne, Paris, France
  • 1939 : Exposition « De l’idée à la forme » Palais Galliera, Paris, France
  • 1949 : Exposition « Formes françaises » Maison de France, Rockefeller Center, New York, États-Unis
  • 1951 : Exposition « Foyer d’aujourd’hui » Salon des arts ménagers, Paris, France
  • 1952 : Exposition « le Génie de Paris », Musée des Arts décoratifs, Paris, France
  • 1952 : Exposition « Le Génie français », Revue Art et industrie, Paris, France
  • 1953 : Exposition « La Demeure Joyeuse Paul Marrot et ses amis » Pavillon Marsan, Paris, France
  • 1954 : Exposition « Foyer d’aujourd’hui » Salon des arts ménagers, Paris, France
  • 1954 : Exposition des dessins de Jean Royère, Faculté des Beaux-Arts de Téhéran, Iran
  • 1963 : Exposition au mémorial Union Ballroom, New York, États-Unis
  • 1963 : Exposition de dessins à Neufchâtel et à La Chaux-de-Fonds, France
  • 1966 : Exposition « Décors insolites chez Tristan de Salazar », Hôtel de Sens, Paris, France
  • 1981 : Exposition « Paris-Paris 1937-1957 », Centre Georges Pompidou, Paris, France
  • 1995 : Exposition « Rêves d’alcôves. La chambre au cours des siècles. », Musée des Arts décoratifs, Paris, France

Musée

  • Musée des Arts décoratifs, Paris, France

Les principaux livres sur Jean Royère

  • BEAUD Marie-Claude, MARTIN-VIVIER Pierre-Emmanuel, OLIVIÉ Jean-Luc, RUBINI Constance, ROYÈRE Jean, Jean Royère, décorateur à Paris, éd. Norma, 1999, 174 p.
  • GAILLEMIN Jean-Louis, MARTIN-VIVIER Pierre-Emmanuel, Jean Royère, éd. Norma, 2018, 320 p.
  • MARTIN-VIVIER Pierre-Emmanuel, Jean Royère, éd. Norma, 2002, 316
  • OLIVIÉ Jean-Luc, Jean Royère, décorateur à Paris, éd. Norma, 1999, 174

Biographie complète : Jean Royère, décorateur : de la vocation tardive à l’évidence

Jean Royère, designer et dessinateur français de renom, est né le 3 juillet 1902 à Paris au sein d’une famille aisée. Son éducation classique et soutenue l’oriente, après un parcours scolaire classique, à étudier le droit. Il part pour l’Angleterre étudier à l’Université de Cambridge, avant de revenir à Paris à l’aube de ses 23 ans.

Sa vocation de décorateur ne se concrétise que grâce au soutien de Louis Metman, conservateur général du musée des Arts décoratifs, et de son oncle Jacques Raverat, avec qui il travaille jusqu’en 1931 dans une société d’import-export.

Les commandes commencent à affluer après que Jean Royère ait réalisé le décor du cabinet médical et de l’appartement du docteur Philippe Decourt. En 1933 il réalise également le décor d’une brasserie sur les Champs-Élysées à Paris : le Carlton. Le succès ne se fait pas attendre, le mobilier métal, Bakélite et rotin fait sensation, et un article de la revue Art et industrie souligne les débuts prometteurs de ce jeune décorateur.

L’année suivante, en 1934, Jean Royère fait la connaissance de Pierre Gouffé, un fabricant de mobilier de style au Faubourg Saint-Antoine. Le jeune décorateur créé du mobilier pour la section design de cette importante maison. La renommée ne tarde pas à venir, lorsque Jean Royère reçoit une médaille de bronze au salon d’automne de cette même année.

Son mobilier est alors caractérisé par des tubes et lattes en métal, très épurés. Ce mobilier habillera son premier atelier rue Passy à Paris, qu’il investit dès 1934.

En 1935, Jean Royère connait un nouveau succès au salon d’Automne avec sa conception d’un salon complet, composé de meubles dans les tons bruns, rehaussés de rideaux à fleurs. Il poursuit sur sa lancée avec la présentation d’un cabinet de travail ainsi que d’une véranda au Salon des artistes décorateurs.

En 1936, le décorateur participe au Salon des arts ménagers où il se distingue une fois de plus notamment grâce à la réalisation d’une chambre en bois laqué blanc, sur le thème de la « maison de week-end ». Plus tard il réalisera, en collaboration avec deux architectes, du mobilier produit en série renouant avec ses premiers amours : le métal.

La même année il remporte un concours organisé par la Fondation Foch, pour l’aménagement de 120 chambres pour les étudiantes infirmières de Suresnes. Ils se distinguent dans d’autres grands ensembles, avec, entre autres, la création de mobilier en série pour la cité d’Aplemont réalisée par l’architecte Jean Walter.

De décorateur à designer, entre influence venue d’ailleurs et retour à la Tradition

Jean Royère fait la rencontre de designers, notamment italiens, et scandinaves, comme Gio Ponti et Alvar Alto, à la triennale de Milan, qui auront une influence certaine sur ses projets. Jean Royère part pour les pays scandinaves, en Suède, en Norvège et au Danemark et raconte en ses termes son expérience du Design nordique « Et bien avant que les créations nordiques ne fussent connues en France, j’avais été très frappé par leurs techniques, leur goût, leur façon de concevoir le mobilier moderne en fonction de la vie actuelle… ».

Dès 1937 Jean Royère est reconnu par ses pairs ainsi que par les amateurs d’arts décoratifs comme une figure incontournable du design en France. L’exposition internationale des arts et techniques de la vie moderne se tient cette même année à Paris, l’occasion pour Jean Royère de déployer tous ces talents à travers la réalisation de nombreux ensembles pour les pavillons de l’exposition. Dix-sept en tout. Il réalise notamment les coins de repos pour l’hiver et pour l’été, pour le pavillon des artistes décorateurs. Ces deux ensembles marquent le point d’orgue de sa carrière, tant la critique l’encense.

Toujours présent au Salon d’Automne, Jean Royère présente pour la première fois son mobilier de la série « croisillon », qui est actuellement l’un des plus recherchés par les collectionneurs de Design. Devenu sociétaire au salon d’Automne, il l’est également au Salon des artistes décorateurs.

Jean Royère se lance dans la réalisation d’un grand projet pour l’appartement de son ami Henri Lazard. Ce dernier lui confie la décoration intérieure de tout son appartement. Ce chantier est le premier d’une longue série où les fauteuils en métal chromé ou laqué côtoient les tables en bois.

En 1939, Jean Royère expose au Salon des artistes décorateurs un boudoir qui marque un tournant dans sa création. Sont alors présentées de nombreuses pièces de mobilier qui font aujourd’hui sa renommée. Des fauteuils « éléphanteau », aux sièges « trèfle », une grande partie de ses meubles les plus connus y sont. Son style, d’une originalité moderne et subjective est critiquée par certains qui le qualifie de « baroque forain », laissant peu de chance au génie de s’exprimer.

La guerre est déclarée et Jean Royère se retrouve mobilisé comme maréchal des logis au fort de Charenton puis à Fontainebleau. Il sert l’effort de guerre d’une façon peu commune grâce à son métier. En 1940, il reprend ses activités de décorateur auprès de Pierre Gouffé. Résistant actif, il cache des civils et des aviateurs alliés.

Malgré les circonstances, Jean Royère continue de travailler sur des projets d’ensemble mobiliers rustiques, caractéristiques des attentes de l’époque et d’un retour à la sobriété dictée par ces temps difficiles.

L’année 1943 marque un tournant dans la carrière de Jean Royère. En pleine guerre mondiale, il ouvre un cabinet de décoration à Paris. Il continue de participer aux expositions et notamment au Salon d’Automne où il présente un meuble bas de rangement avec une technique de marqueterie de paille. Cette technique, utilisée au XIXe siècle pour couvrir des boîtes, coffrets et autres objets de petite taille est réintroduit par le designer. Les matériaux modestes et la technique artisanale n’enlèvent rien à la beauté moderne de ce meuble.

Les designers sont marqués par un retour à la Tradition en ces temps troublés et Jean Royère ne fait pas exception. Le mobilier rustique caractéristique des débuts de l’artiste n’a jamais réellement quitté ses projets. Jean Royère réalise des meubles en chêne massif notamment pour le 32e Salon des artistes décorateurs où il présente une salle à manger d’auberge rustique.

Au-delà des frontières, un designer à la renommée internationale

Bientôt l’art de Jean Royère s’exporte à l’international et notamment au Moyen-Orient auprès de riches commanditaires. En 1938, il réalise l’appartement du président de la Bourse du Caire. C’est le point de départ de plusieurs chantiers au Moyen-Orient, au Liban, en Égypte ou encore en Syrie. Durant les années de guerre, Jean Royère retourne en France pour se concentrer sur ses projets locaux avant de retrouver ses projets internationaux.

L’aspect international de la carrière de Jean Royère est très important. En 1946, le designer ouvre une galerie « Jean Royère et Aladin » au Caire, grâce au succès de ses collaborations au Proche et Moyen-Orient. Gabriel Chamma devient son représentant sur place, et présente via une exposition annuelle les nouvelles créations du designer via des maquettes ou des photos. L’année suivante, il ouvre une autre galerie à Saint-Tropez, puis à Beyrouth, fort de son succès à l’étranger.

En 1947, Jean Royère emploie ses talents à la décoration de l’ancien appartement de sa mère, du 234 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, dont il devient propriétaire. Le canapé « Boule » ainsi que ses premiers meubles biomorphiques font leur apparition. Il crée également le mobilier pour le « bureau d’une femme d’affaires » en tôle noire, avec des pastilles ivoire.

Le luxe et la fantaisie caractérisent le mobilier de Jean Royère. Cela se constate tantôt dans la création d’un mobilier luxueux en bois précieux, tantôt dans la réalisation de mobilier à poils longs et « canapé banane ».

L’apogée de sa carrière internationale se cristallise lorsqu’il réalise, en 1948, la décoration de l’ensemble des pièces de réception du consulat de France à Alexandrie. Sa fantaisie est alors limitée aux tapis et au grand lustre « hérisson », les meubles réalisés en bois précieux et bronze s’imposent pour la solennité d’un tel lieu. Il s’agit de sa première commande publique d’importance. Des pièces de réception, au vestibule, Jean Royère peaufine les moindres détails d’un aménagement global. Cette vitrine est d’une importance capitale pour le designer qui multiplie les chantiers en Égypte, notamment aux hôtels Sémiramis et Shepheard’s.

En 1949, Jean Royère installe son atelier au 182 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Sa galerie, plus grande que la précédente, lui permet non seulement d’exposer ses nouveautés, mais aussi les réalisations de certains de ses contemporains comme des laques de Bernard Dunand, ou encore les tapisseries de Jacques Anquetil.

La même année, Jean Royère présente au salon de l’imagerie, un projet de mobilier de jardin, en tubes métalliques, ainsi qu’une grande cheminée blanche. Peu connu aux États-Unis, contrairement à son succès au Moyen-Orient, Jean Royère ne réalise qu’un chantier en Amérique du Nord à l’ambassade du Koweït aux États-Unis.

De retour à Paris en 1950, Jean Royère réalise la décoration du restaurant Drouant à Paris, ainsi que plusieurs autres chantiers en France, et notamment dans les Alpes.

Jean Royère, ainsi que plusieurs autres décorateurs sont appelés à Helsinki, afin de décorer les logements de la légation de France sur place. Les salons sont confiés à Jean Royère, qui les meuble de tables basses aux pieds « sphères » et de fauteuils boule « polar bear » (ours polaire).

Jean Royère présente une chambre meublée de mobilier en rotin lors de l’exposition « Foyer d’aujourd’hui » au Salon des arts ménagers de 1951. Le designer se rend à tous les évènements d’importance en France comme à l’étranger et cette année-là il part à Milan pour l’exposition triennale et à Londres pour l’exposition d’art décoratif du festival.

En 1952, des meubles de Jean Royère sont pour la première fois présentés au Musée des Arts décoratifs de la ville de Paris, lors de l’exposition intitulée « Le Génie de Paris ». Il y présente une chambre de « jeunes gens » résolument moderne, où les bureaux en chêne qui pourraient paraitre rustiques sont animés de modernité grâce à une structure métallique laquée.

Jean Royère participe à la décoration du palace Le Capitole de Beyrouth, en 1953. De la salle de cinéma aux chambres, le designer laisse libre cours à son imagination, tantôt tintée de classicisme et de sobriété dans les chambres, tantôt de fantaisie comme dans les parties communes.

C’est en 1954 qu’est présenté pour la première fois le fauteuil « œuf » au Salon des arts ménagers, ainsi que la table basse de la série « flaque ». Ces deux modèles deviennent très vite des classiques du répertoire de Jean Royère.

L’orientation de sa carrière prend un tournant plus architectural avec le projet de villa californienne au Maroc, à Casablanca. À Téhéran, il organise une conférence sur le design d’intérieur et plus généralement sur l’architecture d’intérieur et y expose ses dessins. En Arabie Saoudite, Jean Royère participe à la décoration du Palais du roi Séoud d’Arabie à Djedda.

Le milieu des années 1950 marque la découverte de nouvelles créations comme la table basse au piétement « yo-yo » ou encore ses appliques lianes, appliques toute en légèreté, rappelant un célèbre dicton de l’art nouveau « Jetez la fleur, gardez la tige ».

À Bagdad il réalise en collaboration avec le ferronnier Raymond Subes, du mobilier en fer courbé. Ce mobilier pour l’Arab Bank est une nouvelle innovation dans son travail de recherche autour de la modernité.

Ses chantiers se multiplient à Jérusalem et Beyrouth, mais l’instabilité politique au Moyen-Orient le pousse à s’éloigner et construire un nouveau projet international : il part pour Lima afin de fonder avec André Castoriano (antiquaire péruvien), un magasin destiné à la décoration intérieure. L’année suivante il ouvre à Sao Paulo la galerie Esquisses.

En France, ses projets vont bon train. Le designer s’attelle à la décoration du bureau du président de la chambre de commerce du Havre. Parmi d’autres chantiers, celui-ci est empreint de sobriété, matérialisée par du mobilier de style néo-classique. Jean Royère réalise également des aménagements intérieurs pour le célèbre restaurant Le Fouquet’s des Champs-Élysées.

Toujours très implanté au Moyen-Orient, Jean Royère réalise pour le Shah d’Iran, la décoration de son palais de Sa’ad Abâd. Ce chantier consiste en l’aménagement de plusieurs pièces, dont deux salons et une salle de cinéma, ainsi que la décoration des appartements de ces sœurs. Les chantiers sont pharaoniques, ce qui ancre un peu plus le designer dans cette partie du monde.

Il ouvre une succursale à Téhéran, où il réalise la décoration du Park hôtel et le palais de Baharestan, qui est le nouveau Sénat. En 1959, on lui confie la décoration du Sénat de Téhéran, qui marque l’apogée de sa carrière au Moyen-Orient. Là il collabore notamment avec le célèbre ferronnier Gilbert Poillerat, pour la confection du mobilier et du décor dans son ensemble.

Des années 1960 à 1981 : entre création, nostalgie et hommage

 1959 marque l’année de sa dernière participation au Salon des artistes décorateurs. À cette occasion, Jean Royère présente un salon confortable, avec la présentation de ses lampadaires « liane », qui devient dès lors un classique de son répertoire de créations.

Jean Royère se fait construire une maison préfabriquée en 1960 dans la forêt de Marly, qui propose un échantillon de ses créations les plus célèbres. Il utilise cette maison comme lieu de réception pour ses clients, mais aussi pour ses amis.

En France, un nouveau chantier attend le designer en 1961 : l’aménagement des appartements privés du commandant du paquebot France. Il est alors associé à Jacques Lévy-Ravier, qu’il avait protégé 20 ans plus tôt lors de l’Occupation. Bientôt d’autres chantiers suivront comme la décoration du paquebot Mélusine, puis le chantier de l’hôtel Bristol à Paris.

Présent sur tous les fronts de la création, Jean Royère a écrit pendant quelques années, des articles sur le design pour des revues comme « Mobilier et décoration », et a publié des livres comme en 1970 un ouvrage intitulé « Harems et Pieds dorés » où il raconte ses voyages et ses rencontres avec les rois et princes du Moyen-Orient.

En 1966, lors de l’exposition intitulée « Décors insolites chez Tristan de Salazar », Jean Royère présente un échantillon des meubles qui ont fait son succès au cours des dernières années, dans un projet intitulé « Salon au 50e étage d’un immeuble à Manhattan, New York ». Des appliques « liane » au canapé « banane », tous les meubles reflètent les années de réflexion autour du design de ce créateur de génie.

Jean Royère se singularise par l’emploi de matériaux très divers comme la marqueterie de paille, le métal perforé ou laqué, ou encore les poils longs sur ses fauteuils et ses tapis. De tous les matériaux, mais aussi de toutes les formes, avec les célèbres formes « banane », « boule ». De ses chaises « trèfle », au fauteuil « éléphanteau », en passant par les tables basses roulantes, « sphère » ou les étagères en fil de fer, Jean Royère aura su exprimer son talent sous toutes les formes.

C’est en 1972 que Jean Royère prend congé de son métier de décorateur et s’installe définitivement aux États-Unis en 1980. Il met en vente une partie de son mobilier et lègue alors au Musée des arts décoratifs de la ville de Paris un grand nombre d’archives de son travail et un certain nombre de meubles parmi les plus iconiques.

Jean Royère meurt le 14 mai 1981 aux États-Unis. De nombreuses expositions lui ont rendu hommage depuis, au musée des Arts décoratifs de la ville de Paris, mais aussi dans les galeries parisiennes comme à la Galerie Sonnabend à New York en 2008.

Jean PROUVÉ

Fils du peintre et sculpteur Victor Prouvé, Jean Prouvé a su marquer son temps par la réalisation d’œuvres de ferronneries d’art. Né en 1901, à Paris, il suit une formation comme orfèvre chez Émile Robert, Enghien et Szabo à Paris. En créant l’Atelier Jean Prouvé en 1931, le designer va réaliser du mobilier en tôle d’acier plié puis des éléments d’architecture.

De la réalisation à la fonctionnalité

Jean Prouvé est un architecte et designer français dont le travail va exercer une influence significative sur la représentation des techniques de conception en terme de design et d’architecture. Il fréquenta notamment Pierre Jeanneret, Le Corbusier ou encore Charlotte Perriand et créera par la suite l’Union des Artistes Modernes (U.A.M). Le point commun entre ces différents artistes est une volonté de supprimer l’artificiel et d’allier la fonction à la fabrication. C’est dans ces conditions que Jean Prouvé va réussir à se faire connaître pour son esthétisme moderne et son élégance sans pareil.

Des débuts dans la ferronnerie

Suite à ses débuts dans la ferronnerie d’art, le créateur et designer va s’intéresser au façonnage de la tôle d’acier. Cette matière permet d’obtenir des sonorités graves presque caverneuses. C’est une matière qu’il va utiliser et grâce à laquelle il va développer tout une gamme de mobilier parmi lesquels on va pouvoir retrouver le bahut BA 11, les tables Cafétéria ainsi que les chaises Métropole. L’ensemble de ce mobilier est aujourd’hui reconnu comme étant le travail et l’accomplissement d’un homme empli de courage, un « ingénieur-ouvrier », un artiste, un architecte d’un talent exceptionnel.

Du design de mobilier à l’habitat industriel

Cet artiste est un grand défenseur des méthodes de production industrielle. Il va notamment utiliser des pièces de tôle pour fabriquer du mobilier. Il est aussi un grand architecte et va appliquer ses principes du design industriel à la fabrication de formes modulaires sur ses bâtiments. Tout au long de sa carrière Jean Prouvé va tester et expérimenter de nouvelles matières, de nouvelles techniques, de nouveaux composants. Tout ceci marquant une préoccupation de l’artiste pour intégrer le bâtiment à l’environnement.

Au travers des intrigues et des vicissitudes il est avant tout un créateur

Jean Prouvé est un parfait autodidacte qui a considérablement enrichi la vision du mobilier et de l’architecture moderne. Véritable artisan du métal en son temps, il dessinera de nombreux éléments de mobilier tels que ses emblématiques bureaux Dactylo, tables Compas, lits Flavigny, fauteuils Visiteur et chaises Standard.

Aujourd’hui, Barnie’s est considéré comme l’un des acteurs majeurs en ce qui concerne l’estimation de pièces de mobilier signés Jean Prouvé. Pour cette raison, nous nous mettons à votre disposition pour toute question ou tout achat d’œuvres dont nous saurons évaluer toute la valeur.

Œuvres réalisées par Jean Prouvé

Mobilier design

Jean Prouvé, les plus belles expositions, rétrospectives et collections privées d’un architecte de génie 

Expositions 

  • 1925, exposition Pavillon de Nancy, Exposition Universelle, Paris, France
  • 1954, exposition Pavillon du centenaire de l’aluminium, Villepinte, France
  • 1990, exposition « Jean Prouvé : constructeur, 1901-1984 », Centre Georges Pompidou, Paris, France
  • 2002, exposition « Trois structures », Nomadic Columbia University, États-Unis
  • 2005, exposition « Jean Prouvé : Trois structures Nomadic, » Pacific Design Center, Musée d’Art Contemporain, Los Angeles, États-Unis
  • 2006, exposition « Jean Prouvé : Une maison tropicale », Hammer Museum, Los Angeles, États-Unis
  • 2007, exposition « Jean Prouvé : La Poétique de l’objet technique », Weil am Rhein, Allemagne, puis Musée d’Art Moderne, Kamakura et Hayama, Deutsches Architekturmuseum, Francfort, Institut néerlandais d’architecture, Maastricht, Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt, Paris, Design Museum, Londres, et Museo dell’Ara Pacis, Rome (liste non-exhaustive)
  • 2008, exposition « Ateliers Jean Prouvé », Musée d’Art Moderne, New York, États-Unis
  • 2012, exposition « Jean Prouvé », Nancy, France
  • 2013, exposition « Une passion pour Jean Prouvé : Du mobilier à l’architecture », Pinacoteca Agnelli, Turin, Italie
  • 2018, exposition « Jean Prouvé : Architecte des Jours Meilleurs », Fondation Luma, Arles, France
  • 2018, exposition « Jean Prouvé : Nord-Sud », Marseille, France
  • 2019, exposition Jean Prouvé, « L’âme du métal », Château de La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade, France

Musées 

  • Musée d’Art moderne, San Francisco, États-Unis
  • Museum of Modern Art, New York, États-Unis
  • Musée des Beaux-Arts, Nancy, France
  • Musée de l’Histoire du Fer, Nancy, France
  • Musée Lorrain, Nancy, France
  • Maison Jean Prouvé, Nancy, France
  • Centre Georges Pompidou, Paris, France

Rétrospectives 

  • 1977, rétrospective de Jean Prouvé, École technique supérieure, Genève, Suisse
  • 1981, rétrospective Jean Prouvé, Musée de Rotterdam, Pays-Bas
  • 1991, rétrospective Jean Prouvé, Centre Georges Pompidou, Paris, France

Fondation 

  •  Fondation Luma, « Jean Prouvé – Architecte des jours meilleurs », 2018, Arles, France

Les principaux livres sur Jean Prouvé

  • CLAYSSEN Dominique, Jean Prouvé, L’idée constructive, éd. Dunod, 1983, 200 p.
  • COLEY Catherine, Jean Prouvé, éd. du Centre Georges Pompidou, 1993, 70 p.
  • COLEY Catherine et BIGNON Jean-Claude, Jean Prouvé, entre artisanat et industrie, éd. AMAL/École d’architecture de Nancy, deux volumes, 1990-1992.
  • DE MUGA Patricia, Jean Prouvé : Objects And Furniture Design, éd. Poligrafa, 2007, 128 p.
  • ENJOLRAS Christian, Jean Prouvé, les maisons de Meudon, éd. de La Villette, 2003, 224 p.
  • GRIZOT Alain, DELORENZO Antony, Jean Prouvé/Serge Mouille : Deux maîtres du métal, 1985, 170 p.
  • MARREY Bernard, La « mort » de Jean Prouvé, éd. Linteau, 2005, 58 p.
  • MARREY Bernard, L’abbé Pierre et Jean Prouvé, éd. Linteau, 2010, 80 p.
  • MOULIN François, Jean Prouvé, le Maître du métal, éd. La nuée bleue, 2001, 237 p.
  • NILS Peter, Prouvé, éd. Taschen, 2006, 96 p.
  • PHAIDON, Jean Prouvé, architect for better days, éd. Phaidon, 2018, 240 p.
  • SULZER Peter, Jean Prouvé, Œuvres complètes, éd. Birkhauser, deux tomes, 1999-2000.
  • SULZER Peter, Jean Prouvé highlights, éd. Birkhauser, 2002, 171 p.
  • TOUCHALEAUME Éric, Jean Prouvé, les maisons tropicales, 2007, éd. Galerie 54, 155 p.
  • VAN GEEST Jan, Les meubles de Jean Prouvé, éd. Taschen, 1991, 160 p.
  • VÉNACQUE Axel, Jean Prouvé, le pavillon du centenaire de l’aluminium, éd. Nouvelles Éditions Place, 2001, 61 p.

Biographie complète : Jean Prouvé, le bâtisseur d’avenir

Jean Émile Victor Prouvé est né le 8 avril 1901 à Paris. Son père, Victor Prouvé, était un artiste, notamment disciple du grand peintre Alexandre Cabanel. Jean Prouvé sera marqué tout au long de sa carrière par le travail de son père et surtout par son investissement pour la création de l’École de Nancy, qui marquera des générations d’artistes.

Jean Prouvé s’enrichit, dès son plus jeune âge, des préceptes de l’école de Nancy qui sont notamment la régénération des arts, l’introduction de nouvelles techniques de production et une plus grande accessibilité de l’art.

Très vite, la Première Guerre mondiale est déclarée. La ville de Nancy, sur le front Est, est particulièrement touchée. À la sortie de la guerre, la famille Prouvé, comme une grande partie des Français, est sans ressource. Le chef de famille, Victor, décide alors d’envoyer son fils aîné, Jean, en formation de ferronnerie chez Émile Robert dans la banlieue parisienne.

L’âge d’or de la ferronnerie et les débuts du mobilier signé Jean Prouvé

Le jeune homme se forge alors un solide bagage en ferronnerie auprès des ouvriers, devenant l’un des meilleurs apprentis d’Émile Robert. Sur recommandation de son maître, il part alors exercer ses talents dans le 18e arrondissement de Paris auprès de Raymond Subes. Loin d’être ménagé, le jeune homme deviendra pourtant un « élève prodige ».

En 1919, Jean Prouvé quitte les ateliers de Raymond Subes et se fait embaucher par Adalbert Szabo, chez qui il travaille jusqu’en 1921. À cette époque, la ville renait peu à peu de ses cendres, et la vie artistique et mondaine reprend des couleurs. Le Mouvement Art déco apparaît à cette époque et exploite le fer pour toute sorte d’ornements en architecture.

En 1918, Jean Prouvé reçoit sa première commande personnelle : une grille de jardin pour la propriété de Victor Guillaume, peintre et graveur, ami de son père. Cet élan artistique fut perturbé par son service militaire effectué de 1921 à 1923.

De retour sur la scène professionnelle et artistique, Jean Prouvé honore de nombreuses commandes comme une porte pour le monument aux morts de Remiremont, dans les Vosges. En 1924, le ferronnier ouvre son premier atelier à Nancy, grâce à l’aide financière de Saint-Just Péquart, un important négociant en quincaillerie. C’est aussi à cette époque que Jean Prouvé refuse le poste de directeur de l’atelier de ferronnerie de la célèbre Maison Gallé, car il doutait de l’avenir de l’Art nouveau.

Jean Prouvé épouse Madeleine Schott, qui lui donnera un garçon, Michel-Jean, malheureusement décédé huit mois après sa naissance. Traumatisés, les jeunes époux ne perdent pas espoir de fonder une grande famille. Ce qui sera chose faite avec la naissance de leurs cinq enfants.

Jean Prouvé, aidé par ses collaborateurs, produit des séries de lampadaires, de grilles forgées, des rampes d’escalier, et d’autres pièces qui rencontrent un certain succès. Il collabore notamment à l’aménagement du prestigieux hôtel Thiers de Nancy.

Le Nancéien adhère rapidement aux préceptes de Le Corbusier. Il renie l’ornementation dans l’architecture et le mobilier car cette décoration superflue nuirait selon lui à la lecture de l’objet.

En 1925, Jean Prouvé est désigné pour réaliser les portes du pavillon de Nancy à l’exposition des Arts Décoratifs de Paris. Remarqué par la critique et encensé dans les revues spécialisées, Jean Prouvé construit sa renommée autour d’un art qui lui est propre.

L’année suivante, le Nancéien collabore avec le célèbre architecte Robert Mallet-Stevens à la confection d’une grille pour l’un de ses chantiers, entraînant le jeune créateur dans la cour des grands.

Jean Prouvé travaille principalement à Paris et à Nancy. Il réalise notamment des chantiers pour les grandes brasseries des régions de l’Est de la France, ainsi que des palaces vosgiens. Il est alors encensé par les critiques pour son travail, moderne et fonctionnel, proche du concept de l’art total.

En 1930, Jean Prouvé est l’un des fondateurs de « l’Union des Artistes Modernes » (U.A.M.), qui entend diffuser l’art auprès du plus grand nombre, par l’association entre artiste et industriels. Cette même année, Jean Prouvé présente au Pavillon de Marsan à Paris ses premiers meubles dont une chaise et un grand fauteuil, tous deux inclinables.

Jean Prouvé se sent un peu à l’étroit dans son atelier, il déménage donc et créé « Les Ateliers Jean Prouvé ». Il embauche de nouveaux ouvriers et renouvelle son matériel. Directeur proche de ses collaborateurs, Jean Prouvé leur consent de nombreux avantages, qui seront maintenus même pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les années qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale furent florissantes pour Jean Prouvé qui multiplia les chantiers en France, notamment en collaboration avec les frères André, et Émile Ruhlmann.

Jean Prouvé décide de développer son activité dans le secteur du mobilier. Il crée notamment les tables « aéronautiques » basées sur les principes de construction des ailes d’un avion. Le créateur est en charge de l’aménagement de chambres, notamment pour l’université de Nancy en 1928, puis du lycée de garçons de Metz vers 1935. Des lits métalliques, aux étagères très fonctionnelles, rien n’est laissé au hasard dans cet ensemble très moderne. Aussi, il dessine la fameuse chaise Standard n° 4  qui connaîtra d’innombrables versions. Comme le disait Jean Prouvé lui-même « Construire un meuble est chose sérieuse, très sérieuse (…) ».

Jean Prouvé décide de protéger ses innovations en déposant une série de brevets techniques dans les années 1930. Dès 1934, fort de son succès, il doit répondre à un nombre important de commandes, rendant sa production semi-industrielle.

Les grands chantiers à l’épreuve de la Guerre

Jean Prouvé se déplace à l’étranger à l’occasion de chantiers comme en Algérie pour le palais du gouvernement, mais aussi aux États-Unis, pour la construction du pavillon français de l’Exposition universelle de New York, ou encore au Canada, pour la réalisation de l’hôtel de la légation française à Ottawa.

D’autres grands chantiers en France permettent d’asseoir sa notoriété. Notamment celui de l’hôpital de la Grande-Blanche à Lyon en collaboration avec l’architecte Tony Garnier, précurseur de l’urbanisme moderne. Jean Prouvé fournit des portes, des ascenseurs, des cache-radiateurs, des fenêtres à guillotine, mais aussi des poignées pour les portes coulissantes.

L’un des plus grands chantiers de Jean Prouvé reste la Maison du peuple de Clichy, en collaboration avec le duo d’architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods. Les premières études de cette réalisation remontent à 1935 et s’achèvent à la veille de la Seconde Guerre mondiale. L’ingénieur de l’opération est Vladimir Bodianski, avec qui Jean Prouvé développa des liens complices. Voulue comme un lieu d’échange et de convivialité, la maison de Clichy est un ensemble harmonieux où tout est mis en œuvre pour respecter un cahier des charges ambitieux. Franck Lloyd Wright, un célèbre architecte américain, venu visiter la maison de Clichy s’exclama « Aux États-Unis, nous n’en sommes pas là ! »

La guerre est déclarée. Jean Prouvé est contacté pour réaliser dans les plus brefs délais des unités d’habitation montables et démontables rapidement pour le front. Il en réalisera plusieurs centaines. Malgré l’occupation allemande et l’exil de sa famille en Bretagne, Jean Prouvé reste à la tête de son atelier jusqu’au bout.

Une nouvelle collaboration avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret se dessine pendant ces temps difficiles, mais le métal d’ordinaire utilisé par Jean Prouvé devient rare et cher. Le bois remplace alors ce matériau si précieux à l’œuvre de Jean Prouvé, car l’urgence et la situation de guerre rendent nécessaire ce changement.

Des petits bureaux, des tables et armoires sont confectionnés entièrement dans du chêne massif de bonne qualité. Les lignes de mobilier, notamment le fauteuil Visiteur et les grands chantiers se développent malgré ces temps troublés. Une autre production moins habituelle se développe en parallèle : des cadres de bicyclette ou des fours Pyrobal.

Acteur de la résistance, Jean Prouvé a confectionné des sabots métalliques pour faire dérailler les trains allemands et aurait participé à des actions nocturnes contre l’occupant. Il est proche de Charlotte Perriand, résistante de la première heure.

La reconstruction et l’usine de Maxéville

Devenu maire provisoire de la ville de Nancy à la libération et sans expérience politique, Jean Prouvé n’a pas de mal à se faire une place au sein de ses administrés, conquis par l’architecte aussi bien que par l’homme.

La priorité de Jean Prouvé reste la reconstruction des bâtiments détruits par les bombardements, l’éradication des bâtiments insalubres et la reconstruction de la ville autour de jardins. Il soumet ses projets au commissaire régional de la République qui en retiendra certains.

En mars 1945, Jean Prouvé est appelé à œuvrer à l’échelle nationale pour aider à la reconstruction du pays. Il collabore à ce projet titanesque de plus d’un million et demi de logements avec l’ingénieur Raoul Dautry. L’architecte réalise alors des Pavillons démontables 6×6 , constructions d’urgence pour répondre à la crise immédiate. Ces pavillons n’avaient pas vocation à durer dans le temps, mais certains datant de cette époque sont encore visibles dans l’est de la France.

Le projet de construction de l’usine de Maxéville avait été mûri depuis 1947. Le but de cette usine était d’assurer confortablement une production à grande échelle. Maxéville est situé dans la banlieue nord de Nancy, non loin d’axes de circulation importants, nécessaire à l’expédition et à la réception de pièces et matériaux.

Jean Prouvé, architecte de sa propre usine, démontre une fois de plus ses talents, sur une surface totale de 25 000 mètres carrés comprenant des ateliers de fabrication, et de stockage de matières premières.

Grâce à cette usine, des écoles préfabriquées, mais aussi de nombreux meubles, seront fabriqués par les deux cents employés du site. Les besoins toujours croissants d’après guerre poussent à la création en 1949, d’un atelier entièrement dédié à la fabrication de meubles en série.

Les ateliers de Jean Prouvé bénéficient alors du label « meubles de France » pour ses meubles démontables et transformables, en métal et en bois. Naissent alors ses modèles emblématiques comme son bureau Compas avec son piètement en équerre, le fauteuil Visiteur « version Kangourou » ou encore le bureau Présidence. De nombreux modèles de bahuts, tables basses, guéridons et grandes tables font leur apparition dans les lignes de production.

Jean Prouvé rencontre Steph Simon, ingénieur, qui devient son agent commercial. Ce dernier met en avant l’architecte dans des revues et des publicités dès 1951. Jamais loin de l’esthétique d’avant-guerre prôné par l’U.A.M. et de ses racines nancéiennes, Jean Prouvé continue à participer aux salons des Arts ménagers et des Arts Décoratifs, avec pour mot d’ordre : le fonctionnalisme.

L’autre credo de la production à Maxéville est celui des maisons usinées. En 1949, un accord avec le ministre Eugène Claudius-Petit permet à l’usine de s’enrichir d’une commande d’une douzaine de maisons pour la région parisienne, dans le quartier de Bellevue, à Meudon. En plus de cette commande, Jean Prouvé exposera les maisons Coques en 1951, au salon des Arts ménagers de Paris. Les espaces sont modulables grâce à des portes coulissantes entre le séjour et les chambres rendant l’intérieur de ces maisons, plus moderne que jamais.

L’architecte va également construire des maisons de vacances dans le Midi, notamment la Villa Dolander, face à la plage de Saint-Clair du Lavandou. Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1991.

Les projets architecturaux de Jean Prouvé sont nombreux et il se lancera, entre autres, dans la réalisation de deux maisons de type Métropole pour le comité interprofessionnel du logement à Tourcoing dans le Nord de la France.

En plus des logements, Jean Prouvé poursuit la réalisation de nombreux ensembles scolaires, fort de ses précédentes expériences dans le domaine. Les commandes de l’éducation nationale affluent pour l’école de Vantoux en Moselle classée Monument Historique en 2001, ou encore une école maternelle à Martigues.

Entre affront et renouveau

En 1952, Jean Prouvé, en désaccord avec son actionnaire principal « l’Aluminium français », sur la manière dont la société doit être gérée, est démis de ses fonctions. Il dira à ce stade de sa vie : « Je suis mort en 1952 ». L’architecte perd son usine, ses collaborateurs, ses brevets et jusqu’à sa propre raison sociale.

Si sa famille continue d’habiter à Nancy, Jean Prouvé situe son activité professionnelle à Paris afin de s’éloigner le plus possible de cet échec. En 1954, il s’associe à Michel Bataille, écrivain, Jean-Claude Aron, promoteur et Serge Kétoff, architecte, et crée une société appelée « Les constructions de Jean Prouvé ».

C’est à cette époque que Jean Prouvé crée le pavillon du centenaire de l’aluminium en collaboration avec Michel Hugonnet. Ce pavillon est plébiscité par les Parisiens qui se déplacent en nombre pour admirer cette manifestation du système constructif de l’architecte.

Sa société, bien que florissante, est absorbée par la Compagnie Industriels de Matériels de Transport. Jean Prouvé devient directeur du département de construction en bâtiments. Il accole son nom à l’entreprise et sa renommée en est décuplée. Les commandes affluent, il réalise des façades rideaux pour les lycées, les aéroports, etc. Et développe des techniques innovantes.

En 1954, Jean Prouvé décide de réaliser un rêve : construire sa propre maison dans sa ville natale, Nancy. La pièce principale de la maison sera le séjour, délimitée par de grandes baies vitrées. Les matériaux de prédilection de son art tels que le métal, la tôle, le verre et le bois seront utilisés pour la réaliser.

Deux ans plus tard, l’architecte s’atèle à la réalisation de la maison des « jours meilleurs » pour l’abbé Pierre, qui a vécu, tout comme Prouvé, la crise du logement d’après-guerre comme un véritable traumatisme. Jean Prouvé, proche des idées sociales défendues par cet altruiste réalise plusieurs maisons transportables et facilement modulables, pour loger les sans-abris.

Steph Simon, ancien agent commercial de Jean Prouvé signe avec ce dernier un contrat d’édition de meubles. Galerie incontournable du Paris moderne, la galerie Steph Simon exposera les travaux de Jean Prouvé jusque dans les années 1970.

En 1957, Jean Prouvé devient membre du Conservatoire national des arts et métiers. Pendant treize ans, l’architecte enseignera aux salariés en activité son savoir-faire. Il résume son enseignement par cette phrase « Il sera beaucoup dessiné, beaucoup démontré, parlé le moins possible ».

La révérence

Durant la décennie qui suivit, Prouvé occupe toujours son poste d’ingénieur-conseil et mène à terme de nombreux projets architecturaux, en accord avec ses aspirations artistiques muries depuis tant d’années. C’est également la décennie des récompenses. Il reçoit le prix Auguste Perret en 1963, puis est fait chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Au tout début des années 1960, bien qu’agnostique convaincu, Jean Prouvé s’attèle à la construction de lieux de culte en Moselle, en association avec l’architecte Eugène Voltz. Il conçoit trois églises, réalisées à partir d’une structure nomade.

Jean Prouvé conçoit également une maison appelée la maison Gauthier pour sa fille Françoise, son mari et leurs quatre enfants. Tout le savoir-faire du grand architecte transparaît dans cette maison.

Les années 1960 sont également marquées par la réalisation de stations de loisirs en montagne. Associé à Charlotte Perriand, il débute les travaux aux Arcs en Savoie. Un ensemble d’immeubles en copropriété comprenaient des logements d’une trentaine de mètres carrés, ainsi que des solariums.

De 1964 à 1967, Jean Prouvé aide à la réalisation de la tour Nobel sur les bords de la Seine. Et bien qu’il ne soit qu’un conseil dans ce projet, l’architecte restera dans l’histoire comme une figure marquante de cette architecture.

Depuis 1968 et jusqu’à sa mort en 1984, Jean Prouvé est à la tête d’un cabinet d’architecture, en tant qu’architecte-conseil indépendant. En 1971, Jean Prouvé défend le projet de réalisation du centre Georges Pompidou, de l’architecte Renzo Piano, en tant que président du jury du concours, et en tant qu’ancien professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Ce projet qualifié d’élégant et astucieux par le maître verra le jour le 31 janvier 1977.

Au début des années 1980, Jean Prouvé poursuit la quête qui a toujours était la sienne : réaliser des architectures et du mobilier économique, s’adressant au plus grand nombre mariant les qualités de fonctionnalité et d’économie.

Jean Prouvé meurt dans la nuit du 23 au 24 mars 1984, dans la ville qui l’a vu naître et dans la maison qu’il s’est construite, témoin de ses rêves et de la créativité de cet architecte de génie, maître du métal et bâtisseur d’avenir.

Jean Prouvé travailla également avec les architectes Jacques et Michel André la rénovation de bâtiment à Nancy comme le Zoo et le Musée des Beaux-Arts. Les projets architecturaux laissèrent place à de nombreuses collaborations pour du mobilier scolaire, ainsi que du mobilier de jardin et la conception des meubles de l’hôpital Solvay.

L’architecte poursuivit ses collaborations avec d’autres de ses pairs, comme Tony Garnier pour le chantier de l’hôpital de la Grande-Blanche à Lyon. Aussi, avec les architectes Eugène Baudouin et Marcel Lods pour l’un des plus grands chantiers de Jean Prouvé : la Maison du peuple de Clichy.

Outre les architectes et les ingénieurs, Jean Prouvé côtoie des hommes politiques, comme Eugène Claudius-Petit, connu pendant la résistance, avec qui il imagine et produit ses fameuses « maisons usinées ».

Ses collaborations furent multiples et fructueuses et restent le témoin d’une modernité prônée au-delà des divergences.

Expertise et Estimation des œuvres de Jean Prouvé

Certaines œuvres de Jean Prouvé sont très demandées sur le marché de l’art et peuvent se vendre à des prix importants. N’hésitez pas à contacter nos experts dans le cadre d’une expertise ou à consulter notre page dédiée à la cote des œuvres de Jean Prouvé afin d’établir une estimation de votre pièce. 

Line VAUTRIN

Surnommée la “poétesse du métal”, Line Vautrin est une artiste française guidée par sa volonté de liberté. Dotée de multiples talents, elle dessine, crée des bijoux et des objets de décoration. Née en 1913 à Paris, elle marquera son époque par sa volonté de ne pas se plier aux conventions artistiques de l’époque. C’est en qualité d’expert que Barnie’s vous propose d’estimer gratuitement vos bijoux et objets signés Line Vautrin.

Des débuts prometteurs

Née peu avant la guerre, cette créatrice commence à réaliser ses premières œuvres avant ses 21 ans. C’est notamment grâce à sa présence à l’Exposition universelle de 1937 qu’elle obtient une certaine notoriété. En présentant une collection de bijoux très diversifiée dans son stand, elle gagne en renommée et ouvre l’année suivante une boutique sur les Champs Elysées. L’engouement suscité par ses pièces uniques va participer à sa renommée et lui offrir une visibilité auprès d’une clientèle nouvelle.

Une recherche de la matière

Designer hors pair, elle va se concentrer sur la recherche d’une nouvelle substance grâce à laquelle elle réalisera un nouveau matériau qu’elle baptisera le “talosel”. Cette nouvelle matière va susciter l’intérêt de nombreux amateurs d’art mais aussi développer son œuvre. Line Vautrin va façonner, créer, faire chauffer cette nouvelle matière à base d’acétate de cellulose pour réaliser une grande partie de ses plus grandes œuvres. Des œuvres telles que le miroir coiffeuse nommé “Poisson” ou encore sa série de miroirs sorcières, agrémentés de figures ciselées, parmi lesquels “Charlemagne” ou encore “Soleil à pointes”. Cette artiste au grand pouvoir créateur offre ainsi une série d’objets d’art forts et complexes. Taille, matière, place et importance dans la carrière de la créatrice sont autant d’éléments indispensables à une bonne expertise d’œuvre d’art.

L’élégance et le raffinement

En tant que créatrice de bijoux, Line Vautrin s’essaie à de nouvelles techniques. Elle laisse libre cours à son imagination. Dans les années 40, elle élargit sa gamme, diversifie ses créations en créant notamment des boîtes en bronze tels que poudriers et piluliers. Incarnation d’un esprit de l’élégance, elle use des mots et des poèmes sur ses compositions. Donnant aux couvercles de petites boîtes dorées le luxe de l’esprit, elle réussit à confectionner des accessoires empreints d’élégances voire même de lyrismes comme par exemple lors de la réalisation d’un poudrier dont les mots “Pour toi mon amour” ornent cet accessoire de manière circulaire et raffinée, donnant une impression d’intimité.

Expertise et estimation des œuvres de Line Vautrin

Fondée en 2010, Barnie’s a pour vocation l’achat comptant d’œuvres d’art. Pour cette raison, nous nous proposons d’effectuer une estimation de vos œuvres de Line Vautrin. Nos équipes se déplacent rapidement pour réaliser une expertise de qualité des œuvres de la célèbre designer française.
Line Vautrin et ses œuvres anticonformistes sont très recherchées, comme son superbe “Miroir Soleil à Pointes N°2” qui présente un important travail des matières qui entourent le miroir et forment les rayons du soleil, aux reflets cuivrés. C’est surtout « La Lampe de Table Ananas de 1960 » qui incarne toute la personnalité décalée de la créatrice.

Œuvres réalisées par Line Vautrin

Miroir

Sculpture – objet

Les plus belles expositions de Line Vautrin

Expositions 

  • 1937, Exposition universelle de Paris, France
  • 1939, exposition au Salon des artistes décorateurs, Paris, France
  • Fin des années 1980 et début des années 1990 série d’expositions dont une au Victoria & Albert Museum, Londres, Angleterre

Rétrospective 

  • 1999, rétrospective « Secret de bijoux, Line Vautrin et onze créateurs d’aujourd’hui », Musée des Arts Décoratifs, Paris, France

Musées 

  • Musée des Arts Décoratifs, Paris, France
  • Victoria & Albert Museum, Londres, Angleterre

Line Vautrin, destin d’une créatrice, d’une parurière, à la modernité inégalée

Line Vautrin résume sa passion ainsi : « Qu’il s’agisse du métal, de l’émail ou de tout autre chose, j’aimais me “coltiner” avec la matière. J’aimais surtout inventer des histoires et les matérialiser à travers des formes diverses. L’infini s’ouvrait à moi…, seul manquait le temps ».

L’obstination et la passion pour guides : Line Vautrin, les débuts difficiles

Créatrice de bijoux et d’objets de décoration, designer et artiste avant tout, Line Vautrin est née à Paris, peu de temps avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le 28 avril 1913. Son père était fondeur et bronzier d’art au Faubourg Saint-Antoine à Paris. Elle explique avoir vécu dans l’odeur du cuivre et avoir eu envie de fondre de petits objets dès son plus jeune âge.

La question de son avenir ne se pose pas : Line Vautrin veut devenir artiste et créer de ses propres mains, loin de ses expériences professionnelles aliénantes comme chez Schiaparelli, une maison de création de mode.

Après d’autres expériences professionnelles comme la photographie industrielle, Line Vautrin réalise ses premiers bijoux fantaisie et décide de se mettre à son compte. Forte de l’expérience technique que lui a transmise son père, la jeune femme crée, cisèle, et dore ses premiers bijoux. L’artiste explique que son premier bracelet était un rond de serviette, agrandi et façonné à son goût.

Les premières années de création sont difficiles pour l’artiste. Line Vautrin fait du porte-à-porte dans les rues de Paris et de Londres pour présenter sa collection qui tient dans une petite valise. Ses modèles plaisent, mais on est encore loin du succès prêté à ses créations aujourd’hui. Souhaitant rester maître de son art, Line Vautrin refuse de travailler pour les grandes maisons.

Les débuts de la reconnaissance

L’Exposition universelle de 1937 a marqué un tournant dans la vie de la créatrice. Elle y présente ses créations qui plaisent au grand public. Parmi ses créations sont présentés des poudriers, boîtes, broches, colliers ou cendriers de bronze doré, gravés ou émaillés, appartenant à la fois à l’art du bijou, par leur délicatesse, et à la sculpture par leur figuration expressive.

Cette exposition est une vitrine formidable pour Line Vautrin qui commence à se faire un nom. Suite à ce succès, la créatrice décide d’élargir la gamme de ses bijoux et réalise des parures à apposer sur les vêtements de dames.

Ses bijoux évitent les registres traditionnels de la joaillerie. La parurière présente une alternative à l’aspect classique de la bijouterie qui prévaut depuis toujours.

Les créations de Line Vautrin fonctionnent par séries, par thèmes. L’un de ses thèmes phares est celui de l’amour. Dans une centaine de créations, comprenant des boîtes à cigarettes et des poudriers, l’artiste donne vie à des rébus. Ses rébus sont multiples et très inventifs, figurant par exemple « l’amour fait passer le temps, et le temps fait passer l’amour » ou encore « j’ai grand appétit de vous ».

En 1938, Line Vautrin ouvre sa première petite boutique, rue de Berri à Paris. La clientèle se presse pour acquérir les dernières tendances en matière de bijou. Line Vautrin crée sans relâche de nouveaux modèles, plus élégant les uns que les autres pour parer les dames d’un supplément d’élégance.

Line Vautrin effectue son premier grand voyage en Crète puis en Egypte où elle découvre et étudie l’art de la parure sous l’Antiquité. De retour à Paris, et malgré le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l’artiste expose au Salon des artistes décorateurs ses boites, piluliers et autres étuis, décorés des rébus, devenus en quelque sorte sa marque de fabrique.

De la guerre au faste de la création

Les temps difficiles et de restrictions de la guerre influencent le travail de Line Vautrin, qui tente, par des parures, de renouveler le style des dames, privées de nouvelles robes. Si l’artiste utilise toujours son matériau de prédilection qu’est le bronze, elle se laisse séduire par d’autres matériaux aux propriétés diverses comme le bois ou encore le verre.

Le succès est au rendez-vous. Line Vautrin ne s’est jamais laissée guider dans ses choix, elle crée pour elle et pour « elles ». Ses boîtes et ses bijoux, rendant grâce à la fantaisie, plaisent aux femmes de son époque, amenant un peu de légèreté en ces temps difficiles.

En 1942, Line Vautrin fait la rencontre de Jacques-Armand Bonnaud, peintre notamment spécialisé dans la réalisation de décors de théâtre. Ils se marient dans l’année et auront une fille Marie-Laure. Cependant Line Vautrin laisse peu de place à la vie familiale et sentimentale, tout investie qu’elle est dans son travail de création.

Line Vautrin commence à connaître la gloire et son mari l’aide en mettant ses talents de peintre à son service. Il lui confectionne des cartons d’invitation ou des brochures mettant en valeur ses collections.

À la sortie de la guerre, Line Vautrin exploite toujours le bronze, mais aussi la terre cuite et le plastique. Son succès est tel qu’elle achète au cœur du Marais, l’hôtel particulier Mégret de Sérilly, où elle s’installe avec son jeune époux.

Line Vautrin fait également l’acquisition d’une boutique plus grande que la précédente au 63 rue du Faubourg Saint-Honoré. Son mari et elle rénovent également leur hôtel particulier, souhaitant en faire un lieu de goût, en grands amateurs d’art qu’ils sont.

Jacques-Armand réalise des fresques, des statuts ou encore des vitrines murales pour mettre en valeur les objets anciens chinés par le couple. Du mobilier de Gilbert Poillerat, aux œuvres en bronze de Diego Giacometti, en passant par les tapisseries tissées à partir de modèles anciens, tout est réalisé avec goût et souci du détail pour recevoir des invités prestigieux lors de soirées mondaines.

C’est également dans cet hôtel particulier que Line Vautrin installe ses ateliers de création et présente ses collections. Employant cinquante personnes, l’artiste crée au moins un modèle par jour, qu’elle produit en série limitée. La petite boutique de la rue de Berri n’est plus qu’un lointain souvenir.

Line Vautrin, une créatrice à l’inspiration propre

La curiosité de Line Vautrin la pousse à créer et renouveler son art chaque jour. Ce leitmotiv, ainsi que sa soif de curiosité, l’amènent à suivre son mari qui lui propose de s’installer au Maroc.

Ils quittent la France en 1949 et, dès son arrivée, elle ouvre un magasin pour présenter ses créations à Casablanca. Les parures riches et originales de la créatrice attirent une clientèle riche. Elle revient à ses premiers amours : le travail solitaire, contrairement à son mari qui crée dans la joie et la désinvolture, fréquentant les lieux de vie avec leur fille, Marie-Laure.

Leurs visions de la vie finissent d’altérer l’équilibre déjà fragile du couple qui se sépare l’année suivante. Line Vautrin ne trouve plus son bonheur de l’autre côté de la Méditerranée et décide donc de retourner à Paris avec sa fille. Jacques-Armand Bonnaud, lui, décide de rester, après avoir reçu de nombreuses commandes, notamment du futur roi Hassan II.

De retour à Paris, Line Vautrin est en quête de renouveau, personnel et créatif. Elle décide de s’essayer à de nouveaux matériaux. Bien qu’elle continue de créer des objets en bronze doré, l’artiste utilise un tout nouveau matériau appelé « rhodoïd », une sorte de matière de synthèse innovante.

Ce matériau est à la hauteur de ses ambitions artistiques, et lui permet de ne pas limiter sa créativité. Elle développe le brevet pour une matière similaire et lui donne le nom de « Talosel ». Cette résine synthétique, malléable et facile d’utilisation permet de renouveler l’art de Line Vautrin. Avec ce matériau elle crée notamment ses fameux miroirs sorcières, de forme convexe, qui transforment l’image reflétée.

Cette nouvelle matière se prête également à la réalisation de plus petits objets qu’elle affectionne tout particulièrement depuis ses débuts : les bijoux. Les formes, libérées des contraintes matérielles, se développent pour le plus grand plaisir de la clientèle, en demande de renouveau créatif.

Line Vautrin a un besoin perpétuel de renouvellement dans sa vie, ce qui se vérifie une fois de plus lorsqu’elle ouvre une nouvelle boutique pour présenter sa collection. Elle s’installe rive gauche à Paris, loin des autres magasins de décoration. Le pari de l’emplacement est gagnant puisque son enseigne connait un franc succès. Cette expérience fut enrichissante pour la créatrice qui a développé sa clientèle au-delà du quartier habituel des décorateurs et auprès d’une clientèle très riche et célèbre de l’époque. Brigitte Bardot était notamment une habituée et se rendait régulièrement dans sa boutique.

Depuis quelques années déjà, les magazines d’art de vivre et de décoration intérieure lui consacrent des articles comme dans Art et Industrie, et Décor d’Aujourd’hui. Des articles encensent son œuvre en France, mais également à l’étranger comme en Espagne ou encore dans les pays anglo-saxons comme l’Angleterre et les États-Unis.

Les prémices d’un nouveau projet : l’enseignement

En 1967, Line Vautrin ouvre une école d’art pour transmettre son savoir-faire, au 29 quai des Grands Augustins à Paris. L’artiste fait notamment appel à sa meilleure ouvrière depuis de longues années, Thérèse Patchayan, ainsi qu’à sa fille Marie-Laure, qui enseignera le savoir-faire de sa mère en France et dans le monde entier.

Line Vautrin enseigne le découpage des plaques de talosel, le détourage des motifs, le modelage, le collage, l’enrobage, et les incrustations à chaud de toutes sortes. Les objets étaient de toutes les formes, les miroirs, oxydés, parfois craquelés, régénérés son art antérieur.

Line Vautrin s’est toujours revendiquée comme étant artisane, et enseigne aussi bien à des pairs installés dans la profession, soucieux d’améliorer leurs techniques, qu’à de jeunes artistes en devenir souhaitant apprendre auprès de cette importante créatrice.

L’artiste souhaita exposer ses pièces qui auraient pu « remplir trois ou quatre salles » d’un musée et se tourna vers les musées parisiens, qui ne donnèrent pas suite, malgré de nombreuses relances. Peu importe, l’artiste se consacra avec plus d’acharnement que jamais à son art.

N’interrompant jamais ses recherches sur les formes et les matières elle brevète un procédé : les « pellimorphoses ». Cette technique a été définie plus tard comme étant des « expansions de plastiques colorés prises entre deux surfaces transparentes ». Cette matière synthétique était incrustée de petits morceaux de miroirs de couleur. Les « pellimorphoses » expriment son expérience surréaliste. Les créations issues de ce processus connaissent un succès cependant moins important que ses précédentes créations.

Ses idées sont de plus en plus empreintes du surréalisme. Elle publie un livre en 1986, intitulé « À la rencontre du Dragon ». Ce livre lui permet d’exprimer les crises et les doutes qui la tiraillent de plus en plus. L’artiste exprime son art par l’assemblage ludique de formes obscures. De son œuvre émane une fantaisie tactile.

La même année, en 1986, un grand nombre de ses créations, toutes plus originales les unes que les autres furent vendues aux enchères. S’ensuivirent plusieurs autres ventes de ses objets dans les années 1990 auprès de maisons de vente aux enchères telles que la maison Poulain Le Fur en 1996 et 1998.

Entre renouveau et hommage : les années 1990

En 1987, l’artiste fait la connaissance de David Gill, un collectionneur d’art qui deviendra son mécène. Il se porte acquéreur d’un grand nombre de ses œuvres réalisées en bronze et mises en vente aux enchères cette année-là.

Grâce à David Gill, Line Vautrin est exposée à l’occasion de nombreux évènements artistiques de par le monde. Et notamment au Victoria & Albert Museum de Londres. Cette rencontre est une bonne chose pour la créatrice, car l’intérêt autour de ses créations se trouve renouvelé.

Line Vautrin réinvente de nouveaux modèles et objets de décoration grâce au détournement de ses premières créations, le décor d’une boucle de ceinture devient celui d’un bracelet par exemple. La plupart de ses créations d’objets du quotidien trouvent leur pendant dans ses créations de bijoux.

En 1992 que Line Vautrin est nommée Chevalier des arts et des lettres par Jack Lang, ministre de la Culture. Passionnée, l’artiste créera jusqu’à son dernier souffle le 12 avril 1997 lorsqu’elle meurt d’un arrêt cardiaque à bientôt 84 ans.

Une vie de création, voilà ce qui résume le mieux le parcours d’une artiste partie de peu et qui a accompli de grandes choses. Pour Line Vautrin, le renouvellement est le reflet de toute vie intérieure.

Charlotte PERRIAND

Artiste plongée dès son plus jeune âge dans le monde de l’artisanat, Charlotte Perriand a su au fil des années se faire une place dans le monde du design. Élevée par une mère couturière et un père tailleur, elle n’hésite pas une seconde à mélanger les matières et les styles dans ses conceptions pour les insérer ensuite dans des coins de salons. Connu pour son expertise d’œuvre d’art et de mobilier Barnie’s estime vos œuvres signées Charlotte Perriand.

Un parcours riche en échanges

Charlotte Perriand a étudié à l’École de l’union centrale des Arts décoratifs de Paris entre 1920 et 1925. En tant qu’architecte et designer, elle décide ensuite d’ouvrir sa propre société de design d’intérieur, une société qu’elle dirige pendant 10 ans. Charlotte Perriand est fascinée par le mobilier d’intérieur, cet intérêt et sa curiosité l’ont ainsi amenée à travailler avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret, à Paris, des années 1920 aux années 1930, en tant qu’associée en charge de l’équipement et du mobilier. C’est grâce à cette expérience qu’elle va renforcer sa technicité, ses références et son savoir. Les meubles en tubes d’acier issus de leur partenariat seront par la suite édités par la maison Cassina.

Des expositions prometteuses

Perriand se fait connaître dès l’âge de 24 ans alors qu’elle expose son Bar sous le toit au salon d’Automne de Paris. Ce bar est composé d’une banquette en acier chromé spécialement créée pour son « appartement-atelier » de la rue Saint-Sulpice. Cette composition comprenait également des guéridons, des tabourets de bar aux piètements circulaires ou encore des tabourets bas aux piétements cruciformes. C’est grâce à cette exposition que l’artiste se fait acclamer par les critiques puis remarquer par Le Corbusier. Tout ceci mènera Perriand à réaliser la chaise longue LC4, à l’armature en acier, en collaboration avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret.

Des influences nippones fortes

En 1955, l’exposition «  synthèse des arts  » prend place au grand magasin de Takashimaya à Tokyo. Durant cette exposition l’artiste va réaliser une nouvelle version de sa chaise longue en lui octroyant cette fois des connotations plus asiatiques. Son idée est de créer la même chaise longue, mais en bambou et cela de manière artisanale. Son expérience au Japon va être marquante. Elle insuffle un nouvel élan à ses créations qui l’inspire notamment pour la création des étagères Nuage. Ce souffle artistique nippon se retrouvera dans le reste de ses œuvres et de ses démarches tout au long de sa carrière.

Une carrière jonchée de rencontres

Charlotte Perriand c’est le design, la conception architecturale, la rationalisation de l’espace, le mobilier aux multiples inspirations, mais c’est aussi et surtout les rencontres. Cette artiste a côtoyé les plus grands, elle a retrouvé Pierre Jeanneret et Le Corbusier, elle a rejoint la Galerie Steph Simon au côté de Jean Prouvé, elle collabore avec Serge Mouille ou encore Francis Jourdain, Raymond Templier ou Eileen Gray. Ainsi les années de collaboration, mais aussi l’immersion au cœur de la culture japonaise et l’association avec de nombreux artistes vont influencer son œuvre et lui permettre de valoriser un renouveau des valeurs esthétiques. Un apport spécifique donnant une impulsion nouvelle et une sensibilité moderne au design. Tous ces facteurs sont autant d’éléments que Barnie’s est à même d’estimer la teneur et cela gratuitement. En effet Barnie’s s’engage sur le principe du rachat d’œuvre immédiat et sans commission.

Expertise et estimation des œuvres de Charlotte Perriand

Société d’estimation d’objets d’art, nous recherchons activement les pièces de mobilier design de Charlotte Perriand. Notre équipe d’acheteurs qualifiés se déplace rapidement et réalise une estimation de qualité de toutes vos œuvres de la célèbre architecte et designer française. N’hésitez pas à consulter notre page dédiée aux prix de vente de Charlotte Perriand pour en savoir plus sur sa cote.

Charlotte Perriand est connue pour son jeu des matières et des styles, qui se superposent et se mélangent dans la plupart des meubles de sa carrière. On retrouve notamment ces audacieuses associations de modèles dans sa Bibliothèque Nuage  (1947) ou encore dans sa bibliothèque La maison du Mexique  (1962), qui offrent un sublime mélange de couleurs à la fois vives et douces.

Œuvres réalisées par Charlotte Perriand

Mobilier design

Charlotte Perriand, une figure incontournable de l’architecture et du design depuis 1925

Expositions 

  • 1925, exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, Paris, France.
  • 1926, 1927, exposition au Salon des artistes décorateurs, Paris, France.
  • 1929, exposition au Salon d’Automne, Paris, France.
  • 1935, exposition internationale, Bruxelles, Belgique.
  • 1936, exposition au Salon des arts ménagers, Paris, France.
  • 1937, exposition internationale, Paris, France.
  • 1941, exposition « Sélection-Tradition-Création », Tokyo, Japon.
  • 1950-1955, expositions à la Galerie Steph Simon, Paris, France.
  • 2005, exposition « Charlotte Perriand », Musée national d’art moderne, Paris, France.
  • 2008, exposition « Charlotte Perriand et le Japon », Grand Palais, Paris, France.
  • 2012, exposition « Charlotte Perriand, la photographie pour un autre monde », Musée Nicéphore-Niepce, Chalon-sur-Saône, France.
  • 2013, exposition « Charlotte Perriand et le Japon », Musée d’art moderne et contemporain, Saint-Étienne, France.

Rétrospectives 

  • 2005, rétrospective au musée national d’Art moderne, Paris, France.
  • 2019, rétrospective « Le monde nouveau de Charlotte Perriand », Fondation Louis Vuitton, Paris, France.

Musées 

  • Musée national des Arts modernes, Paris, France.
  • Musée des Arts décoratifs, Paris, France.
  • Musée d’art moderne et contemporain, Saint-Étienne, France.
  • Musée Nicéphore-Niepce, Chalon-sur-Saône, France.

Fondation 

  • Fondation Louis Vuitton, Paris, France.

Les principaux livres sur Charlotte Perriand

  • ADLER Laure, Charlotte Perriand, éd. Gallimard, 2019, 272 p.
  • BARSAC Jacques, Charlotte Perriand : L’œuvre complète Volume 1, 1903-1940, éd. Norma, 2015, 528 p.
  • BARSAC Jacques, Charlotte Perriand : L’œuvre complète Volume 2, 1940-1955, éd. Norma, 2015, 526 p.
  • BARSAC Jacques, Charlotte Perriand : L’œuvre complète Volume 3, 1956-1968, éd. Norma, 2017, 527 p.
  • BARSAC Jacques, Charlotte Perriand : L’œuvre complète Volume 4, 1968-1999, éd. Norma, 2019, 528 p.
  • BARSAC Jacques et CHERRUET Sébastien, Le Monde nouveau de Charlotte Perriand, éd. Gallimard, 2019, 396 p.
  • BARSAC Jacques, Charlotte Perriand et le Japon, éd. Norma, 2018, 336 p.
  • BERBARIAN Charles, Charlotte Perriand : Une architecte française au Japon 1940-1942, éd. Chene, 2019, 128 p.
  • COLLECTIF, Perriand Charlotte, un Art d’Habiter, éd. Norma, 2015, 512 p.
  • FLEURY Cynthia, BONY Anne, VERDENNE Elisabeth, Living with Charlotte Perriand, éd. Skira Paris, 2019, 370 p.
  • VERDENNE Elisabeth, Charlotte Perriand, éd. Assouline, 2005, 79 p.

Biographie complète : Charlotte Perriand, créatrice de modernité, entre Orient et Occident

Charlotte Perriand, avant-garde européenne et japonaise, fut une actrice majeure du design. Militante sociale convaincue, tournée vers le bien être de la société, elle fut une créatrice visionnaire dont le dogme a toujours été « L’important ce n’est pas l’objet, mais l’homme ».

Les prémices d’une pionnière de l’art de vivre

La première et la plus célèbre des designers françaises est née le 24 octobre 1903 à Paris. Charlotte Perriand est formée dans l’École des arts décoratifs créée par l’Union centrale des arts décoratifs, grâce à une bourse d’études.

Ce monde était alors inconnu pour la jeune artiste. Elle côtoie les jeunes filles d’origines bourgeoises et y fait notamment la rencontre de Jacqueline Lamba, la future épouse d’André Breton.

Henri Ranpin, peintre, décorateur et illustrateur français est le directeur de l’établissement. Avant de la soutenir, le directeur l’a mis au défi, afin d’intégrer la deuxième année d’étude dans l’école, de noircir plusieurs carnets de dessins durant tout l’été 1921, afin d’évaluer ses capacités créatrices. La jeune femme passe son été au jardin des plantes, et réussit à attirer l’attention de son professeur grâce à des talents artistiques, jusqu’alors insoupçonnés.

Pour Henri Rapin, et Charles Dufresne, peintre et décorateur français, il faut que la jeune artiste se fasse connaître par tous les moyens, ce qui se résume à l’époque à la participation au plus d’expositions possible.

En 1925, se tient l’exposition internationale des arts décoratifs à Paris. Charlotte Perriand est tout juste diplômée et décide d’y participer. Elle présente un « coin salon » et reconnaitra elle-même que son travail d’alors était « très moche ».

En 1926 elle fait la rencontre de son premier mari et tente de faire connaitre son image, notamment avec la préparation de son projet présenté au Salon d’Automne en 1927. Son « bar sous le toit » la fit connaitre à seulement 23 ans. Fascinée par le monde de l’industrie automobile, elle emploie le métal chromé pour ses meubles.

Jean Fouquet, un ami joaillier, lui conseille de lire l’Art décoratif d’aujourd’hui, et Vers l’architecture écrits par Le Corbusier. Ce fut une révélation pour Charlotte Perriand, qui reconnu nombre de ses inspirations et de ses ambitions dans l’œuvre de son ainé.

Charlotte Perriand s’inscrit dans une nouvelle génération d’artistes, qui bouscule les a priori artistiques et tente de fonder une nouvelle approche de la modernité. Ces figures importantes se nomment Sonia Delaunay, Jean Prouvé, Robert Mallet-Stevens, Eileen Grey ou encore Fernand Léger, qu’elle aura la joie de rencontrer tout au long de sa carrière.

Charlotte Perriand et Le Corbusier, une collaboration fructueuse

Elle décide de se rendre dans l’atelier de Le Corbusier, croquis et dessins sous le bras, avec la ferme intention de travailler avec l’architecte. Malheureusement, la rencontre se passe mal et Le Corbusier l’aurait congédié. Charlotte Perriand insiste et lui propose de venir voir son travail exposé au Salon d’Automne.

Accompagné de Pierre Jeanneret, Le Corbusier découvre avec un certain intérêt le travail de Charlotte Perriand. Finalement conquis par cette jeune universitaire, à la vision moderne et inspirante, il décide de lui laisser sa chance et l’embauche dans son atelier en 1927.

Le Corbusier avait ambitionné de créer des « machines à habiter » en imaginant la maison et les espaces à vivre comme un outil, adapté aux besoins de l’homme nouveau. Il s’éloigne du superflu et de l’artifice de l’ornement pour laisser place au fonctionnalisme le plus total. Cette liberté de création plait à Charlotte Perriand, qui renie alors son enseignement universitaire classique, pour entrer dans l’esprit nouveau, l’esprit moderne.

Engagée au sein de l’atelier de Le Corbusier, elle créera pour lui le mobilier le plus moderne et avant-gardiste jamais imaginé à l’époque. Une complicité se crée peu à peu entre Charlotte Perriand et Le Corbusier, malgré les exigences accrues de ce dernier. Elle dira à ce propos « Le Corbusier attendez de moi que je donne vis au mobilier ».

Indépendante et d’un tempérament entreprenant, Charlotte Perriand intègre la Société des artistes décorateurs notamment avec René Herbst, architecte-décorateur et Louis Sognot, décorateur et designer. Ils souhaitent exposer tous les trois au Salon des artistes décorateurs de 1929, mais on leur refuse une exposition commune. Ils quittent donc le groupe et se réunissent chez Hélène Henry, une créatrice de tissus pour fonder une nouvelle association : l’Union des Artistes Modernes (U.A.M.).

Cette association réunit des esprits modernes, des architectes, des ensembliers, des ferronniers, des verriers, des sculpteurs, des affichistes, des tapissiers, des peintres, des journalistes, etc. dans une conception de défense de l’art total. La synthèse des arts est une notion que Charlotte Perriand portera toute sa vie. Parmi les personnalités marquantes de ce groupe se détache Robert Mallet-Stevens, un grand architecte de l’époque, qui a notamment collaboré avec Jean Prouvé.

Déjà, la personnalité de la jeune designer s’affirme. Le groupe qu’elle a formé prévoit que ses membres adhèrent aux principes de l’art social, pur, accessible à tous, afin de s’éloigner d’une imitation pour la vanité de quelques-uns. En 1934, parait leur manifeste écrit par Louis Chéronnet et intitulé : Volonté de doter l’homme du XXe siècle d’un cadre raisonnable.

Charlotte Perriand et les membres de l’Union exposeront chaque année. Fernand Léger, célèbre peintre et artiste moderne du début du XXe siècle se lie d’amitié avec Charlotte Perriand, dès leur première rencontre à l’Ambassade d’Allemagne en 1930. Ils défendaient des idées proches, celles de défendre une nouvelle forme d’art moderne, et un fonctionnalisme agréable au service des gens.

En 1929, se tient le Salon d’Automne auquel Charlotte Perriand participe. Ce salon est l’occasion de présenter son travail révolutionnaire, notamment sa chaise à bascule, épousant la forme du corps. L’objet s’adapte au corps, à son mouvement, et non l’inverse. La firme Thonet accepte alors de produire une partie de son mobilier. Cette étape de démocratisation et d’accessibilité du mobilier moderne est une étape importante permettant de concrétiser le projet d’art social de Charlotte Perriand.

Elle y présente également un système de casiers innovant, aux matériaux variables comme le stratifié ou les feuilles d’aluminium. Les casiers, de dimension rigoureusement identique, sont juxtaposables, et superposables.

D’origine savoyarde, Charlotte Perriand se rend régulièrement à la montagne, et s’adonne notamment à ses loisirs préférés que sont le ski et la photographie. Quelques projets de mobiliers et de décoration d’intérieur y verront le jour, notamment aux Arcs, où elle a travaillé avec Jean Prouvé.

Charlotte Perriand fait peu à peu ses armes auprès de Le Corbusier, qui aura bientôt une confiance aveugle en son travail. En 1930, Le Corbusier est à Moscou pour un ambitieux projet, dont il confiera finalement les rênes à sa protégée. Plus tard, Charlotte participe à la réalisation de résidences particulières auprès de Le Corbusier.

En 1935, elle participe à la présentation de l’œuvre collective intitulée « Maison du jeune homme », à l’exposition universelle de Bruxelles. Le projet présentait les différentes pièces nécessaires à la vie saine d’un jeune homme, sur un plan de 57 min 2 s. Charlotte Perriand réalise la salle d’étude, Louis Sognot la chambre et René Herbst, le gymnase.

En 1936, elle participe au Congrès international d’architecture moderne et part pour la Russie où elle étudie le communisme et tente d’en comprendre les enjeux. Suite aux élections législatives en France, qui donnent le Front Populaire en tête, les commandes officielles affluent pour Charlotte Perriand.

L’architecte publie des articles pour argumenter en faveur de l’équipement moderne et milite pour un art social. Elle explique aux Françaises pourquoi il faut abandonner les meubles traditionnels ornés, qui sont beaucoup trop encombrants contrairement à ses casiers modulables et ergonomiques. Elle s’engage sur les questions sociales et notamment sur la salubrité et l’hygiène dans les villes. Charlotte Perriand participe à ce propos à la construction de nombreux intérieurs tout au long des années 1930, où les gros plateaux de bois font office de tables et où l’usage des matériaux robustes et peu couteux permet aux gens les plus pauvres de vivre décemment.

Peu à peu, Charlotte Perriand se spécialise dans la réalisation d’habitations où n’est gardé que le strict nécessaire, excluant tout superflu et ornement. Elle développe cette vision au sein de son propre appartement de 57 m2 situé au dernier étage d’un immeuble dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Cette conception de l’espace est devenue un modèle pour les logements d’urgence d’après guerre.

En 1937, Charlotte Perriand participe à la réalisation du Pavillon des temps nouveaux aux côtés de Le Corbusier et de Pierre Jeanneret, ainsi qu’au Pavillon de l’agriculture. Elle y réalise des montages et des collages avec l’aide de Fernand Léger.

Cette même année, après dix ans de bons et loyaux services, Charlotte Perriand met fin à sa collaboration avec Le Corbusier, afin de monter des projets avec Pierre Jeanneret et Jean Prouvé.

Charlotte Perriand, pont entre Orient et Occident

Entre 1937 et 1940, Charlotte Perriand fait des projets pour l’entreprise « l’Aluminium français » en collaboration avec Jean Prouvé et Pierre Jeanneret. Elle travaille notamment à des projets immobiliers à Méribel, puis aux Arcs dans les années 1960.
En parallèle, Charlotte Perriand est sollicitée par le rédacteur en chef du journal Le Soir, Jean-Richard Bloc, pour réaliser son bureau. De ce projet nait son fameux bureau avec plateau de forme « boomerang », en sapin, avec un piétement très étonnant et presque sculptural. Elle reprend le bois et les casiers suspendus ainsi que les étagères, qu’elle avait déjà produits.

C’est en février 1940 qu’une proposition vient changer le cours de sa vie et de sa création. Charlotte Perriand reçoit une proposition surprenante d’un ministre japonais, l’invitant à venir au Japon afin d’apporter une aide au pays pour le développement de l’artisanat et de l’industrie sur place. C’est par le biais d’un stagiaire japonais travaillant chez Le Corbusier, nommé Sakakura, que le nom de la jeune Designer fut mis en avant pour réaliser cette mission.

Le Japon à l’époque est encore un pays très mystérieux, fort de ses traditions et de ses coutumes, que les Européens maitrisent très peu. Elle hésite à partir et quitter la France, ainsi que ses proches pour une durée indéterminée, en ces temps troublés, mais Fernand Léger, va vite dissiper ses craintes. Charlotte Perriand part pour le Japon et s’exclame : « Je vais occuper une place que les boschs n’auront pas ».

Sur place, Charlotte Perriand découvre une autre façon de voir le monde et comprend qu’au Japon les traditions remontent aux sources des choses : elle part alors à la quête des sources de l’objet, comprenant que celui-ci est important pour tous les aspects du quotidien.

Passionnée de photographie, Charlotte Perriand photographie ses sources d’inspiration au Japon et s’intéresse à de nouveaux matériaux comme le bambou. Elle étudie ses caractéristiques et l’utilise bientôt pour réaliser son mobilier, résistant et souple, par le biais de techniques anciennes japonaises. Sa célèbre chaise longue de repos en métal chromé est désormais réalisée à partir de bambou et de bois.

Charlotte Perriand, redécouvre la paille, le bois, qu’elle inclut dans son mobilier. Elle travaille des matériaux que les premiers modernes avaient rejetés au profit du métal et d’autres matières innovantes comme le plastique.

C’est dans ce dialogue entre tradition et modernité que Charlotte Perriand trouve l’équilibre de sa création. La dimension artisanale au Japon est encore très importante et très respectée à l’époque où les meilleurs artisans étaient surnommés les « dieux vivants », comme les Hamada, célèbres céramistes de l’époque. Elle découvre l’architecture traditionnelle japonaise et y retrouve le principe des tatamis d’une dimension rigoureusement établi, les panneaux coulissants, etc. Cette logique est d’une très grande modernité et Charlotte Perriand y adhère aisément.

En 1941, Charlotte décide de monter une exposition à Tokyo, intitulée « Sélection-Tradition-Création » en collaboration avec les grands magasins au Japon : Takashimaya. Elle interroge l’artisanat japonais, sélectionne ses innovations modernistes, et l’expose.

Elle vit au Japon pendant toute la Seconde Guerre mondiale, fait la rencontre de Jacques Martin, son futur mari, avec qui elle aura une fille, Pernette. C’est en 1945 que Charlotte Perriand retourne enfin en France. Elle renoue avec Le Corbusier et lui apporte son aide pour le projet de l’unité d’habitation à Marseille. Elle intègre dans ce projet des portes coulissantes traditionnellement utilisées au Japon, ainsi qu’une ouverture et un éclatement de l’espace.

À son retour en France, Charlotte Perriand fait également face à la détresse et à la misère sociale. Elle souhaite être associée à des projets de reconstruction, pas seulement pour la création de mobilier, mais aussi pour la reconstruction des bâtiments. Formée en tant qu’architecte auprès de Le Corbusier, elle n’était cependant pas diplômée et méprisait l’ordre des architectes créé sous Pétain. Elle regrettera toute sa vie de ne pas avoir été reconnue comme architecte professionnelle, car il est difficile de dissocier mobilier et immobilier.

En 1952, Charlotte Perriand signe un contrat d’atelier avec les ateliers Jean Prouvé qui lui confièrent deux missions en tant que directrice artistique du département des meubles. La première était d’améliorer l’esthétique et les dimensions pratiques des meubles de Jean Prouvé. La seconde consistait à apporter de nouveaux meubles en fabrication en série à l’usine.

Ils travaillent ensemble à la confection de nouveaux meubles comme les bibliothèques « Tunisie » et « Mexique ». Mais bientôt les ateliers Jean Prouvé, qui éditaient le mobilier de Charlotte Perriand, connaissent des difficultés.

Elle se tourne alors vers Steph Simon et sa galerie sur le boulevard Saint-Germain, qui lui édite ses meubles à partir de 1956. Pendant dix ans, la galerie Steph Simon sera un phare dans le domaine de la création artistique moderne.

En 1955, la designer retourne au Japon, car son mari est nommé directeur de l’Agence Air France à Tokyo. Là, elle réalise l’aménagement des locaux de l’agence et renoue contact avec ses amis japonais. Elle propose la tenue d’une exposition alliant les céramiques de Fernand Léger, aux tapisseries de Le Corbusier, aux peintures du jeune Soulages.

Dix ans plus tard, Charlotte Perriand réalise l’aménagement de la résidence de l’ambassadeur du Japon, Akira Matsui, à Paris. Le mobilier de style moderne est fidèle à son style épuré et avant-gardiste. À son mobilier se mêlent des objets d’art importés du Japon.

En 1973, Charlotte Perriand réalise la « Maison du thé », dans les jardins de l’Escaut à Paris. Là, elle tire la leçon de tous les enseignements appris au cours de son long séjour en Asie : les voilages côtoient le mobilier en bambou, et les cloisons à la japonaise. Ce projet constitue le point final de l’aventure japonaise de Charlotte Perriand.

Son style a souvent été repris, copié, revisité, car la créatrice inspire par ses formes fonctionnalistes nouvelles. Très ouverte à la jeune génération de designers, Charlotte Perriand a longtemps enseigné son art aux nouvelles générations de designers. Elle les encourageait à imposer leur vision de la modernité, avec toujours l’idée que l’homme est au cœur de tout. Elle disait à ce propos : « On a tendance à faire un objet, pour l’objet, l’homme est absent, mais attention il ne faut pas se tromper de sujet ».

Charlotte Perriand s’est éteinte à l’âge de 96 ans le 27 octobre 1999, laissant derrière elle, une vision moderne de l’aménagement intérieur et du design, dont le modèle lui survivra longtemps encore.

Serge MOUILLE

En tant que designer industriel et orfèvre français de talent Serge Mouille a tout d’abord été connu pour ses dessins de luminaire. Masterisé à l’école des Arts Appliqués de Paris, cet artiste étudia la métallurgie et reçu une formation d’orfèvre sous la direction de Gabriel Lacroix. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il deviendra professeur dans cette même école et qu’il ouvrira son propre atelier de métallurgie. En tant que spécialiste dans l’expertise d’œuvres d’art Barnie’s saura faire l’estimation des oeuvres de Serge Mouille.

Un talent précoce

Né à Paris en décembre 1922, Serge Mouille produit dans un soucis d’esthétique. Très tôt, il va trouver des modèles de dessin au Jardin des Plantes de Paris. Il va notamment passer de nombreuses heures à y croquer des plantes, des animaux et développer un talent certain pour le dessin. Cette première approche lui vaudra de se présenter au concours d’entrée de l’école des Arts Appliqués de Paris. Ce qui lui a permis d’être à 13 ans, le plus jeune élève de son temps à être reçu à cette école.

Une oeuvre ancrée dans le mouvement

Devenu maître dans l’art de modeler le métal au marteau il va s’imposer, au milieu d’ouvriers chevronnés, en tant qu’artisan de talent. Ses oeuvres sont d’une grande finesse et sont étudiées pour produire une réflexion optimale de la lumière. C’est par cette finesse qu’il souhaite obtenir une harmonie sculpturale de caractères qui évoque un sentiment de mouvement dans l’espace. En se mettant à son compte après la guerre, il va donc dévouer sa vie et son oeuvre à l’enseignement et à la recherche.

Dessins et monogravures

Au travers de ses 44 ans de recherches, ce sculpteur et orfèvre de renom va enrichir son oeuvre au travers de multiples luminaires mais aussi de gravures et de dessins. En 1951, sa rencontre avec Jacques Adnet insuffle un nouveau souffle à ses créations. Elle lui permet de se lancer dans la création de lampadaire et de gagner le statut d’artiste créateur en développant par exemple la série des formes noires.

Une vaste production de luminaire

Ainsi dès 1953, il commence ses recherches sur les formes en métal et la fabrication artisanale de luminaires, tout en assurant la direction de l’atelier d’orfèvrerie de l’École des arts appliqués. Des oeuvres telles que L’oeil, réalisé en 1953, la série des appliques Flammes en 1954 ou encore l’applique Saturne à l’esthétisme si aérien dénote une grande ingéniosité. L’obtention de cette plastique sculpturale harmonieuse évoque un sentiment de mouvement dans l’espace. Un esthétisme dont Barnie’s est à même d’évaluer le potentiel en tant que premier interlocuteur en Europe pour l’achat comptant d’oeuvres d’art et de pièces de collection. Pour cette raison Barnie’s saura effectuer l’expertise de vos luminaires, lampadaires, lampe, plafonniers et appliques réalisés par Serge Mouille.

Expertise et estimation des œuvres de Serge Mouille

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L’ingéniosité abstraite de Serge Mouille s’exprime dans ses superbes objets de décoration intérieure. Sa « Lampe de table Dallux« , par exemple, incarne tout le luxe des années 50, à travers un choix de matière audacieux, plein d’opulence. Ce qui contraste avec d’autres œuvres comme son lampadaire modèle “Totem” qui est une pièce minimaliste d’influence Art Déco.

Œuvres réalisées par Serge Mouille

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